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Combattre l’ignorance, telle semble être la devise du Parlement Jeunesse, une initiative qui nous vient tout droit du Québec. Une simulation parlementaire réalisée par des jeunes entre 18 et 25 ans est organisée là-bas depuis 1949. Chaque année, une centaine de jeunes partent ainsi à la découverte des rouages internes de la démocratie, conformément aux mécanismes et procédures propres au parlementarisme québécois. En 1993, un non-Canadien fut associé pour la première fois à l’événement : c’était un étudiant belge. Cette présence extérieure enrichit les débats et donna des idées à quelques étudiants liégeois. Le Parlement Jeunesse de la Communauté française de Belgique est finalement né et la première législature s’est tenue en février 1997.
Une heureuse initiative, car un paradoxe prévaut dans nos régions : la démocratie qui par essence repose sur le citoyen, lui semble de plus en plus lointaine voire étrangère, ce qui produit souvent un malaise. C’est pourquoi le Parlement Jeunesse organise chaque année une simulation parlementaire exclusivement destinée aux jeunes. Ainsi, ceux-ci peuvent-ils vivre le régime démocratique de l’intérieur et en comprendre le fonctionnement. Ils doivent, notamment, apprendre l’art difficile du compromis tout en faisant preuve de tolérance et d’inventivité.
Pendant les congés de Carnaval, du 18 au 23 février, les 80 participants du Parlement Jeunesse ont confronté leurs points de vue sur quatre projets de décret proposés traitant de sujets d’actualité, souvent controversés. Les débats furent intéressants et parfois passionnés ! « Nous avons pris position pour réglementer la violence dans les médias, encourager les biocarburants et le commerce équitable, et envisager la mise en place d’un enseignement bilingue », témoigne Jean-Yves Pirenne, étudiant en DES administration publique et ancien président de la Fédé.
« C’était aussi le cas lors de la session québécoise, explique-t-il. Durant les vacances de Noël, j’ai eu la chance d’effectuer un voyage sur les rives du Saint-Laurent dans le cadre du Parlement Jeunesse et nous avons par ailleurs accueilli la délégation québécoise au Carnaval comme le prévoit le protocole d’échanges. Ce séjour outre-Atlantique m’a permis de découvrir une société bien plus politisée que la nôtre, ouverte sur le monde, très susceptible sur le chapitre de son identité et toujours sur ses gardes face à l’ogre anglophone. La Belle Province a une culture bigarrée comme la nôtre, mais il y a de nombreuses différences... et pas seulement d’accent ! Le Québec a un système politique très particulier et si les parallèles sont faciles à établir avec la situation belge, rien n’est jamais identique. Pour mon plus grand bonheur, j’y retourne l’année prochaine, avec énormément de choses apprises au cours de ces deux dernières simulations et surtout la volonté de voir de nombreux jeunes s’intéresser de manière positive et curieuse au monde politique. »
De l’intérêt des rencontres pour trouver des solutions originales...
Pa.J
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