Cinéma d’animation

Soirée dédiée à Manu Gomez

Ce jeudi 19 avril, le Nickelodéon propose 13 courts métrages d’animation réalisés par le Belge Manu Gomez. Sculpteur, peintre, dessinateur, graphiste, affichiste, décorateur, graveur, enseignant, Manu Gomez est aussi cinéaste. En 25 ans de carrière – et presque autant de films –, le réalisateur d’origine espagnole a réussi à se créer un univers personnel malgré la diversité de ses œuvres.

Manu Gomez est un artiste complet qui aime expérimenter les potentialités de chaque discipline. En deux, trois ou quatre dimensions, il explore le monde du rêve et de l’inconscient en créant sa réalité folle, étrange et curieuse. Chacun de ses courts métrages est une exploration philosophique et formelle, chaque film une expérience différente. Ce qui unifie ses œuvres est donc cette esthétique “patchwork” aimant mélanger les genres et les techniques. Il travaille le cinéma comme une matière, comme un peintre devant sa toile. Le réalisateur colle des prises réelles à des dessins, anime des volumes, manipule des photos, torture les corps et les visages. Les gravures s’animent (Phalloctère, Sans titre), les matières se meuvent (Kinemarnor où il se risque à faire animer un bloc de marbre !). On y décèle l’influence de la bande dessinée, des ombres chinoises, de la photographie ; on y retrouve son admiration pour les esprits de la Renaissance comme Léonard de Vinci, etc. De ces collages surréalistes et de ces entremêlements visuels surgit une œuvre protéiforme, foisonnante et truffée d’ingénuité.

Pour Manu Gomez, le cinéma d’animation reste le meilleur moyen d’allier des formes expérimentales à un contenu quelque peu subversif. Ainsi, on peut assister à une version raccourcie d’Ubu d’Alfred Jarry où les personnages ne sont autres que des morceaux de viande associant la guerre à une vaste boucherie. Chez Gomez –, les trois petits cochons sont trois popotins et le petit chaperon rouge est devenu vieux et noir. Souvent moqueur, Manu Gomez – qui vient, dans un tout autre genre, de terminer un long métrage de fiction –, titille nos sens et notre intellect.

Provocante, scatologique, littéraire, intellectuelle, farfelue, scélérate, fantastique, insolite, amusante, agaçante, passionnante : autant d’adjectifs et de raisons d’aller (re)découvrir cette œuvre unique en son genre.

 

Christelle Brüll

 

Jeudi 19 avril à 19h30, salle Gothot, place du 20-Août 7, 4000 Liège.
Pour le reste de la programmation du Nickelodéon, consultez l’agenda ou rendez vous sur le site www.desimages.be/nickelodéon/