Focus sur l’Amazonie

Partenariat avec l’Amérique latine

Le 16 novembre dernier, le vice-recteur Albert Corhay, en mission en Equateur, a signé un accord tripartite liant désormais l’université de Liège, l’université centrale d’Equateur à Quito et l’université fédérale d’Amazonie à Manaus.

Une biodiversité unique

Accompagné du Pr Jean Marchal, conseiller du Recteur pour les relations internationales, du Pr émérite Jacques Joset, spécialiste de littérature hispanique, et de Mathieu Poulicek, chargé de cours adjoint au département des sciences et gestion de l’environnement, le vice-Recteur s’est laissé séduire par le décor grandiose de l’Amazonie et son gigantesque potentiel scientifique. « L’idée d’un partenariat avec les universités d’Amérique latine est très bien perçue par nos équipes scientifiques, explique-t-il. Bien sûr, j’allais dire naturellement, tous les biologistes sont à l’affût de collaborations de ce type. Mais le département des transports et logistique l’est également comme l’Institut de sciences humaines et sociales. L’initiative semble faire l’unanimité ! »

Un premier objectif serait d’occuper un bâtiment existant dans la région de Rocafuerte, sur le Rio Napo. « Transformée en centre expérimental, cette implantation constituerait une base scientifique parfaite, explique Mathieu Poulicek. Facilement accessible par bateau depuis San Francisco de Orellana (elle-même reliée par des vols quotidiens vers Quito, la capitale), la région présente une biodiversité exceptionnelle, tant sur terre qu’en eau douce. Tous les types de milieux caractéristiques de la région amazonienne sont à portée immédiate d’étude. De plus, elle est habitée par des populations assez différentes, tantôt traditionnelles, tantôt modernes. »

Le partenariat est sur les rails : une étudiante inscrite en thèse va partir, dans quelques semaines, étudier le comportement des primates en plein cœur de l’Amazonie. « Ce sont des occasions assez rares, poursuit le chercheur. Nous avons là une chance unique de bénéficier des structures modernes en place. Je vais d’ailleurs bientôt me rendre aux Iles Galapagos, car les Equatoriens ont aussi la générosité de nous ouvrir les portes d’un centre jusqu’ici exclusivement réservés à leurs chercheurs. » Les projets se concrétisent déjà : l’an prochain, deux enseignants vont aller donner des séminaires à l’université centrale d’Equateur, laquelle enverra ensuite deux de ses professeurs à Liège pour donner cours aux étudiants de la faculté des Sciences. Des thèses de doctorat en codirection sont à l’étude et les Equatoriens aimeraient bénéficier de l’expertise liégeoise dans l’encadrement des futurs masters et des prochains doctorats.

Nombreux autochtones

« Le projet est très séduisant, poursuit le Pr Marc Mormont, du département des sciences et gestion de l’environnement. La forêt amazonienne recèle des ressources génétiques passionnantes à découvrir et à étudier. Mais les populations sont intimement liées à cette nature qu’elles entretiennent et utilisent de façon concertée. L’enjeu, à notre échelon, est de réussir à tirer de cet écosystème des bénéfices scientifiques et techniques pour l’humanité tout en respectant les besoins des autochtones. Maintenir la biodiversité à l’échelon mondial tout en garantissant la diversité sociale et culturelle est essentiel, me semble-t-il. » C’est dans cet esprit qu’une doctorante équatorienne travaille pour l’instant sur la valorisation des ressources biologiques amazoniennes.

La problématique du développement en Amazonie intéresse également le Pr Marc Poncelet de l’Institut des sciences humaines et sociales. Son assistante, Bénédicte Schoonbroodt, réalise actuellement une thèse sur les pratiques de soins de santé dans le nord-est brésilien via une approche socio-anthropologique, et deux étudiants préparent un mémoire en sociologie : l’un s’intéresse à l’Université indigène de la ville de Quito, l’autre étudie la lutte du peuple Sarayaku en Amazonie. « Dans le cadre du prochain master “population et développement”, se réjouit Marc Poncelet, les étudiants pourront bénéficier de ce  point de chute en Amérique latine. »

Un deuxième voyage aura lieu en avril pour lancer un groupe de contacts avec les universités équatoriennes et brésiliennes.

 

Patricia Janssens