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VW Forest : reconversion inéluctable ?

Nouveau coup de tonnerre dans le ciel économique belge avec l’annonce de la perte de 4000 emplois à l’usine VW de Forest. Comme si ce genre de décision était devenue inéluctable dans une économie globalisée, la compassion a rapidement fait place à la résignation et, comme le note Didier Vrancken, professeur de sociologie, dans une carte blanche dans le journal Le Soir (27/11), à la rhétorique de la reconversion, intégrant en chacun de nous la culture du risque associée désormais à toute activité économique et même à tout choix personnel. Tout choix posé – choisir un(e) conjoint(e), faire un enfant, trouver un travail, entreprendre des études – aurait désormais un coût, à assurer par chacun de nous. Et face à la survenue du risque, il nous appartiendrait de nous reconstruire, de nous réorienter, de faire un travail sur nous-mêmes en nous formant, en recherchant de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances. Les reconversions seraient à ce prix. Incertitudes, imprévisibilités, risques et insécurités seraient devenus les nouvelles donnes constitutives de nos sociétés contemporaines. Mais Didier Vrancken, qui avec plusieurs de ses collègues de l’Institut des Sciences humaines et sociales et d’HEC-ULg entame une réflexion sociologique sur ce thème de la reconversion, demande jusqu’où de telles supputations sont fondamentalement tenables. Sommes-nous vraiment prêts à nous « activer » toujours et sans cesse ? Ne faut-il pas inventer de nouvelles garanties structurelles pour assurer les parcours de vie ?

Au demeurant, comme le démontre Jean-Pierre Voos, chargé de cours à HEC-ULg, dans une autre carte blanche publiée cette-fois par La Libre Belgique (29/11), tous les dés ne sont pas encore jetés dans l’affaire VW. En effet, le chercheur rappelle que depuis le vote du Pacte de solidarité en décembre de l’année dernière, les règles ont complètement changé, en particulier en matière de prépensions, qui selon le législateur, sont désormais à considérer comme le dernier recours, à charge pour l’employeur de chercher d’abord des alternatives aux licenciements. Par ailleurs, comme il s’agira d’un licenciement collectif, la loi octroie aux travailleurs victimes de mesures de restructuration des suppléments en sus des indemnités de dédit, d’autant plus importantes que l’ancienneté est grande, ce qui est le cas de nombreux travailleurs de VW Forest. La démarche d’accompagnement (...) sera donc longue et onéreuse pour VW. Faisons les comptes. Et tout cela nous montrera que tous les dés ne sont pas encore jetés, conclut J.-P. Voos.

 

D.M.