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Après la réussite du processus électoral, la République démocratique du Congo (RDC) semble désormais pouvoir envisager son avenir sur des bases démocratiques solides. Mais les défis socio-économiques dans un pays dévasté par des années de guerre et de dictature sont gigantesques. Le Congo possède pourtant un atout de taille : ses exceptionnelles richesses minières, dont l’exploitation pourrait lui apporter les revenus nécessaires à son développement.

Chargement de minerai de cuivre dans la carrière de Kamato au Katanga
« Malgré la situation difficile que connaît le pays au lendemain d’un guerre considérée comme la plus meurtrière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout le monde continue à se référer à l’expression “scandale géologique” pour bien souligner la richesse potentielle que renferme le sous-sol congolais », explique Eric Pirard, professeur de ressources minérales qui a organisé récemment à l’université de Liège un important colloque consacré à l’avenir du secteur minier en RDC.
Le Congo possède en effet des gisements de classes mondiales en cuivre, cobalt, germanium, zinc, or ou encore en diamant. On y trouve aussi de l’uranium et même du pétrole ! Le potentiel minier congolais est connu depuis longtemps et il a assuré à la colonie belge (et à la Belgique) un rôle de leader mondial dans la production de métaux non-ferreux. Pendant une vingtaine d’années, la Gécamines, la société d’Etat constituée à la suite de la nationalisation des exploitations minières en 1967, a assuré près de 30% du PNB du Congo. Mais, l’incurie du régime Mobutu et la situation conflictuelle qu’a connu le Congo ces dernières années ont complètement modifié le paysage de l’exploitation minière du pays. Cette situation a attiré des mercenaires du monde entier et l’on a régulièrement dénoncé dans les medias le pillage des ressources naturelles congolaises.
En 2002, le pouvoir congolais a mis en place un code minier qui fixe les conditions d’octroi des permis d’exploiter et les redevances dues à l’Etat. C’est un premier pas vers la normalisation des activités minières et la reconstruction d’une économie s’appuyant sur la valorisation des ressources minières. « Mais faire respecter ce code par tous, et par les Congolais d’abord, est un défi majeur, alors que pour tenter d’échapper à la misère, des dizaines de milliers de personnes se sont lancées dans le grappillage des ressources les plus accessibles, ce qui a des effets désastreux sur l’environnement et dévalorise les gisements les plus prometteurs », observe Eric Pirard.
L’heure est aujourd’hui à la reconstruction d’une véritable industrie minière, basée sur des investissements et des capacités technologiques à la mesure de la taille des gisements, tout en respectant des conditions sociales et environnementales. Un beau défi pour la communauté internationale. « Il ne fait aucun doute que le développement du Congo passe par une relance de son activité minière avec une prise de participation d’entreprises internationales. Mais, pour réussir, il faut aussi accompagner ce développement par des programmes de formation de l’administration, des pouvoirs de contrôle nationaux et locaux, ainsi que de techniciens et d’ingénieurs de haut niveau. Il y a donc une place pour chacun et la Belgique, plus que tout autre pays, doit se mobiliser pour aider les Congolais à atteindre ces objectifs. C’était le but de notre colloque qui a réuni des acteurs de premier plan parmi les pouvoirs publics congolais, les industriels, les banques, les ONG et les universités », conclut le Pr Eric Pirard.
D.M
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