3 questions à Jean-Marie Bouquegneau

Le Printemps des sciences

Doyen de la faculté des Sciences, Jean-Marie Bouquegneau est administrateur de l’Embarcadère du savoir.


Photo Jean-Louis Wertz

Le 15e jour du mois : L’inauguration de l’Embarcadère du savoir aura lieu au printemps ?

Jean-Marie Bouquegneau : Le Printemps des sciences, organisé par le Pôle mosan et Réjouisciences, sera en effet la première grande manifestation de l’Embarcadère. Le bâtiment du quai Van Beneden se prête admirablement aux opérations de ce genre et je me réjouis notamment d’accueillir les élèves et le grand public dans les nouvelles salles d’exposition en bord de Meuse. En tout, 2500 m2 seront dévolus à l’événement “Printemps des sciences” qui se tiendra du lundi 19 au dimanche 25 mars et mettra en vedette les “sciences de l’extrême”. De l’exploration de l’Univers à l’observation de l’atome, du langage des abeilles au codage informatique, du très grand froid à la sécheresse... Toutes ces thématiques seront évoquées grâce à des projections de films, à des animations, des ateliers et des témoignages souvent très originaux. Les étudiants de la Haute Ecole Hemes, par exemple, au cœur du musée de Zoologie, proposeront des “Olympiades des animaux” : le plus petit, le plus rapide, le plus éphémère. Des professeurs de la Haute Ecole Vésale feront découvrir la complexité du fonctionnement de la machine humaine, laquelle parvient à s’adapter aussi bien à une traversée d’un désert ou à une randonnée en très haute montagne. Des chercheurs de l’ULg, grâce à des microscopes optiques et électroniques performants, nous convieront à pénétrer à l’intérieur des cellules et des organismes vivants pour y découvrir une grande variété de formes, etc.

La Maison de la science, l’Aquarium et la Maison de la métallurgie et de l’industrie sont également partenaires de cette manifestation qui rencontre un succès croissant : l’an dernier, 5000 élèves ont répondu à l’invitation et 3000 personnes se sont déplacées durant le week-end. Je pense que nous en accueillerons davantage encore cette année, car l’Embarcadère est plus directement accessible que les amphithéâtres du Sart-Tilman et les locaux sont nettement plus vastes.

Le 15e jour : D’autres activités sont-elles prévues cette année ?

J.-M.B. : Trois manifestations vont se succéder dès le mois d’avril dans le cadre de l’événement “Best of nature”, coordonné à Luxembourg. Sept musées de la Grande Région présenteront, simultanément, une exposition sur un thème particulier relevant des richesses de cet espace géographique. A Liège, elles évoqueront tour à tour “les mondes disparus” à la Maison de la science (en collaboration avec le service de paléontologie du Pr Edouard Poty), “les faunes actuelles” à l’Aquarium-museum et “les métamorphoses de la Grande Région, de la matière rouge à la matière grise” à la Maison de la métallurgie et de l’industrie.

Nous avons aussi quelques projets intra muros : la création d’une galerie de l’évolution et d’un espace consacré aux nouvelles techniques de l’information et de la communication, l’ouverture d’une cafétéria, l’aménagement du jardin et l’installation d’un planétarium. Nous réaliserons ainsi une petite “cité des sciences” qui rassemblera en un seul lieu les ressources de l’Université et multipliera les collaborations avec les enseignants. L’idée est de constituer un grand espace muséal, non pas réservé à la seule culture scientifique, mais ouvert à tous : des expositions de peinture, par exemple, trouveront certainement leur place dans nos salles. L’Embarcadère veut à la fois donner le goût des sciences et créer une attraction touristique supplémentaire à Liège. Si le pôle Van Beneden draine déjà 80 000 visiteurs par an, l’Embarcadère devrait en attirer bien plus, d’autant que nous allons multiplier les initiatives et relancer, notamment, les cafés des sciences autour du cerveau en 2007, des énergies fossiles en 2008.

Le 15e jour : Rapprocher la science du citoyen pourrait être le slogan de l’Embarcadère ?

J.-M.B. : Effectivement. Réconcilier la science avec le grand public me paraît essentiel à l’heure actuelle car de très nombreux débats agitent notre société : comment se passer des énergies fossiles tout en maintenant notre qualité de vie ? Faut-il développer les OGM ? Comment appréhender le clonage ? Autant d’interrogations qui intéressent le citoyen et auxquelles nous pouvons – devons – apporter des éléments de réponse. Informer le public pour qu’il puisse prendre part activement aux décisions de demain est certainement l’une de nos missions : restaurer le dialogue entre les citoyens et le monde scientifique en est une autre. Nous avons tout à gagner de pareils rapprochements. Par ailleurs, il faut, je crois, réaffirmer aux yeux de tous que l’argent consacré à la recherche fondamentale est un investissement rentable, très rentable. Plusieurs études montrent que recherche et développement régional vont de pair et l’histoire de Liège nous l’a prouvé à l’envi. A cet égard, en janvier 2008, nous organiserons, en collaboration avec l’université Poincaré de Nancy I, les “Journées Hubert Curien de la culture scientifique et technique”, journées qui donneront la parole – en séance plénière – aux économistes, sociologues et épistémologues sur le sujet. Pour ma part, je vois dans la statue située devant l’Embarcadère, L’envol de la Wallonie, un signe d’encouragement...

 

Propos recueillis par Patricia Janssens