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Photo: J. Lecomte-Beckers et S. Pace (www.metaux.ulg.ac.be)
Fabrication de feuilles de titane par dépôt sous vide pour applicaitons biomédicales
Dans le secteur des sciences du vivant, la découverte de nouveaux traitements fait de plus en plus appel aux biotechnologies pour déceler l’origine de certaines maladies, ou encore pour concevoir, tester et produire des médicaments spécifiques. Ces innovations supposent de réaliser des recherches fondamentales pour mieux comprendre le fonctionnement des organismes, et notamment de leur système immunitaire. Le forum Biomedica qui s’ouvre le 21 mars est au cœur de l’actualité.
Secteur pluridisciplinaire par excellence, la biotechnologie est un champ de recherches extrêmement large allant des composés biopharmaceutiques, à l’imagerie médicale, aux biomatériaux, aux produits agroalimentaires et à ceux utilisés pour notamment assainir notre environnement.
Bioforum à la vitesse supérieure
Le succès des dix éditions du Bioforum, événement Biotech liégeois, a convaincu nos voisins de l’Euregio de l’associer à des manifestations qui se déroulaient à Aix-la-Chapelle et à Maastricht. Toutes trois vont donner naissance à une conférence annuelle internationale baptisée “Biomedica”. « Elle est aussi née d’une volonté commune de générer des synergies entre nos régions dans six domaines, explique Jean-Paul Dispas, de l’Interface Entreprises-Université à l’ULg, à savoir les biomatériaux, les biopharmaceutiques, l’imagerie médicale et la médecine moléculaire, l’instrumentation médicale, l’agroalimentaire, les biotechnologies applicables à l’industrie. » Biomedica est l’occasion pour les chercheurs et des responsables industriels d’ici et surtout d’ailleurs, de se rencontrer, l’objectif pour chacun des partenaires étant de créer une plate-forme destinée à promouvoir l’échange et le partage de connaissances et d’expériences entre chercheurs et industriels de l’Euregio.
La première édition de Biomedica se tiendra les 21 et 22 mars prochain à l’Eurogress d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Plus de 600 invités issus du monde entier, de nombreux exposants et plus de 40 conférences sont au programme de cette manifestation.
Apparus dans la seconde moitié du XXe siècle, les biomatériaux sont devenus des éléments indispensables dans le domaine médical. Citons par exemple les pacemakers, les implants utilisés en chirurgie orthopédique ou dentaire, les membranes à dialyse rénale... « Ces matériaux ont été développés pour préserver l’intégrité et le confort de vie des personnes souffrant de déficiences fonctionnelles graves ou victimes de blessures ou de brûlures », explique Christian Grandfils, chargé de cours adjoint au département des sciences biomédicales et précliniques à l’ULg.
Il est intéressant de noter que l’introduction de ces matériaux dans le secteur clinique relève parfois d’observations très fortuites. « Ainsi la découverte de la biocompatibilité du plexiglas, un matériau de base aujourd’hui utilisé en chirurgie orthopédique, date de la Seconde Guerre mondiale, raconte Christian Grandfils. Un aviateur a reçu un fragment de cockpit dans le genou. C’est au moment de l’extraire que l’on a découvert que cette implantation, non volontaire, ne posait aucun problème de tolérance avec l’organisme. »
Biomatériaux animés
Initialement conçus pour jouer un rôle passif dans l’organisme les biomatériaux actuels sont de plus en plus “animés” en supportant des fonctions aussi complexes que l’audition (cochlée artificielle) ou la vue (vision artificielle).
« Répondant à une grande variété d’applications, ils ne se définissent donc pas par une nature particulière mais par l’usage auquel on les destine. Ils regroupent aussi bien des matériaux issus du génie de l’homme (métaux, alliages métalliques, céramiques, matières plastiques), que des matériaux d’origine naturelle (collagène et chitosane par exemple) », poursuit le chercheur. Aujourd’hui, ces matériaux s’allient de plus en plus avec d’autres composés issus de la biotechnologie, dont certains composés biopharmaceutiques (facteurs de croissance, DNA, etc.) mais aussi avec des cellules souches pour promouvoir la reconstruction d’organes complexes.
Les biomatériaux peuvent être aussi implantés non pas pour demeurer en place in fine mais pour devenir un élément favorisant la reconstruction cellulaire. « Pour l’instant, dans le cas de certains tissus, c’est une réalité clinique. Il existe des traitements de reconstruction de la peau pour les grands brûlés, poursuit le chercheur. Si l’on est encore loin de pouvoir reconstruire des organes aussi complexes qu’un foie, par exemple, les recherches effectuées en la matière n’excluent pas d’y parvenir un jour. »
Samuel Ledoux
| Biomedica est un événement co-organisé par Bioliège, LifeTecAachen-Jülich et Life Science Limburg,
les 21 et 22 mars à l’Eurogress d’Aix-la-Chapelle. Programme complet sur le site www.biomedica2007.com |
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