Impressions chinoises

Xi’an, mardi 20 mars 2007


Pol Marchand, Xavier Matagne, Frédéric Delarue

Cela fait maintenant plus d’un mois que nous sommes arrivés à Xi’an (Pol Marchand, Frédéric Delarue et moi). Bien que nous savions que les cours ne débutaient que début mars, nous avons décidé de venir deux semaines plus tôt afin de prendre nos marques dans ce nouveau monde mais aussi pour vivre le réveillon chinois.

Nous sommes ici afin de réaliser notre travail de fin d’études et nous ne suivons qu’un seul cours, en anglais, dispensé par le le Pr Weihong Zhang qui supervise notre mémoire. Une chance pour nous : ce professeur parle français car il a vécu 11 ans à Liège ! On pourrait donc croire que dans le cadre scolaire il n’y ait pas de problème avec la langue mais, le professeur étant débordé, nous sommes encadrés par ses équipes de doctorants. Ils parlent anglais avec un vocabulaire scientifique et technique remarquable, avec un accent tout aussi remarquable… On commence tout doucement à comprendre ce qu’ils disent !

Nous sommes à l’université polytechnique du Nord-Ouest, une des 33 universités de la ville, mais une des plus importantes en nombre d’étudiants : il y en a 42 000. Nous logeons dans l’enceinte de l’université, dans une résidence réservée aux étudiants étrangers. Nos appartements ne sont pas plus grands qu’un petit kot liégeois : néanmoins, ici, le luxe ne se compte pas en mètres carrés mais en nombre de cohabitants. Nous avons chacun notre chambre alors que les Chinois y vivent habituellement à six ou sept.

Bien que peuplée de près de 7 millions d’habitants et très moderne aujourd’hui, Xi’an est peu connue : ce fut pourtant l’ancienne capitale de l’Empire du Milieu et le point de départ de la fameuse route de la soie. Mais d’un point de vue touristique, avant 1974 et la découverte de l’armée de terre cuite composée de 6000 guerriers, il n’y avait rien à voir ici. C’est une énorme ville comme il y en a d’autres en Chine. La modernité est relativement récente et l’intérêt des Occidentaux pour cette ville l’est aussi. On est loin de la popularité de Beijing ou Shanghaï. Pour les habitants, voir des Européens est rare; c’est même un événement. Où que l’on aille, nous sommes dévisagés ; on essaye de nous parler en anglais, on nous demande de poser pour des photos, bref nous sommes des vedettes et cela nous amuse beaucoup.

S’il y a une chose à ne pas rater en Chine, c’est le nouvel an ! Dans la nuit du 17 au 18 février, les Chinois sont entrés dans l’année du cochon. Ici, ces festivités durent au moins une semaine. Elles ont débuté vers le 14 février. Partout en rue, on vendait des feux d’artifice énormes à des prix dérisoires pour les Occidentaux. Tout le monde achète, du plus pauvre au plus riche, du plus jeune au plus vieux. On pouvait s’attendre à ce que ce soit grandiose mais pas à ce point-là ! A partir du 14, on a donc commencé à entendre çà et là quelques pétards à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, et de jour en jour cela s’amplifiait : les nuits étaient infernales. Le jour J, dès le coucher du soleil, cela n’a pas arrêté jusqu’au lendemain matin. Mais c’était sans compter la fête de la lanterne, à la première pleine lune après le nouvel an. En principe, seules les façades des maisons sont décorées de grandes lanternes rouges, mais de nouveaux feux d’artifice ont agrémenté les nuits…

Il est très difficile de faire la cuisine, d’une part parce qu’au supermarché rien ne ressemble à ce qu’on a l’habitude de manger en Europe et, d’autre part, parce que nous sommes 13 à partager la même cuisine : on va donc au restaurant tous les jours, à midi et le soir. Heureusement, les prix sont compétitifs et il est très aisé de trouver des petits restaurants où on ne dépense pas plus d’un euro par personne. Un repas dans le meilleur restaurant de la ville ne coûte que 10 euros : on aurait tort de s’en priver ! On trouve de tout au restaurant, mais les plats sont soit sucrés soit très épicés. Comme aucun de nous ne parle l’idiome local et que les interprètes sont rares, nous recherchons les établissements où les plats sont affichés sur des photos. Le problème, c’est que parfois, c’est un peu comme la vente par correspondance, la photo ne ressemble pas du tout à ce que l’on reçoit. Et lorsqu’il n’y a ni interprète, ni photos, il reste l’imitation…

Des regrets ? Aucun, si ce n’est qu’il ne nous reste déjà plus que quelques semaines…

 

Xavier Matagne
étudiant en dernière année ingénieur civil électromécanicien
(aérospatiale)