![]() |
Quand l’holographie est apparue au début des années 60, beaucoup ont cru à la photographie 3D et même à l’avènement imminent du “cinémascope en relief”. Après une dizaine d’années, l’engouement pour l’imagerie holographique est retombé mais les industries et le milieu médical continuent à bénéficier largement des techniques et des émulsions holographiques.
Dans une photographie traditionnelle, chaque pixel enregistre une distribution d’éclairement lumineux. Dans un relief holographique, chaque pixel contient en plus une information sur la géométrie, indispensable à la mise en relief de la photographie 2D. Mais la lecture d’un hologramme n’est pas simple et la qualité de l’image peut décevoir : l’hologramme est un simple rectangle noir quand il n’est pas éclairé. Pas très décoratif… Et sous un spot, il présente une image certes 3D, mais immobile, le plus souvent monochromatique et avec un champ de vision étroit. Bref, le public a fini par bouder la performance technologique à la base de l’imagerie holographique.
Applications multiples
Mais les recherches ont continué et aujourd’hui, l’holographie intervient dans le monde médical, dans l’industrie, dans la vérification de productions, dans l’art et le patrimoine, etc. « Nous avons développé une spin-off, Deios, qui fait du relevé 3D, explique le Dr Yvon Renotte du laboratoire Hololab de l’ULg. Elle a, par exemple, été sollicitée par une société du bassin liégeois, Mérytherm, qui avait cassé une aube de turbine dont elle n’avait plus le plan. Notre relevé 3D des pièces brisées a permis de reconstituer la pièce. » La technique permet également d’analyser la surface des matériaux composites qui servent dans les ailes des Airbus, dans le but d’y détecter d’éventuels défauts en profondeur sans altérer les matériaux. Des essais sont en cours avec la Sonaca. La détection des zones retouchées d’une peinture est une autre application de cette même technique. Elle est développée en collaboration avec le Centre européen d’archéométrie de l’ULg.
En médecine, c’est notamment la tomographie qui attend beaucoup de l’holographie. Le laboratoire travaille d’ailleurs avec l’université de Sherbrooke au Québec à la mise au point d’une méthode de caractérisation biomécanique de la microstructure des tissus mous à base d’imagerie, par holographie photoréfractive à faible cohérence. Voisine de la tomographie, cette technique permettra de sonder l’intérieur de tissus biologiques à partir d’une étude en surface et ce, de manière moins invasive que les rayons X ou les produits radioactifs, puisque c’est la lumière visible qui sera utilisée.
La vie en couleurs
Agfa-Gevaert a longtemps été l’unique société à produire industriellement des émulsions holographiques. Vers le milieu des années 90, elle a perdu le marché des émulsions médicales pour les rayons X, dont les émulsions holographiques étaient un sous-produit. Résultat : plus de producteur pour ces émulsions. « Nous avons alors tenté de les produire nous-mêmes et, dans la foulée, nous avons essayé de les rendre capables d’enregistrer des images en vraies couleurs car le problème de la couleur était resté en suspens, reprend Yves Renotte. Au Futuroscope, vous verrez des hologrammes en couleurs, mais ce sont de fausses couleurs obtenues par teinture du substrat. »
Ainsi, depuis février 2005, Hololab collabore au projet européen SilverCross, du 6e programme cadre, pour développer industriellement des émulsions holographiques couleurs. Ce projet s’achèvera à la fin du mois de février prochain. « Nous sommes aujourd’hui capables de produire des émulsions panchromatiques, mais pas encore à l’échelle commerciale. Il nous manque probablement six mois. Pour parvenir à notre but, nous espérons une piste de financement du côté de l’Euregio et une autre du côté de la Région wallonne… Des collaborateurs français se sont également montrés très intéressés. Nous cultivons l’espoir de créer une nouvelle société qui commercialisera des émulsions holographiques couleurs. » Après Deios et Lucimed, il s’agira alors de la troisième spin-off (co-)créée par Hololab.
Elisa Di Pietro
| Contacts : tél. 04.366.37.72, courriel y.renotte@ulg.ac.be, site www.deios.com |
Luminettes primées

Photo: Forum Média Production
L’absence de soleil joue sur notre moral. Parfois, elle peut conduire à la dépression ou à l’insomnie. Aux personnes souffrant de troubles saisonniers, la luminothérapie offre des traitements “lumineux”. Parmi ceux-ci, citons les luminettes®, conçues par Yvon Renotte et Vincent Moreau du laboratoire Hololab, en collaboration avec le Dr Robert Poirrier (Centre du Sommeil - CHU de Liège). Ces lunettes luminothérapeutiques sont le fruit du projet Eclat, co-financé par la Région wallonne et la société Schréder à Ans. Elles sont aujourd’hui distribuées par Lumined, une spin-off issue de l’ULg.
Les luminettes® viennent d’être doublement primées par la Société internationale de l’industrie holographique : meilleure utilisation des hologrammes et meilleure application industrielle des hologrammes en 2006
|
|