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La journée inaugurale de l’école doctorale thématique en sciences sociales de la Communauté française de Belgique, coorganisée par les trois Académies, s’est tenue le 12 novembre dernier à la salle académique.
Il n’y a pas de secret : la réussite de cette journée est due à l’exceptionnelle entente des chercheurs en sciences sociales (sociologues, anthropologues, démographes et spécialistes du développement) des trois Académies et non pas de la simple injonction d’un tout récent décret. Elle repose sur une longue maturation intellectuelle, liée à la grande qualité des relations de travail développées depuis des années entre les collègues. En 1995 déjà, le groupe de contacts FNRS “Action organisée” avait rassemblé les sociologues des organisations et du travail (il est aujourd’hui devenu une des colonnes vertébrales de l’école). Le programme “Migrations” a réuni des collègues qui travaillent ensemble depuis des années, notamment via une solide insertion dans les réseaux européens, et le DEA interuniversitaire du développement regroupe aussi ceux qui œuvrent dans cette structure commune depuis quelques années.
Structurée autour de trois thématiques, la journée inaugurale a jeté les premières bases de l’ensemble des questions qui seront approchées lors des séminaires. Celle de la finalité d’abord. A quoi “servent” finalement la sociologie, l’anthropologie, la démographie ? Celle de l’indispensable construction d’une “bonne” communauté épistémique en sciences sociales ensuite. Comment résister aux pressions extrêmement fortes qui viennent d’autres savoirs qui s’emparent de la direction et la gestion du changement social ? Celle du lien entre la première thématique (épistémologique) et la deuxième (politique) enfin. Quel est l’apport spécifique d’une école doctorale en sciences sociales sur le plan universitaire, et même au-delà, sur la scène intellectuelle et politique ?
A moyen terme, une nouvelle étape se profile : l’implication dans l’école doctorale transfrontalière de Lorraine s’appuyant sur une tradition d’échanges et des synergies avec nos collègues de Metz et de Nancy. Cette initiative, qui s’inscrit dans la suite du décret de Bologne, vient à son heure. Elle rappelle que, dans le contexte des mutations cruciales de ce début de siècle, les sciences sociales ont des réponses à donner à ce que d’aucuns appellent la “crise”. De plus en plus de voix reconnaissent heureusement que les réponses ne sont pas seulement technologiques ou économico-financières, mais sont surtout sociales et culturelles. Ainsi, si les pôles de compétitivité sont une des clés du nouveau développement de la Wallonie, la question centrale est celle des nouveaux partenariats public-privé, du changement des cultures professionnelles, des nouvelles formes d’organisation. Si les migrations inquiètent certains de nos contemporains, nous savons aussi que l’invention d’une société multiculturelle constitue un réel enjeu pour permettre de nouvelles avancées démocratiques. Si la globalisation ne veut pas être malheureuse, les relations avec les pays du Sud réclament de nouvelles attitudes culturelles.
Consciente de ces enjeux fondamentaux, la communauté des chercheurs en sciences sociales entendait mettre ces questions au centre de ces réflexions. C’est chose faite avec le programme de l’école doctorale. Un programme doublement interdisciplinaire. En interne d’abord : les sciences humaines sont caractérisées par une pluralité de paradigmes et la nécessité d’une confrontation interne est évidente. Et puis il y a l’interdisciplinarité externe, et nos programmes ont associé à la réflexion des philosophes, des juristes, des économistes, des historiens. A mon sens, l’élément clé des années à venir est bien là : construire une interdisciplinarité active. C’est le réel défi intellectuel pour les années à venir : inventer ensemble les chemins de cette transversalité heuristique.
Olgierd Kuty
professeur à l’Institut des sciences humaines et sociales
Nos sociétés de modernité avancée ne cessent de confronter l’entreprise, et plus généralement l’organisation, à des contraintes et des opportunités nouvelles : globalisation de l’économie, nouvelles technologies, société de la connaissance, émergence des pouvoirs supranationaux, exigences du développement durable. L’entreprise est donc appelée à repenser son action, adapter ses stratégies, redéfinir le champ de ses opérations, perfectionner ses instruments financiers, expérimenter de nouvelles formes d’organisation, de nouveaux systèmes de contrôle et de responsabilisation des ressources humaines. À l’évidence, il existe des relations nécessaires entre ces divers changements, en sorte que chaque organisation présente une combinaison spécifique de spécialisation et d’intégration des départements, fonctions, domaines de compétences qui la constituent. La recherche en gestion affronte un défi analogue : elle doit viser une spécialisation aussi poussée que possible des domaines de recherche tout en préservant un minimum d’intégration des connaissances, de partage d’expériences, de confrontation des objets et des méthodes de recherche afin d’éviter le cloisonnement des modèles et des savoirs.
L’Ecole doctorale en sciences de gestion mise sur pied conjointement par l’ULB (Solvay Business School), l’ULg (HEC-Ecole de Gestion) et l’UMH (faculté Warocqué) a pour ambition d’offrir une formation poussée, conforme aux standards internationaux les plus exigeants, combinant maîtrise des théories et des méthodes, innovation, réflexion critique, travail de groupe et démarche personnelle. Le programme s’organise autour d’un principe général, celui de la création de valeur dans un monde en voie de globalisation, cette création de valeur s’envisageant dans les divers domaines de la gestion : la stratégie, la finance, le marketing, la production, les systèmes d’information, l’organisation, les ressources humaines, etc. Il satisfait ainsi à cette condition essentielle de spécialisation et d’intégration des connaissances. Il fait l’objet d’une agréation par le FNRS.
Il comporte d’une part un tronc commun destiné à garantir un socle uniforme de compétences, à favoriser la connaissance entre doctorants et la confrontation des modèles, des questions de recherche et des méthodes et, d’autre part, un programme de spécialisation composé de classes avancées et d’ateliers thématiques dans chacune des six orientations de la gestion : commerce international et développement, finance et comptabilité, systèmes d’information, supply chain management et méthodes quantitatives en gestion, marketing et stratégie; ressources humaines et organisation, innovation et entrepreneurship.
Bilingue français/anglais, le programme privilégie l’ouverture internationale, l’excellence et l’innovation scientifiques ainsi que la publication dans des revues scientifiques. La priorité à l’ouverture internationale est notamment marquée par une politique de partenariat privilégié avec certaines institutions étrangères : Meteor, l’Ecole de recherche de la faculté d’économie et de Business Administration de l’université de Maastricht, l’IAE de Lille, université de Lille 1, l’UFR de gestion de l’université de Paris I-Panthéon-Sorbonne.
Les doctorants bénéficieront de cette formation commune en s’inscrivant dans l’une des trois universités partenaires.
François Pichault
professeur à HEC-Ecole de gestion
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