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Rwanda Film Festival
En mars 2006, notre ciné-club universitaire organisait durant trois soirées le Congo Film Festival. Un an après, toujours en collaboration avec l’Afrika Film Festival de Leuven, le Nickelodéon nous invite une nouvelle fois à découvrir le cinéma africain en nous proposant plusieurs courts métrages de jeunes cinéastes rwandais.
Ceux-ci sont issus de l’asbl Kemit fondée à Kigali en 2001 et soutenue par la coopération française. Kemit – en langue de l’Egypte ancienne “Afrique” ou “continent noir” – est une ONG dont la volonté est de construire un regard personnel sur la réalité. Kemit crée depuis quelques années déjà des espaces d’expression et de formation de jeunes talents dont des ateliers de réalisation, de montage et d’écriture de scénarios. Il est nécessaire à cette jeune génération de réalisateurs de pouvoir exprimer leur vision du monde, en particulier sur le génocide qui a ravagé leur pays en 1994, mais aussi sur les injustices sociales, la misère, le fléau du sida, etc. Submergé par des images du monde entier, le Rwanda a besoin aujourd’hui de se réapproprier la sienne propre.
Diffusés dans tout le Rwanda, ces courts métrages ouvrent les yeux des Rwandais sur des problèmes trop souvent tabous. De ces projections naissent des débats, des actions concrètes, des questions, des prises de conscience. Les réalisateurs renouent ainsi avec la nécessité première du 7e Art qui, comme le cinéma soviétique des années 20 ou le néoréalisme italien, entend conscientiser et éduquer par le son et l’image.
Parmi les films proposés lors de cette soirée, on épinglera surtout Isugi de Jacques Rutabingwa et Odile Gakire Katese, et le documentaire Goretti, de Diane Igirimbabazi, tous les deux sélectionnés à de nombreux festivals (Amiens, Clermont-Ferrand, Montréal, etc.). Isugi relate l’histoire d’une adolescente hantée par la mort de ses parents lors du génocide et maltraitée par son père adoptif. Goretti est un documentaire sur une jeune fille de 16 ans qui devient responsable de ses cinq frères cadets après la mort de ses parents. On retiendra surtout la sensualité des images et la qualité de la photo.
Christelle Brüll
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