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La prolongation de la crise politique réveille les sentiments d’appartenance identitaire. Surtout pro-belge dans la partie francophone du pays. Les symboles de l’unité nationale, à commencer par le drapeau noir-jaune-rouge, fleurissent aux fenêtres. Des pétitions sont lancées spontanément par les citoyens sur internet. Les forums et courriers des lecteurs dans la presse, sur les blogs, … regorgent de messages appelant à l’union des Belges, flamands, bruxellois et wallons.
On est dans l’émotif, décode Marc Jacquemain, sociologue des identités contemporaines à l’ULg. On vit un moment de dramatisation. Ce qui alimente le sentiment qu’il y a danger pour la Belgique. Dans ces cas-là, deux réflexes possibles : la passivité – mais c’est proche du suicide – ou la réactivité. Les gens qui sortent leur drapeau réagissent (Le Soir, 28/9). Quand un groupe se sent menacé, poursuit Benoît Dardenne, professeur de psychologie sociale à l’ULg, il resserre les liens. Ses membres cherchent à montrer qu’ils sont fiers d’appartenir à un groupe. Une réaction de panique aussi ? Les Wallons, contrairement aux Flamands, ne construisent pas leur identité contre l’identité belge, mais en parallèle, analyse Marc Jacquemain. Ils ont le sentiment que, s’il n’y a plus de Belgique, il n’y a pas de Wallonie de rechange. Ils ont peur de se sentir orphelins de leur cadre de vie.
Patrick Italiano, également chercheur en sociologie des identités contemporaines, ajoute cependant que si l’on peut considérer le Wallon plus “belgicain” que le Flamand, la grande différence est que l’identité wallonne est surtout plus apaisée. Elle est moins dans une logique d’opposition ou de revendication. L’identité flamande est plus dans la compétition et le combat (Vers l’Avenir, 21/9).
D.M.
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