Plan fréquence

Branchez-vous sur 48fm !

Le combat fut âpre et difficile. Voilà en effet plus de 13 ans que 48fm, la radio des étudiants liégeois, court après cette fameuse fréquence propre. 13 années qui déboucheront, le 30 mars, sur l’arrivée de 48fm sur les ondes liégeoises. De la diffusion d’émissions sur les radios locales (Ciel et Equinoxe) au streaming sur le web, le chemin parcouru a souvent été semé d’embûches et a découragé bien des bénévoles. Plan fréquence, élaboration d’un montage financier, accords CSA, concertation avec les autorités académiques et étudiantes... « A l’origine du projet, nous nous sommes heurtés, étrangement, aux réticences des représentants étudiants, se souvient Olivier Beaujean, membre historique de 48fm. Tout le monde s’accordait sur l’importance d’une radio, mais les divisions apparaissaient quant à la mise en place de celle-ci. » La négociation s’enlisa...

Clair et Net

Malgré tout, 48fm se développe et installe son studio d’enregistrement au dernier étage de la Fédé « entre les armoires d’archives et les vieux matelas ». Système 48, l’émission phare de la radio, voit alors le jour et commence à former les premiers animateurs. On ne se doute pas encore que ces quelques heures de direct par semaine (diffusés via les radios locales) planteront les germes de 48fm. « Système 48 avait un côté très frustrant. On adorait animer, recevoir des invités ou présenter des actualités, mais on ressentait surtout un manque d’expression, explique Patrick Séverin, ancien président. Pendant quelques temps, nous avons tenté de remonter le projet d’une diffusion sur une fréquence mais sans succès. » Car pour élaborer un projet digne de ce nom, il fallait prouver que la radio pouvait assumer une diffusion quotidienne.

Sans fréquence, impossible de démontrer la capacité de 48fm à relever le défi. Défaits mais pas abattus, les bénévoles trouveront finalement leur salut auprès d’un média jusqu’ici peu enclin à diffuser des émissions radiophoniques : internet. « Le premier test fut effectué, un peu par hasard, en 2002, aux célèbres Ritu où l’on programmait captures sonores et interviews via notre site web. L’envie d’aller plus loin est très vite apparue et un vent nouveau nous a littéralement transportés. ». Les contacts se nouent rapidement et une synergie se développe entre 48fm, le Segi et Bernard Rentier, alors vice-recteur et président de la commission qui subventionne la radio. De nouveaux crédits sont débloqués et en mars 2004, 48fm.com voit le jour. Sur le tas, les bénévoles apprennent à gérer une programmation quotidienne (16h de diffusion), montent un concours rock (la quatrième édition aura lieu le 16 mars à la Soundstation) et parviennent même à créer de l’emploi. Depuis trois ans, 48fm engage en effet un mi-temps pour assurer le suivi administratif et financier.

Sur les ondes, pour de bon

Grâce au dynamisme de ses prédécesseurs, c’est finalement la dernière équipe en place qui a pu aborder, enfin, la dernière étape du développement de la radio. « Fin 2005, nous avons repris le dossier fréquence à bras le corps. Forts du soutien de l’Université qui ne nous a jamais abandonnés et grâce aussi à l’aide de nombreux professeurs, de Robert Stéphane et du service Presse et Communication de l’ULg, nous avons réussi à monter un projet susceptible de tenir la route. » Frédéric Cools, actuel président de 48fm, est conscient du chemin parcouru mais reste néanmoins vigilant : « Diffuser sur les ondes est une étape importante et démontre qu’une association étudiante peut réaliser de grandes choses. Cependant, il faut comprendre que sans une implication des bénévoles, nos efforts risquent d’être vains. » Un appel du pied au département des arts et sciences de la communication et surtout aux étudiants en journalisme. Sur ce point, Patrick Séverin est confiant : « Lorsque nous étions étudiants, diffuser nos reportages sur de vrais médias était quelque chose de glorifiant, on se sentait utile. Je ne crois pas que les apprentis-journalistes de l’ULg passeront à côté de l’occasion ! »

 

François Colmant