3 questions à Jean-Michel Crielaard

Un centre de formation pour sportifs de haut niveau au Sart-Tilman

Professeur au département des sciences de la motricité, Jean-Michel Crielaard donne cours en médecine physique, en éducation physique et en kinésithérapie.


Photo Jean-Louis Wertz

Le 15e jour du mois : L’ULg va bientôt accueillir des sportifs de haut niveau sur le campus ?

Jean-Michel Crielaard : Le gouvernement wallon vient en effet de décider officiellement la création de deux centres de formation pour les sportifs de haut niveau en Communauté française. L’un à Mons, l’autre à Liège. C’est une grande chance pour notre région et notre Université, et je suis particulièrement ravi que le projet présenté conjointement par la Ville de Liège, la Ville de Seraing, la Province de Liège et l’ULg aboutisse. La décision est prise mais toutes les modalités d’application ne sont pas encore arrêtées, loin s’en faut. Néanmoins, le dossier avance. Ainsi, l’attribution des sports est maintenant quasi acquise : à Mons la gymnastique, le tennis, le rugby et les sports de combat comme le judo ou le taekwondo; à Liège, l’athlétisme, la natation, le basketball, le volleyball et le handball, mais aussi l’escrime, le tennis de table et le tir à l’arc. Pourquoi un tel centre ? Claude Eerdekens, ministre de la Communauté française chargé de la fonction publique et des sports, a voulu rassembler tous les bons jeunes athlètes de 14 à 25 ans afin de leur permettre de poursuivre leur scolarité tout en bénéficiant d’un entraînement spécifique. Ce fut d’ailleurs un point essentiel de notre projet, car Liège dispose d’une offre de qualité en matière scolaire, tant pour le réseau secondaire que pour le supérieur. Les fédérations sportives applaudissent à deux mains et étudient pour l’instant le projet. Nous attendons leurs réactions.

Le 15e jour : Où se situera ce futur centre ?

J.-M.C. : A l’heure actuelle, nous pensons qu’un nouveau bâtiment serait construit dans le domaine du Sart-Tilman, entre le CHU et l’Institut d’éducation physique. Il s’agirait, dans un premier temps, d’un hôtel d’une centaine de lits qui comprendrait également des installations médico-sportives indispensables pour le suivi des jeunes athlètes : centre d’évaluation de la santé, salle de revalidation, salle de musculation, salle de détente et sans doute aussi un centre anti-dopage. Le financement sera assuré par la Communauté française et par la Région wallonne qui interviendrait dans la réfection de certains bâtiments existants. Car l’idée est bien entendu de nous servir des infrastructures déjà en place : Seraing pourrait mettre à disposition sa piscine olympique ainsi que sa très belle piste d’athlétisme outdoor et le service de physiologie du sport de l’ULg, en collaboration avec l’Institut Malvoz de la Province de Liège, se chargerait de l’évaluation fonctionnelle des sportifs, prélude indispensable à tout entraînement intensif. Par ailleurs, l’ULg serait disposée à offrir les terrains dans la mesure où les étudiants en Education physique pourraient profiter des équipements durant l’absence des sportifs. Dans l’avenir, on pourrait même envisager de construire sur le campus une piste d’athlétisme indoor ? Ce serait très utile pour les étudiants qui s’entraînent principalement de l’automne au printemps !

Le 15e jour : Quel est l’intérêt de cette implantation pour l’ULg ?

J.-M.C. : Il est majeur et multiple. Pour l’Institution, s’attacher un centre de cette qualité est toujours excellent en termes d’image, pour le CHU également qui sera associé de très près à l’activité du centre de formation. Les étudiants bénéficieront d’installations modernes et les kinésithérapeutes trouveront dans cet environnement des patients motivés de guérir. Il faut savoir que, dans ce milieu sportif de haut niveau particulier, on compte environ 10% de blessés en permanence : entorses aux genoux, tendinites, lésions musculaires, courbatures, etc. Ce qui nécessite un diagnostic précis et un traitement approprié. L’environnement liégeois est à cet égard très favorable puisque le CHU dispose d’un matériel de pointe et que la kinésithérapie sportive est bien développée chez nous (un master dans ce domaine sera d’ailleurs prochainement organisé). La cellule physiologique du sport, dirigée par Thierry Bury, chargé de cours en faculté de Médecine, s’occupe en priorité des étudiants d’Education physique et des sportifs de la région (ceux du Standard ou du club de basket de Liège): elle collaborera étroitement au nouveau centre. La recherche fondamentale et clinique profitera aussi de la proximité des athlètes et, plus généralement, c’est toute notre région qui en bénéficiera : de nombreux emplois seront créés dès le début des travaux (hôtels, restaurants, salles de sports, kinés, etc.). Et, comme je suis optimiste de nature, j’espère que ce centre sublimera la fibre sportive francophone ! Vous savez, quand Justine gagne, les inscriptions dans les clubs de tennis explosent ! Tout ce qui concourt à la valorisation du sport est excellent pour la santé publique.

 

Propos recueillis par Patricia Janssens

Rectificatif
Dans l’interview du Pr Defraigne du numéro précédent s’est glissée une imprécision : l’action “Univ’air santé”, sous la responsabilité de l’Administrateur, est une initiative du service universitaire de protection et d’hygiène du travail (SUPHT) et du service Presse et communication.