Cap sur les étudiants

L’Université, comme cadre de vie, s’équipe de services pour soutenir les jeunes


ULg - Jean-Louis Wertz

Ils sont 17 000. 17 000 jeunes à fréquenter les amphithéâtres, les salles de TP, les laboratoires, les bibliothèques et les couloirs du B52, du Trifac ou de la place Cockerill. 17 000 à rejoindre, chaque matin, le centre-ville et le campus du Sart-Tilman en voiture ou grâce aux bus 48 et 58, désormais célèbres. 17 000 à déjeuner et boire un verre dans les restaurants et cafétérias universitaires. 17 000 enfin à jeter un regard critique sur notre monde, notre système, notre environnement.

A côté des enseignants qui accueillent tous ces étudiants et les initient, année après année, aux joies et secrets du droit administratif, de la romane, de la chimie, de la finance ou de la psychologie clinique, etc., l’université de Liège a mis en place, pour eux, un ensemble de services d’accompagnement. « Nous avons conçu, grâce à de fructueuses collaborations avec les Facultés, une politique globale en faveur de l’étudiant, explique Monique Marcourt, directrice générale à l’enseignement et à la formation. Car les temps ont changé : notre société accorde davantage d’importance au contexte dans lequel évoluent les jeunes. L’Université, dispensatrice de savoirs, se veut aussi un lieu de vie et d’épanouissement. » Ainsi l’ULg entend-elle accompagner l’étudiant avant même le début de son cursus jusqu’à l’obtention du diplôme... et après !

Informer et responsabiliser

« La nouvelle génération des 18 ans utilise sans problème internet, constate Monique Marcourt, pour ses loisirs mais aussi pour comparer les filières d’études entre les hautes écoles et les universités. C’est un aspect de l’information que nous ne pouvons négliger bien entendu; cependant, je reste convaincue de l’intérêt des rencontres personnalisées. » C’est aussi la raison pour laquelle l’Administration de l’enseignement et des étudiants (AEE) entretient des contacts avec les établissements secondaires en y organisant régulièrement des séances d’information sur les cursus proposés par l’ULg. De plus, les rhétoriciens peuvent s’immerger dans l’ambiance des amphis pendant le congé de la Toussaint ou du Carnaval afin de suivre des cours de 1re année et de prendre leurs premiers repères. « Nous organisons plusieurs fois par an des séances collectives d’information au centre-ville et au Sart-Tilman tout en proposant des contacts individualisés. » De plus, signe des temps, l’ULg s’adresse aux parents en les invitant à la journée d’accueil du mois de mai, ainsi qu’à des rencontres-débats qui leur sont spécialement destinées.

Première étape, l’information ne suffit pas toujours. « Beaucoup de jeunes ont du mal à définir un projet professionnel, continue Monique Marcourt. Ils s’inquiètent de leurs faiblesses et oublient leurs forces. L’orientation s’avère alors décisive : bien poser les questions utiles, relever les atouts de l’étudiant, lui indiquer les ressources dont il pourra disposer, tout cela concourt à mieux définir ses options de vie et à mieux cerner ses ambitions professionnelles. » Le “guichet d’orientation” cher à la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie-Dominique Simonet, est donc déjà effectif à l’ULg, et c’est en toute liberté d’esprit que les différents acteurs accueillent les futurs bacheliers. « Il s’agit vraiment d’un travail d’équipe, poursuit Monique Marcourt. Nous mettons toutes nos ressources en œuvre pour éclairer l’étudiant sur les options possibles, mais aussi sur les services mis à sa disposition. »


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Monique Marcourt, Directrice générale à l'Enseignement et à la Formation

Et c’est dans une optique de “douce transition” que plusieurs Facultés, épaulées par tous les services d’encadrement, organisent des activités préparatoires au mois d’août afin de réactiver certaines connaissances de base, de familiariser les nouveaux inscrits à leur nouvel environnement et aux exigences universitaires. Près de 900 jeunes consacrent ainsi une partie de leurs vacances pour rejoindre le campus. Par ailleurs – toujours dans la même philosophie –, 24 “assistants pédagogiques”, professeurs du secondaire, encadrent les étudiants de 1er bachelier. Leurs actions peuvent être très diverses : répétition collective, suivi individuel, simulation d’examens, mise en ordre des cours, clarification des exigences, etc. Les étudiants peuvent aussi se faire accompagner par un parrain ou un tuteur, souvent un étudiant plus âgé ou en fin de formation.

Dès le début de l’année académique, et ce dans un souci de transparence et de responsabilisation, un engagement pédagogique annonce clairement les objectifs et modalités de chaque cours. Des enquêtes sont réalisées pour percevoir les difficultés que l’étudiant affronte tout au long de ses études : la lutte contre l’échec est ainsi menée tous azimuts. « Parallèlement aux matières enseignées, continue Monique Marcourt, nous avons mis en ligne quelques conseils en termes de méthode de travail, de gestion du stress, de simulations d’examens, d’infos et conseils santé, etc. » Par ailleurs, l’ULg a créé, en 2005, l’Institut de formation et de recherche en enseignement supérieur (Ifres). Cette structure est destinée à accompagner les enseignants et les départements dans leur action de formation des étudiants, tant en présentiel qu’à distance, et à promouvoir la recherche en pédagogie de l’enseignement supérieur.

Plus globalement, l’ULg entend considérer chaque jeune comme une personne citoyenne. En témoignent les sites informatifs sur les activités, le sport à l’Université (RCAE), le passeport OpThéMus pour la culture, Univ’Air Santé et la lutte anti-tabac, la prévention des affections cardio-vasculaires, etc. Des séminaires sur la gestion du stress sont également proposés. Sans oublier la ligne téléphonique “ULg dialogue” ouverte en sessions, les aides sociales et les conseils en fin de cursus universitaire, pour rédiger un curriculum vitae et une lettre de motivation, afin de répondre aussi à une annonce ou décrocher un emploi.

Améliorer et innover

A l’heure actuelle, trois grands domaines sont en chantier. « Nous avons l’ambition de mettre sur pied un Institut de formation continuée afin de permettre à tous, à tout moment, de suivre ou de poursuivre des études, annonce Monique Marcourt. Si certaines initiatives comme “Force ULg”, formation à destination des enseignants du secondaire, sont déjà bien rôdées, nous aimerions développer une offre structurée de formation continuée à horaire décalé pour ceux qui souhaitent poursuivre un cursus universitaire. »

En outre, l’ULg est sollicitée en tant qu’expert dans différents partenariats, par exemple avec le Forem ou dans le cadre de formations pour les entreprises. Dans les cartons depuis quelques mois, la création d’un Observatoire stratégique de l’enseignement (OSE) vient d’être décidée. « Il aura pour objectif de suivre le parcours des étudiants pendant leurs études et, ensuite, sur le marché du travail, s’enthousiasme la directrice générale. En suivant des cohortes d’étudiants, nous pourrons certainement tirer des leçons de nos observations (taux de réussite, passerelles, Erasmus, etc.) et en tenir compte dans les stratégies futures. Cela implique de s’intéresser à l’adéquation de nos formations par rapport au marché de l’emploi et au profil de ces futurs professionnels qui exerceront, c’est loin d’être exclu, au sein de notre Université. La fonction que j’occupe me permet de conjuguer deux sujets qui me tiennent particulièrement à cœur : les étudiants d’une part, et le personnel de l’autre. »

Last but not least, un département des Relations internationales a été mis en place en mars dernier par le conseil d’administration pour encourager la mobilité des étudiants, des chercheurs et des enseignants, et pour accueillir ceux des institutions étrangères. Il aura pour tâche d’élaborer des conventions avec des universités européennes partenaires et de coordonner tout ce qui concerne ces échanges. « Avec l’Administration recherche et développement (ARD), nous travaillons à la mise en place d’un “guichet unique” qui répondrait à toutes les demandes touchant à l’international : accueil d’un enseignant, départ d’un étudiant ou d’un doctorant, etc. », conclut Monique Marcourt.

Et la directrice générale de souligner que toute cette politique ne se réalise sur le terrain que grâce à la motivation et au dynamisme des différentes équipes travaillant au sein de la Direction générale à l’enseignement et à la formation qu’elle dirige depuis octobre 2005.

 

Patricia Janssens

 

Quelques chiffres (estimation annuelle)

- 10 000 étudiants sont rencontrés chaque année (150 établissements d’enseignement secondaire visités, participation à six salons belges et deux à l’étranger, organisation de quatre “Journées portes ouvertes”)
- 900 participants aux activités préparatoires
- 900 consultations individuelles d’orientation, dont 350 rhétos
- 300 participants aux séminaires collectifs d’orientation
- 250 étudiants en consultations individuelles de guidance étude et 110 coachés
- 500 participants aux séminaires collectifs de guidance
- 700 étudiants en consultation à la Cellule emploi
- 2000 nouveaux inscrits accueillis à la journée   “Bachelier ULg J-1”
- 500 étudiants issus de programmes d’échanges
- 420 étudiants ULg à l’étranger
-  “Méthode en ligne” : 1992 accès (dont étudiants de Gembloux)
-  “ULg dialogue” : plus de 200 appels
-  “T’as tout en mains” : plus de 250 “clic” par mois sur la page d’entrée