Echo

Fête à effet de serre

Depuis un certain vol Charleroi-Liège qui a fait couler beaucoup d’encre, on ne compte plus les prises de position “environnementales” de deux chercheurs wallons, l’un de l’ULg (Pierre Ozer), l’autre de la FUSAGx (Dominique Perrin), traquant sans répit les gaspillages et autres absurdités dans nos habitudes de consommation. Dans leur “chasse au CO2”, ils se sont lancés récemment (La Libre Belgique, 30/1) dans un décompte minutieux des émissions en gaz à effet de serre engendrées par un repas, par exemple celui de la fête de Noël. On peut ainsi trouver dans le panier de la ménagère : des asperges du Pérou, des langoustines d’Indonésie, des springboks de Namibie, de l’autruche d’Afrique du Sud, des poires nashi de Corée du Sud, des mangues du Brésil, des fraises d’Israël, des cerises d’Argentine, des kiwis de Nouvelle-Zélande, ... le tout agrémenté d’un sauvignon blanc du Chili et d’un mousseux de Tasmanie. Bilan énergétique du menu : une distance totale de 209 000  km pour acheminer les produits, soit plus de cinq fois le tour du monde, et 41,3 kg de CO2 rejetés dans l’atmosphère. Cela équivaut, notent les chercheurs, aux émissions de CO2 d’un véhicule ordinaire parcourant la distance de 258 kilomètres, soit approximativement 15  litres d’essence pour moins de six kilogrammes de nourriture ! En conclusion, ils plaident pour un étiquetage clair du mode de transport des marchandises intercontinentales afin que le consommateur puisse être dûment informé et faire les meilleurs choix écologiques. Pierre Ozer et Dominique Perrin ont pris l’initiative d’une pétition en ce sens, consultable à l’adresse http://avionrouge.blogspot.com

Course au dopage

Michaël Dantinne, chargé de cours en criminologie, s’est intéressé au phénomène du dopage dans le monde du cyclisme et a analysé les trajectoires professionnelles de coureurs. La principale conclusion (La Libre Belgique, 26/1) est que dans un milieu fermé comme le cyclisme, la frontière entre victime et coupable, légal et illégal se fait volontiers floue. Les douleurs et les contacts de plus en plus fréquents avec le monde médical amènent le coureur à considérer le cyclisme professionnel comme un métier pathogène et la pharmacologie s’impose alors comme une nécessité, que les substances soient légales ou illégales. Ce distinguo légalité/illégalité est au centre de la perception du dopage (...) Pour les cyclistes professionnels, cette frontière n’existe pas dans sa forme commune, du fait d’une normalité différente, fruit d’une socialisation secondaire opérée dans le milieu du cyclisme. Un constat qui devrait inciter les observateurs à davantage de prudence dans leur analyse souffrant parfois d’un biais proche de l’ethnocentrisme.

D.M.