Voyages imaginaires

Les vues d’optiques et lanternes magiques aux origines du cinéma

C’est à une remontée aux origines du 7e art que nous convient le Nickelodéon et la galerie Wittert en ce début de rentrée universitaire.

Du 22 septembre au 3 novembre prochains, la galerie Wittert nous invite à un voyage dans le temps et dans l’espace. Elle exposera une collection importante de vues d’optiques conservées à l’Université et jusqu’ici partiellement ignorées. Gravées en taille douce et coloriées, les vues d’optiques ont été produites en grand nombre au XVIIIe siècle. Ces gravures singulières étaient conçues pour être observées à travers un appareil d’optique composé d’une lentille biconvexe et d’un miroir. Outre le redressement de l’image, ce dispositif crée une illusion de profondeur et de perspective.

La plupart des vues d’optique offrent au regard des monuments ou des lieux caractéristiques d’une ville. De Pékin à Fort-de-France, en passant par Amsterdam, Naples ou Liège, ce sont des centaines de lieux qui sont représentés. Très populaires à l’époque, ces vues étaient présentées aussi bien dans les salons et bibliothèques aristocratiques que dans les foires. Elles assuraient une fonction de divertissement et d’instruction puisqu’elles invitaient les spectateurs à un voyage fictif aux quatre coins du monde. Elles faissaient partie de ces nombreux nouveaux moyens de communication ou de nouvelles formes de spectacle qui prirent forme dès le XVIIe siècle et qui préfigurèrent ainsi la naissance du cinéma. Un zograscope, appareil d’optique fraîchement acquis par les Collections artistiques de l’ULg, permettra une observation appropriée.

Avec un spectacle de lanternes magiques, c’est un autre voyage que nous propose le ciné-club le Nickelodéon, le 12 octobre à la salle académique. Les lanternes magiques sont aussi une des attractions en plein essor au siècle des Lumières. Des plaques fragiles sont glissées dans l’appareil de projection et se déroulent grâce à une manivelle actionnée par le lanterniste.

Autrefois très populaire, cette attraction est devenue si rare que même le souvenir de son charme est perdu. Éclatantes de couleurs vives et gaies, les images s’animent de mouvements divers. Pour que la magie s’opère, les lanternistes éteignent et rallument les lampes des trois belles lanternes superposées, font glisser les plaques les unes après les autres, tournent les manivelles. Autant de gestes de prestidigitateurs, précis, calculés, chronométrés, au service d’un spectacle parfaitement réglé. La voix du bonimenteur ranime en nous le souvenir de ces histoires simples que nous contait notre père avant de nous endormir, tandis que les musiciens, en costume d’époque, l’accompagnent au piano ou à la clarinette.

Mais qu’on ne s’y méprenne. La magie de la lanterne magique est loin du mirage cinématographique et n’a rien d’un effet (spécial) : les lanternes magiques sont au cinéma ce que les marionnettes sont au théâtre. La magie du spectacle n’est ni dans la lanterne ni sur l’écran, elle est dans nos yeux.

Christelle Brüll

Exposition à la galerie Wittert, place du 20-Août 7, 4000 Liège.

Du 22 septembre au 3 novembre, mardi-vendredi, de 10 à 12h et de 14 à 17h ou sur rendez-vous.

Les 10, 19 et 25 octobre : de 14 à 18h30.

Possibilité de visites guidées, organisées par l’asbl Art&fact (réservations au tél. 04.366.56.04).

Contacts : tél. 04.366.56.07, courriel emicha@ulg.ac.be, site www.ulg.ac.be/wittert/

Spectacle de lanternes magiques proposé par l’association “Lanterna magica” et organisé par le Nickelodéon, le jeudi 12 octobre à 20h30 à la salle académique, place du 20-Août, 7, 4000 Liège.

Durée totale, avec entracte : environ deux heures.

Contacts : réservation indispensable au tél. 04.366.32.55 /79 ou 73, courriel ME.Melon@ulg.ac.be ou cinea@ulg.ac.be