Echo

Un vol Charleroi-Liège ?

Une compagnie aérienne low-cost a ouvert le 1er novembre une nouvelle ligne reliant trois fois par semaine Charleroi à Casablanca. Une bonne nouvelle assurément pour toutes les personnes d’origine marocaine de notre région et les touristes de plus en plus séduits par un séjour dans la capitale économique du Maroc. Les premiers chiffres de réservation semblent d’ailleurs montrer le succès de cette nouvelle ligne. Cependant, en décollant de Brussels South Airport, le Boeing 737-400 de la compagnie devait d’abord faire un crochet par Liege Airport, pour embarquer les passagers liégeois et faire le plein de carburant. La raison de ce saut de puce aérien (84 km) : la piste carolo est actuellement trop courte pour permettre un décollage de l’avion à pleine charge. Nos deux aéroports régionaux se retrouvaient ainsi gagnants. Mais l’information a suscité une réflexion de deux chercheurs en sciences de l’environnement, Dominique Perrin (de la Faculté agronomique de Gembloux) et Pierre Ozer (de l’université de Liège). Dans une carte blanche publiée dans La Libre Belgique (18/10), ils ont dénoncé l’absurdité environnementale de ce vol ultra-court. Il dégagera, expliquent-ils, 33 tonnes de CO2 dans l’atmosphère par semaine, soit l’équivalent de ce qu’émet une automobile en parcourant 207 000 kilomètres, plus de cinq fois le tour du monde ! [ou encore] l’équivalent des émissions hebdomadaires de CO2 d’une soixantaine de ménages belges ou encore de 55 000 Congolais ! Soit aussi l’équivalent de ce qu’une éolienne de la dernière génération à Perwez permet d’éviter chaque semaine en matière d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. A l’heure du Protocole de Kyoto, le bilan environnemental de ce vol apparaissait donc disproportionné aux yeux des deux chercheurs. Et leur carte blanche a fait mouche! Comme on le sait désormais, le ministre André Antoine, en charge des aéroports wallons, s’est opposé au mini-vol et a porté la question de ces transports aériens ultra-courts au niveau fédéral et européen. De l’effet d’une réflexion dans la presse!

Personnalisation du vote

Pierre Verjans, chef de travaux en science politique, dans une interview sur les enseignements à tirer du dernier scrutin communal et notamment, et notamment sur la personnalisation du vote (Le Soir, 14/10). L’électeur choisit quelqu’un qui passe bien plutôt qu’un programme. Le choix porte sur la personne et ses pratiques mais je ne suis pas sûr qu’il prenne en compte le projet de société qui va avec. D’où l’ambiguïté : les gens croient choisir une personne et ne se rendent pas toujours compte qu’ils choisissent une affiliation.

 

D.M.