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Du 26 au 28 avril se tiendra dans nos murs un colloque international intitulé “La traduction, et après ? Ethique et professions”. « Cela fait plusieurs années que je pensais renouveler l’expérience d’une rencontre de traducteurs afin qu’ils puissent partager leurs expériences, confie Christine Pagnoulle, enseignante de littératures anglaises et de traduction. Les 20 ans de la création d’un troisième cycle en traduction à l’université de Liège et les modifications qui vont intervenir dès septembre 2007 offrent une bonne occasion. »
Culture et interprétation
C’est en effet en 1987-1988 qu’a été ouverte une “maîtrise en traduction” (à l’époque un troisième cycle) dans ce qui était alors encore la “philologie germanique”, aujourd’hui section de langues et littératures modernes. La formation s’appellera par la suite DES (diplôme d’études spécialisées). Suite aux modifications de structure introduite par le Décret de Bologne, les troisième cycles disparaissent et la traduction devient une finalité du diplôme de deuxième cycle (master) en langues et littératures modernes (à côté d’une finalité didactique, c’est-à-dire l’agrégation du secondaire supérieur, et d’une finalité approfondie, où l’étudiant choisit l’un ou l’autre module plus pointu comme les études de genre ou les études postcoloniales). Pour que la formation en traduction reste ouverte à un plus large public, des séminaires seront organisés le samedi, et cette formation continuée, complémentaire aux enseignements de deuxième cycle, sera accessible à tous.
A côté d’un aspect “bilan”, perceptible uniquement dans la participation de diplômés qui peuvent aujourd’hui faire état d’une belle expérience professionnelle dans des domaines aussi variés que le Tribunal pénal international de La Haye, la gestion de projet en localisation, la traduction au sein du Parlement, le colloque a comme point d’ancrage la question de l’éthique en traduction. « L’éthique est fort à la mode actuellement, concède Christine Pagnoulle, mais c’est un aspect qui a toujours pris une grande place dans mes cours. » Le traducteur peut-il, voire doit-il, améliorer la qualité d’un texte ? Lui faut-il interpréter la pensée de l’auteur ? Quelle est sa part d’intervention dans le transfert culturel ? Comment rendre une spécificité culturelle mal connue ? Autant de questions auxquelles les traducteurs sont régulièrement confrontés. « La décision que prendra le traducteur dépend de toute une série de facteurs, mais ne peut être déterminée par son humeur ou sa formation spécifique. »
A bâtons rompus
Débats, exposés et tables rondes accueilleront, du 26 au 28 avril, étudiants, jeunes diplômés, traducteurs confirmés et personnalités internationales dans le domaine des études en traduction. « Nous attendons un public assez varié, nous dit Christine Pagnoulle, entourée par ailleurs d’un comité organisateur efficace. Les intervenants viennent de Genève, Belfast, Paris, Londres et même de Jamaïque. Les points de vue et expériences seront donc diversifiés. » Des présentations de logiciels d’aide à la traduction auront lieu simultanément dans les locaux du Centre d’informatique de philosophie et lettres (CIPL). Malgré des journées bien remplies, l’organisatrice a voulu ménager des temps de pause permettant des débats plus informels et des contacts à bâtons rompus. Elle nous précise que la collation de midi sera cuisinée et apportée par une asbl d’aide à l’insertion professionnelle n’utilisant que des produits bios : un colloque qui devrait donc être éthique jusqu’au bout des fourchettes…
Sophie Fafchamps
Le colloque “La traduction, et après ? Ethique et professions” se tiendra le 26 avril à la salle académique, les 27 et 28 avril au Théâtre universitaire. Contacts : tél. 04.366.54.38, courriel cpagnoulle@ulg.ac.be |
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