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Un film de Todd Haynes, 2007, Etats-Unis, 2h15.
Avec Cate Blanchett, Richard Gere, Charlotte Gainsbourg, Christian Bale, Ben Wishaw, Michelle Williams,
Julianne Moore, etc.
A voir aux cinémas Churchill et Le Parc
Six personnages, six acteurs, six âges de la vie de Bob Dylan, icône américaine insaisissable. Dylan tantôt poète, prophète, hors la loi, imposteur, comédien, martyr. Dylan tantôt Arthur Rimbaud, Woody Guthrie ou Billy the Kid. I’m not there est aussi difficile à résumer que la vie de Bob Dylan. C’est pourquoi Todd Haynes nous propose une fiction kaléidoscopique pour tenter de s’approcher au plus près de la vérité ou plutôt d’une vérité : celle d’un personnage aux multiples facettes. Ce qui caractérise la biographie de Bob Dylan, ce sont ses changements humains et artistiques. On connaît tous le Dylan figure de proue du mouvement folk des années 60 aux propos politiques et sociaux contestataires. On connait déjà moins le Dylan androgyne nihiliste égérie du pop art et de l’underground (ici, interprété par Cate Blanchett). Mais connaît-on le fervent défenseur du christianisme qui, dans les années 70, se met à composer du Gospel-rock ? Ou encore l’homme qui vit à l’écart du monde, se passionnant pour le western et la country ?
C’est donc loin de tout préjugé que Todd Haynes nous dépeint la vie d’un homme qui, comme les Beatles à cette époque, a incontestablement influencé la musique du XXe siècle et l’évolution culturelle. I’m not there est le titre d’une chanson de Bob Dylan. Une chanson mythique jamais commercialisée qui évoque la célèbre affirmation de Rimbaud “Je est un autre”, leitmotiv du film.
A chaque âge son atmosphère. Esthétiquement, Todd Haynes parvient à passer de l’ambiance colorée des années sixties à un noir et blanc pour marquer la spirale quasi hystérique dans laquelle s’enfonce Bob Dylan : d’un réalisme informatif pour les années 80 à la nature vierge pour les périodes d’exil. Nous assistons donc à l’enchevêtrement de plusieurs vies qui se mélangent, faisant d’une citation de Dylan lui-même l’adage du film : « Lorsque passé, présent et futur s’entrelacent, il y a très peu de choses qu’on ne soit capable d’anticiper. »
Même si le réalisateur n’a jamais rencontré Bob Dylan qui vit actuellement reclus, I’m not there est le seul film qui ait reçu son autorisation. I’m not there est loin d’être un film destiné uniquement aux fans du chanteur. C’est une fiction avec un bon scénario, une réalisation remarquable et des acteurs accomplis. La reprise de ses chansons par des artistes contemporains, tel Sonic Youth, donnera d’ailleurs certainement l’envie aux plus jeunes de (re)visiter l’œuvre de cet artiste incommensurable.
Christelle Brüll
Si vous voulez remporter une des dix places mises en jeu par le 15e jour du mois et l’asbl Les Grignoux, il vous suffit de téléphoner au 04.366.52.18,le mercredi 19 décembre, de 10 à 10h30, et de répondre à la question suivante : sur l’ensemble de sa carrière, combien d’albums Bob Dylan a-t-il sortis ?
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