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Concours l'Hecine, une concrétisation des cours techniques
Bienvenue au concours l’Hecine, inspiré du célèbre concours d’inventeurs parisien, le concours Lépine. C’est devant un jury exogène et un public de familles et d’amis que de petites grappes d’étudiants de HEC-Ecole de gestion de l’ULg présenteront, ce 18 avril, avec force bouffonneries, des machines de leur invention développées très sérieusement dans le cadre du laboratoire de techniques industrielles. Survivance d’une époque ou cette orientation figurait au tableau d’honneur de HEC Liège, le cours attendait un second souffle. « Ayant eu vent de compétitions entre étudiants canadiens à travers la fabrication de machines à vapeur, j’ai eu l’idée de transposer le concept à notre cours de quatrième année », explique Aude Niffle, responsable des laboratoires des machines, sous l’égide du Pr Pierre Deneye. Chimiste de formation, cette pédagogue atypique n’eut de cesse de répéter son antienne aux étudiants durant presque dix ans, « pour les convaincre qu’ils possédaient un bagage suffisant en sciences pour créer un prototype et mettre en œuvre une bonne idée technologique. »
Pistons et Cie
Le résultat ? Depuis l’année académique 1993-1994, les concepts originaux ont fleuri comme du muguet. Du poulailler “intelligent” – qui prévient le fermier par sms lorsque toutes les poules ne sont pas rentrées le soir –, au vestiaire automatique, en passant par un dispositif berçant les bébés au moindre pleur. Mais beaucoup de ces projets créatifs ayant pour principal dénominateur commun l’utilisation mixte de l’informatique, de l’électronique et de la mécanique n’ont pourtant qu’une vie très éphémère. Car dans la mesure où le petit matériel prêté par l’école (moteurs, pistons, composants électroniques…) doit être récupéré pour servir à leurs successeurs, les prototypes réalisés avec les moyens du bord par les étudiants sont démantelés chaque année. Dommage ! D’autant que « ces projets nous absorbent pas mal et nous prennent beaucoup de temps », souligne Céline, l’une des étudiantes concernées cette année par ce grand maelström créatif.
Souhaitant aller plus loin dans la réalisation des machines, l’équipe HEC a pris contact, en 2004, avec l’Institut Saint-Luc. Un premier pas a été franchi, et une collaboration a vu le jour. S’il en résulte une machine mieux finie au niveau du design, il s’est avéré nécessaire d’enrichir les équipes d’un ingénieur capable de sélectionner les meilleures technologies et de les mettre en œuvre. L’institut Gramme a souhaité apporter sa pierre à l’édifice. A charge des ingénieurs commerciaux de réaliser les business-plans. Les enseignants se frottent, quant à eux, à la collaboration transdisciplinaire.
Pourquoi laisser ce genre d’initiative se désagréger en poussière de comète à l’heure où la Région wallonne, thuriféraire des jeunes qui osent entreprendre, lance sa Start Academy. « C’est un concours important portant sur la démarche de création d’une nouvelle activité, confirme Jean-Claude Marcourt, ministre de l’Economie, de l’Emploi et du Commerce extérieur. Son objectif : ouvrir la perspective d’une création ultérieure d’entreprises à vocation marchande ou non et sans nécessairement avoir l’intention de commencer effectivement l’activité après le concours. Encore une fois, on peut constater que l’esprit d’entreprendre dépasse largement le concept de vouloir “faire de l’argent”. » Joignant ses actes à la parole de son collègue, Marie-Dominique Simonet, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a donc prévu des fonds dans ce sens, pour soutenir le projet pédagogique initié par Aude Niffle.
Machines à sous
3000 euros ont donc été dégagés depuis pour “Fetch Ball” et “Vita 7”, les deux projets retenus cette année. Le premier est une machine à ramasser de façon autonome les balles de tennis, couplée avec une autre qui balaye le terrain (les deux étant séparables). Le second est un distributeur automatique de médicaments pour les personnes dépendantes, avec alarme horaire et envoi de sms en cas d’oubli ou d’alerte. Les étudiants bénéficieront donc de cette manne ministérielle pour aller plus loin dans la mise au point d’un prototype digne de ce nom. « Mais il ne s’agit pas non plus de s’illusionner, conclut la responsable des projets des étudiants. Difficile d’imaginer pouvoir en vivre. Au mieux, on pourrait exploiter la licence future. Mais le plus important demeure d’aller le plus loin possible dans l’esprit d’entreprendre. » Reste à nouer un partenariat avec les séminaristes pour un éventuel miracle…
F.T.
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