Echo

Junk city ?

Le projet liégeois de délivrance contrôlée d’héroïne suscite des réactions très négatives chez certains éditorialistes de la presse flamande, qui n’hésitent pas à rebaptiser la Cité ardente “Junk city”. André Lemaître, chargé de cours en criminologie, qui a participé à la rédaction du protocole de suivi médical, tempère les propos et rappelle les objectifs scientifiques du projet auquel l’ULg est associé : deux groupes de cent héroïnomanes ; un suivi médical, social et psychologique très strict ; une évaluation du projet à terme (...). Il s’agit d’améliorer l’état psychologique et physique des patients. Les remettre “en selle” en les aiguillant vers un traitement classique ou en organisant leur sevrage. Face aux critiques, il répond : En matière de santé, peut-on se permettre de refuser une expérience sous des prétextes purement idéologiques ? On avance l’argument “éthique”... Mais est-ce bien “éthique” de laisser la situation en l’état ? (Le Soir, 17/2).

Mixité sociale

Le projet de décret visant à réguler les inscriptions et les changements d’écoles dans l’enseignement obligatoire a finalement été adopté par le Parlement de la Communauté française. L’objectif est de favoriser la mixité sociale de notre enseignement. C’est tout à fait crucial, explique Dominique Lafontaine, professeur au département éducation et formation (L’Echo, 28/2). Ce n’est pas un épiphénomène. Les clivages entre les écoles “ghettos” et les écoles “sanctuaires” sont énormes, à des niveaux les plus élevés au monde, à la hauteur de ce qu’on observait aux Etats-Unis au temps de l’apartheid, où c’était délibéré. Cependant, plusieurs milliers de personnes expriment leur mécontentement contre ce décret et signent des pétitions au nom de la liberté du choix des parents. Je me demande au nom de la liberté de qui, commente Dominique Lafontaine, si ce n’est celle de quelques privilégiés, au mépris de toute solidarité. Sur quoi reposerait la réaction du public ? Des craintes fantasmatiques, je crois, devant la mixité sociale. Or la qualité de l’enseignement ne peut s’améliorer sans mixité sociale. Tel qu’il fonctionne, notre système est complètement paralysé. Autant la coexistence a un effet stimulant, autant l’homogénéisation par le haut n’est pas très avantageuse. Et on y gagne à favoriser des classes hétérogènes. Il n’y a pas de nivellement par le bas ; au pire, il n’y a pas de différences. [Les enquêtes] PISA confirme[nt].

D.M.