Où sont les jeunes ?

La politique en colloque pour une jeunesse plus engagée

En octobre dernier, l’ensemble des citoyens belges s’est rendu aux urnes. Cet acte démocratique devenu rituel pour la plupart d’entre nous l’est bien moins pour les plus jeunes. Ces derniers éprouvent souvent des difficultés à assumer leur propre opinion, et plutôt que de voter par conviction, ils ont tendance à le faire par simple tradition. C’est pourquoi la question de l’engagement politique chez les jeunes mérite d’être posée.

En effet, s’ils dénigrent la politique, cela ne signifie pas qu’ils refusent de s’investir, mais simplement qu’ils privilégient d’autres domaines. Citons les mouvements humanitaires, altermondialistes ou encore d’inspiration religieuse ou laïque. A titre d’exemple, les dernières JMJ (Journées mondiales de la jeunesse) qui ont eu lieu à Cologne en 2005 auraient rassemblé près de
800 000 personnes.

Mais qu’en est-il de leur intérêt politique ? Selon les chiffes d’Anne Muxel, politologue au CNRS, 72 % des jeunes pensent qu’il est utile de voter alors que 16 % d’entre eux envisagent de se mobiliser dans une association politique et seulement 6 % d’intégrer un parti.

L’actualité nous fournit fréquemment des exemples de mobilisation des jeunes pour des faits politiques. Il y eut notamment les manifestations contre Jean-Marie Le Pen, présent au second tour des élections présidentielles françaises de 2002 ou encore celles, nombreuses également, organisées par les étudiants français contre le projet du “Contrat premier emploi” (CPE).

En Belgique, même s’ils ne s’engagent pas toujours, les jeunes montrent un regain d’intérêt pour les questions politiques : en atteste le nombre sans cesse croissant de ceux qui s’inscrivent en science politique, et ce depuis quelques années. Parmi eux, certains passent le cap de l’engagement. A l’ULg, une jeune fille de 18 ans s’est présentée sur l’ancienne liste de son père, tandis que Thierry Wimmer, inscrit en 3e année de Droit, va devenir le plus jeune bourgmestre de Wallonie. Si les jeunes désirent s’engager, ils en ont les moyens : tous les grands partis de notre pays, conscients qu’ils représentent l’avenir de notre société, ont mis en place une section spécialement conçue pour eux.

Les différents thèmes qui viennent d’être abordés feront l’objet d’un colloque organisé fin novembre par l’Association socialiste des étudiants de Liège (Asel) avec l’aide de la régionale PAC (organisme d’association citoyenne). Ce projet est parti de l’envie des deux membres de l’Asel de redynamiser leur association et surtout de permettre aux jeunes de s’investir et de mener à bien des projets. Cet événement accueillera une exposition mobile sur François Mitterrand et trois débats autour des “jeunes et l’engagement”. Les thématiques abordées couvrent trois domaines d’engagement possible : l’humanitaire, à débattre avec le
Pr Jules Gazon, l’économique avec Philippe Suinen de l’Agence wallonne à l’exportation, et, enfin, le secteur scientifique avec Henri Bonet, de l’Institut des Radio-Eléments à Fleurus. Les débats bénéficieront de la présence d’hommes politiques tels que Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Economie, de l’Emploi et du Commerce extérieur, Michel Daerden, ministre du Budget, des Finances, de l’Equipement et du Patrimoine), Christine Morreale, vice-présidente du PS, Bénédicte Heindrichs, tête de liste Ecolo à Liège. Le but recherché par les organisateurs est d’amener les jeunes à se questionner sur la nécessité de s’engager, et pas seulement dans la politique.

 

Anaïs Bayet et Julie Boulanger

 

Le colloque aura lieu le samedi 25 novembre, à partir de 10h, à la salle académique, place du 20-Août 7, 4000 Liège. L’entrée est gratuite.

Contacts : Olivier Mignonsin, tél. 0476.61.26.98, et Ludovic Martello, tél. 0495.47.38.26