Liège-Pondichéry

François-Xavier Nève honoré par ses collègues indiens

Malgré la prédominance de l’anglais, notre langue reste une référence au niveau diplomatique voire économique. La preuve ? On trouve des profs de français un peu partout ! L’Inde constitue un bon exemple : parmi les dizaines de langues pratiquées dans la péninsule, figure le français qui continue à y être enseigné. Même si le pays ne fait pas partie de la Francophonie, son enseignement y est très dynamique et l’Association of Indian Teachers of french (AITF) est très impliquée dans les débats internationaux sur l’enseignement de la langue française. Elle participe à de nombreux colloques et collabore activement avec différents établissements scolaires des pays francophones pour étudier les “meilleures pratiques” mises en place.

C’est à l’occasion d’une de ces rencontres interprofessorales que François-Xavier Nève est devenu, un peu par hasard, membre de l’association en 1989. Depuis, une collaboration fructueuse et des amitiés solides se sont tissées. Afin de le remercier pour ses nombreux travaux et son implication dans l’enseignement de la langue de Voltaire, l’AITF l’honorera lors du 4e congrès qui se tient du 13 au 16 février en Inde. S’il se dit naturellement fier de recevoir ce prix, François-Xavier Nève est surtout ravi à l’idée de retrouver ses collègues qu’il n’a que trop peu l’occasion de voir. « Ces rencontres sont d’une richesse tellement fabuleuse que je ne rate aucun des congrès depuis leur création, explique-t-il. Et puis ces gens sont tellement passionnés par leur métier qu’on ne peut rester insensible à leur enthousiasme. »

Car même si le français reste une langue plus que minoritaire en Inde, elle y gagne en popularité et démontre, chez son utilisateur, une certaine éducation. « On estime à un million le nombre d’Indiens parlant le français comme seconde langue dans le pays, ce qui bien sûr reste très marginal par rapport à la population indienne dans son ensemble. Cependant, une certaine frange de cette population manifeste un grand intérêt pour cette langue qui véhicule toujours une certaine idée de la culture et du bon goût. » Arrivée avec les comptoirs français dans le sud de l’Inde au XVIIe siècle, le français a continué à se transmettre même après le départ définitif de ces derniers au milieu du siècle passé. Et c’est précisément dans l’un de ces plus célèbres comptoirs qu’aura lieu le 4e congrès de l’AITF. Siège de la Compagnie des Indes pendant des années, Pondichéry conserve en effet une trace marquante de la longue présence des Français.

L’enseignement de leur langue y reste toujours très actif, même si les professeurs doivent faire face à une forte pénurie de livres et de matériels didactiques. Ainsi, en plus d’être de formidables lieux de rencontres, ces congrès internationaux sont aussi l’occasion pour les profs du cru de se tenir au courant des dernières méthodes d’enseignement.

 

François Colmant