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« Bon, les amis, on l’établit ce chemin de fer ? Le temps presse ! » Maroc, Rabat, mercredi 24 mai, 9h sonnantes et trébuchantes. Une salle de classe de l’Institut supérieur d’information et de communication (Isic) envahie par le soleil du Maghreb. A plusieurs milliers de kilomètres de notre Alma mater, le Pr Pascal Durand ne perd nullement les us professoraux. Pipe à la main, il tente de mettre un peu d’ordre dans une réunion rédactionnelle peu banale. Face à lui, neuf apprentis journalistes – deux Marocains, deux Tunisiens, deux Algériens et trois Belges (dont une étudiante de l’ULg) –, motivés et anxieux, débattent des sujets qui composeront leur future publication, le journal du colloque “Modernité, presse, respect de l’autre, responsabilité et liberté d’expression” qui se tiendra le lendemain. Vaste programme !
Vers un dialogue permanent
La joyeuse équipe part au charbon, sous les regards bienveillants de trois “rédac’s chefs”, chacun enseignant dans un département de communication d’une université belge : Marie-Soleil Frère (ULB), Benoît Grévisse (UCL) et Pascal Durand (ULg). L’heure n’est donc pas à la flânerie dans les ruelles animées de la Médina. Une centaine de journaux doivent être imprimés pour l’ouverture du colloque. La pression est d’autant plus grande que la publication sera lue par plusieurs dizaines de journalistes et de professionnels de la communication, maghrébins et belges. La table ronde qui se tiendra à l’Isic est en effet la première rencontre du programme “Dialogues et Modernités”, mis en place par le gouvernement Wallonie-Bruxelles et ses partenaires méditerranéens – le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Un premier volet qui mettra les médias sur la sellette, avant d’autres thématiques.
13h. Un rafraîchissant buffet est servi dans le magnifique hôtel Tour Hassan. Entre deux bouchées, Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement supérieur et des Relations internationales de la Communauté française, se félicite de l’inauguration d’un programme – échelonné sur trois années – dans lequel elle croit énormément. « Le colloque de Rabat n’est pas une fin en soi, dit-elle, mais une première étape qui doit permettre de créer des échanges, en un mot de créer un dialogue permanent entre des cultures différentes. »
Pendant ce temps, de l’autre côté de la capitale politique marocaine, les colonnes du tout neuf diversCités se remplissent. Hé oui, il a enfin un titre ce journal ! Le clin d’œil rhétorique est facile. Mais la diversité rédactionnelle est incontestable. Loin de se limiter à l’écriture d’un simple programme de l’événement, les journalistes en herbe ont su profiter de leurs connaissances pour évoquer le point de vue de la Fédération internationale des journalistes sur les médias au Maghreb, l’expansion des médias satellitaires en Algérie, la libéralisation et la concurrence médiatique en Tunisie, la liberté de la presse au Maroc, etc.
Entre cernes et sourires
Déjà l’après-midi touche à sa fin. Les rayons du soleil commencent à décliner sur l’horizon. Les deux aiguilles de l’horloge annoncent 18h. Le moment de la deadline a sonné. Compilation des articles, premières impressions, etc. A peine le temps de savourer une tajine de poissons, accompagnée d’une salade zaalouk – mijoté de légumes – au restaurant Le petit beure (sic), que le travail journalistique reprend ses droits. La nuit s’annonce courte, très courte, pour les jeunes plumes. « C’est le métier qui rentre », se réjouissent les professeurs belges. Corrections nocturnes et impressions matinales. Quelques tasses de café serré et un air entraînant de Daqqa – musique de Marrakech – redynamisent la troupe.
Salle de conférence de l’Isic, jeudi 25 mai, 9h30. Les huit pages colorées du n°1 du journal diversCités s’arrachent comme des petits pains. De nombreux compliments fusent de part et d’autre de la pièce. Le colloque commence. Les interventions se succèdent, entre langues de bois et prises de position contestataires. Les apprentis journalistes prennent note avec la plus grande attention. Ils savent déjà qu’une fois rentrés dans leur pays, ils créeront ensemble un blog qui résumera leur séjour marocain. Une belle aventure journalistique s’achève. Une expérience que vivront d’autres étudiants belges et maghrébins au prochain numéro de diversCités.
Coraline Burre
“Dialogues et Modernités”, un programme en quatre volets : - les rapports entre modernité, démocratie et valeurs personnelles et universelles. Le rôle de l’Etat, des médias et de la société civile face à ces valeurs; - la création artistique et les rapports entre tradition, valeurs, modernité et création; - les rapports entre valeurs, modernité et science. Le rôle de l’innovation dans la société moderne; - la formation et l’initiative. La place des jeunes entrepreneurs dans la société. Le deuxième volet, consacré à la création artistique, se tiendra à Casablanca en février 2007. L’ULg prendra à nouveau part à l’événement. Informations sur le site www.wbri.be |
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