Microsys

Un projet original

L’université de Liège s’est investie depuis longtemps dans la reconversion du tissu industriel liégeois par l’introduction des microtechnologies. Le projet Microsys, financé par le Feder et la Région wallonne, permet d’aller plus loin en développant une véritable plateforme d’expérimentation “hands on” largement accessible. Dès le début, le projet ULg – autre originalité – a été conçu comme un complément au volet formation pris en charge par le centre de compétences Technifutur dans le cadre de son projet “Microtechnologies”.

Salle blanche

« L’équipement dont nous avons besoin est donc situé dans la nouvelle extension du bâtiment de Technifutur, précise Michel Saint-Mard, ingénieur de formation et actuel coordinateur du projet Microsys au sein de l’Interface Entreprises-Université. Technifutur développe en effet une nouvelle filière, celle de la microtechnologie, et il nous a paru judicieux d’unir nos efforts et nos capitaux. »

On le sait sans doute trop peu, mais les microsystèmes font désormais partie de notre quotidien. « Le microsystème est un ensemble d’éléments capables de capter des informations (comme une température, un mouvement, etc.), de les traiter en fonction d’un programme et de transmettre le résultat de ce traitement vers le milieu extérieur. Tout cela en étant autonome sur le plan énergétique, explique Michel Saint-Mard. Il peut aussi contenir de l’électronique numérique pour l’interfaçage avec d’autres puces. » Développés dès le début des années 70, les microsystèmes ont été commercialisés au cours de la décennie suivante, notamment dans les accéléromètres des airbags pour automobiles. Depuis lors, ils connaissent un essor constant. « Ils sont à la base des gsm, des cartes bancaires, des PC, etc., précise Michel Saint-Mard. Mais bien d’autres projets industriels dans les domaines de l’aéronautique, de la médecine, de la biologie ou des télécommunications reposent sur eux. »


Inauguration de la salle blanche le 27 avril

Le marché potentiel est immense et la Région wallonne entend faire évoluer notre culture technologique vers ces microtechnologies pourvoyeuses d’emplois à moyen terme. « Développer nos connaissances en la matière et tester les microsystèmes dans des conditions proches de celles de l’industrie sont deux enjeux pour demain », continue Michel Saint-Mard. C’est l’objectif du projet Microsys. Grâce aux financements de la Région wallonne et du Feder, ce projet est né au sein de l’université de Liège en 2005. Une petite équipe de quatre personnes, sous la direction des Prs Jacques Destiné et Albert Germain, vient d’emménager dans les nouveaux bâtiments qui seront inaugurés le 27 avril prochain.

Au cœur du LIEGE Science Park, une salle blanche de 300 m2 – dont 200 pour l’ULg – parfaitement équipée est maintenant disponible pour les chercheurs et les industriels. « C’est un véritable outil de recherche et de développement, poursuit le coordinateur de Microsys. La salle blanche est un environnement où la qualité de l’air est contrôlée, tant pour la température que pour le degré d’humidité ainsi que pour la quantité de particules en suspension. Notre activité est principalement axée sur le prototypage de microsystèmes innovants : toutes les opérations doivent être fiables, ce qui nécessite un environnement parfaitement propre et contrôlé. »

Autonomie énergétique

La recherche s’oriente notamment vers la maintenance intelligente de tout système, avec autonomie énergétique du microsystème. « Dans l’idéal, le microsystème doit pouvoir récupérer l’énergie de son environnement, reprend Michel Saint-Mard. Des travaux en ce sens se mènent actuellement au sein de l’Institut Montefiore et de l’équipe Microsys. » Les regards se tournent donc vers des applications innovantes, chères au cœur des industriels. L’équipe est à leur service pour réaliser prototypes, tests et études particulières.

 

Patricia Janssens

Contacts : tél. 04.349.85.18, courriel M.SaintMard@ulg.ac.be