Galileo

Une technologie de pointe étudiée à l’ULg

L e GPS ? Tout le monde connaît... ou presque. Adapté sur les voitures récentes, le système permet désormais de se passer des cartes routières pour s’aventurer dans les villes et les campagnes puisqu’il indique vocalement le chemin à suivre. Ce que l’on sait moins, peut-être, c’est que l’abréviation des termes anglais Global Positioning System (en français, “système de positionnement global”) désigne un système de positionnement par satellites mis en place par le département de la Défense des Etats-Unis. L’objectif initial est donc miliaire : donner la possibilité de connaître la position d’un objet sur la surface du globe. D’un objet... ou d’un sujet : grâce à un récepteur, chaque individu peut capter les signaux émis par une constellation de satellites afin de déterminer très précisément à, tout instant, sa position dans le temps et dans l’espace et donc de s’orienter sur terre, sur mer, etc.

Développements

Certains observateurs, admirateurs de cette nouvelle technologie au demeurant, n’ont pas manqué de relever que, placé sous le contrôle de l’armée américaine, l’accès aux signaux GPS pourrait être retiré aux utilisateurs civils. A la connaissance de René Warnant, chargé de cours au département de géographie-unité de géomatique (et chef de travaux à l’IRM dans la section “Profils ionosphériques”), cela n’a jamais eu lieu mais la crainte existe, laquelle est probablement l’une des raisons à l’origine de “Galileo”, système civil de positionnement lancé conjointement par l’Union européenne et l’Agence spatiale européenne (ESA). « Sa précision théorique est supérieure, affirme le chercheur, et nous avons, nous Européens, tout intérêt à le développer. »


photo: ESA
Des secteurs comme l'agriculture profiteront aussi de Galileo

Car bien d’autres développements sont attendus dans les prochaines années lorsque le système de radionavigation “Galileo” sera au point. « La technologie va nous permettre, par exemple d’observer plus précisément les mouvements des plaques tectoniques, explique René Warnant. Et donc de contribuer à l’évaluation des risques sismiques. Une foule d’autres secteurs profiteront encore de cette technologie de pointe : les transports bien sûr (localisation des véhicules, itinéraires, contrôle de la vitesse), mais aussi les services sociaux (aide aux personnes âgées, aux personnes invalides), les douanes (contrôles frontaliers), les travaux publics, les transactions bancaires, le sauvetage des personnes en détresse à la mer, en montagne, etc. » La palette est tellement large que l’Union européenne propose actuellement des programmes de financement des PME ou d’instituts de recherche afin d’imaginer les applications futures.« Les spécialistes estiment que ce nouveau domaine créera près de 100 000 emplois en Europe, poursuit René Warnant. Pourquoi pas à Liège ? »

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Recherche

Consciente de l’enjeu que ce secteur en plein boom représente – et dans la mesure où les diplômés universitaires en constitueront la main-d’œuvre principale –, l’unité de géomatique de la faculté des Sciences de l’ULg a décidé de renforcer sa recherche et son enseignement dans le domaine des systèmes de positionnement par satellites. « J’aimerais dans un futur proche créer, à l’ULg, un centre de recherche dans ce domaine qui travaillerait en proche collaboration avec mon équipe de l’IRM, explique le chercheur. L’idée est de nous spécialiser dans l’étude et dans la correction des perturbations atmosphériques qui peuvent affecter les signaux (orages, tempêtes géomagnétiques) et être à l’origine d’erreurs sur la mesure de la position des utilisateurs. »

Coordinateur d’un projet européen financé par la GNSS Supervising Authority, l’organe de gestion du système Galileo, René Warnant a des projets plein la tête. Ses cours de géomatique au département de géographie seront peu à peu ouverts à d’autres filières d’études en faculté des Sciences mais aussi en Sciences appliquées. En outre, deux doctorants s’attellent déjà à cette problématique : l’un d’entre eux travaille à l’amélioration du modèle de correction ionosphérique de Galileo. Histoire d’apporter une petite pierre à l’indépendance européenne vis-à-vis des Etats-Unis.

 

Patricia Janssens