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Après leurs visites en février et juin derniers, les évaluateurs de l’European University Association (EUA)* ont rendu leur avis le 28 juin lors d’une réunion qui s’est tenue dans la salle académique. Premières impressions du Recteur.
Le 15e jour du mois : Quelle est la “couleur” de ce rapport ?
Bernard Rentier : Après plusieurs visites en nos murs, les experts européens ont accordé un satisfecit à l’ULg ! Le rapport oral – prélude à un rapport écrit plus circonstancié que nous devrions recevoir dans le courant du mois de septembre et qui sera, je le rappelle, disponible en ligne – est encourageant à maints égards, même s’il met aussi l’accent sur nos lacunes et les (nombreux) défis à relever. L’exercice vaut surtout, à mon sens, pour la nécessaire introspection qu’il réclame et pour le miroir qu’il nous tend in fine.
Le 15e jour : Des surprises ?
B.R. : Pas vraiment. Les experts ont étudié notre Université dans son contexte et relevé les règles du jeu fixées par le pouvoir politique (le financement public basé sur le nombre d’étudiants, la création des académies qui repousse l’ULg à l’est du pays, la concurrence avec les autres universités, le décret de Bologne, etc.), sans oublier le fait que la région liégeoise se relève d’une crise majeure. Les experts notent à cet égard la farouche volonté de notre Institution de s’investir dans le redéploiement de Liège, tout en souhaitant une plus grande ouverture sur le monde. Au plan interne, ils mettent en exergue la nécessaire adaptation de la communauté universitaire au changement de gouvernance et soulignent une certaine frilosité de la Maison à l’égard de l’interdisciplinarité. Surtout, ils prennent acte des modifications amorcées et nous encouragent à persévérer.
Le 15e jour : Dans quel sens ?
B.R. : L’ouverture à l’international, la maîtrise des langues, les accords interuniversitaires au sein de la Communauté française doivent être poursuivis. Ce qui nécessite une sérieuse évolution des mentalités liégeoises, les experts en sont conscients..., moi de même. Le rapport insiste sur la nécessité de nouer des alliances avec l’ULB et l’UCL dans tous les domaines : enseignement, recherche, bibliothèques, etc. Des alliances qui pourraient – à leurs yeux – déboucher sur des fédérations, comme l’ont fait par exemple les universités de Lausanne et de Genève ou celles de Durham et Newcastle, lesquelles ont “échangé” des disciplines afin de renforcer les points forts de chacune d’entre elles. Dans cette optique, l’ULg pourrait dans un premier temps obtenir toute la formation des étudiants vétérinaires, par exemple. D’autre part, le rapport rappelle le rôle d’aiguillon de l’Université dans la société en souhaitant qu’elle accueille plus largement les femmes dans le corps académique, notamment.
Le 15e jour : Etes-vous totalement d’accord avec l’ensemble du rapport ?
B.R. : Pas totalement, bien sûr. Les experts ont du mal à comprendre que l’ULg se définisse comme“la seule université publique complète de la Communauté française de Belgique”. Un label qui, disent-ils, non seulement n’offre pas un terrain utile à la réflexion stratégique mais contribuerait en outre à freiner, voire à bloquer les évolutions nécessaires. Cette remarque m’interpelle parce qu’elle montre que nous devons affirmer davantage notre identité. C’est d’ailleurs l’un des enjeux du “Projet ULg” : se définir pour élaborer une stratégie claire pour les 10 ans à venir.Propos recueillis par Patricia Janssens
| Le rapport des experts européens sera bientôt disponible sur le site www.evalulg.ulg.ac.be/ |
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