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En 1958, Robert Maréchal créait le “Festival du jeune théâtre” qu’il dirigea durant plus de 40 ans sous ce nom, puis sous celui des “Rencontres internationales de théâtre contemporain” et de “Rencontres d’octobre”. En 1999, sous la direction de Jean-Louis Colinet apparaît le “Festival de Liège” organisé une année sur deux, de la mi-janvier à la mi-février. Ce festival regroupe différents arts de la scène : théâtre, danse, musique. Il a pour particularité de rassembler des artistes qui dialoguent avec le monde actuel et sont proches de ses problèmes. Au fil des éditions, une autre volonté s’est affirmée : explorer des formes non européennes du spectacle.
En s’ouvrant aux cultures du monde, le Festival de Liège invite à briser le cercle d’un isolement culturel qui est souvent le fait de nos médias. Le but est de donner le goût de la découverte. On peut mettre l’accent, pour cette année, sur quatre moments de création. On pense tout d’abord à Lars Noren/Anne Tismer, texte de Lars Noren écrit pour la comédienne allemande. Ce monologue, joué en français, porte un regard aigu sur le monde contemporain à partir des mythes anciens. Il faut également mentionner Bloody Niggers, pièce créée par Jacques Delcuvellerie sur un texte récent de Dorcy Rugamba. Il s’agit d’une réflexion sur la colonisation et ce qu’elle a engendré, où la musique est omniprésente. Ensuite Etat d’Urgence, dans lequel l’auteur Thomas Ostermeier va imaginer une collaboration entre quatre jeunes metteurs en scène allemands et 16 jeunes comédiens belges. Cette collaboration aboutira à la présentation de quatre pièces, durant la même soirée, lors d’un parcours dans plusieurs lieux inattendus de l’ex-caserne Fonck. Enfin, Montenero 53 est une pièce inspirée du témoignage de femmes italiennes qui, un jour, ont quitté leur pays pour venir travailler en Belgique. A travers le témoignage et le chant, le spectacle investit le point de vue, souvent négligé, des femmes.

Déjà, en Grèce antique, le théâtre était “un fait construit pour être social”. Il rassemblait les foules pour leur parler de l’humanité. Manifestement, le Festival de Liège, dans son désir d’aborder des sujets d’actualité, par sa volonté de s’interroger sur les grandes questions humaines, respecte cette tradition millénaire. Aujourd’hui comme hier, le théâtre a pour fonction essentielle de réunir les gens pour leur parler d’eux-mêmes. En abordant les problèmes du quotidien, il devient très concret et ne s’inscrit pas dans un vague discours philosophique.
Evoluant sans cesse, le Festival a affiné son regard et affirmé la volonté de programmer des spectacles qui tiennent un propos fort et original sur notre époque. A travers la maîtrise du langage théâtral, musical ou chorégraphique, il persiste dans la recherche d’un spectacle qui invente son propre langage, qui est engagé au sens noble du terme et qui explore une question sans pour autant imposer une conviction. Comme chaque année, la soirée d’ouverture du 19 janvier est gratuite... avec réservation cependant.
François-Xavier Colon
Photo : Gabriella Marks (Scourge de Marc Bamuthi Joseph)
Contacts : tél. 04.221.10.00, du lundi au samedi de 10 à 18h, site www.festivaldeliege.be
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