Faire entendre sa voix

Nouveau président à l’Association des professeurs de l’ULg


Photo: ULg-TILT
Christian Hanzen

Le Pr Christian Hanzen, de la faculté de Médecine vétérinaire, a été élu en octobre dernier président de l’Association des professeurs de l’ULg (APr-ULg). Comme il l’a écrit à ses collègues, « il est des fonctions qui ne se briguent ni ne se refusent... ». Rencontre avec un professeur qui ne manie pas la langue de bois.

Le 15e jour du mois : Vous pardonnerez l’insolence, mais à quoi sert l’Association des profs ?

Christian Hanzen : A mon sens, elle doit être un lieu d’échanges et de disputatio constructive où chacun vient faire état de l’avancement des réflexions des groupes de travail ou de discussion auxquels il participe et recevoir en retour les avis de ses collègues. L’Association des professeurs de notre Maison veut être un organe de réflexion et de promotion de valeurs, à savoir l’attachement aux trois missions fondamentales de l’Université (recherche, enseignement et service à la communauté), la défense de l’esprit critique, l’encouragement à l’engagement citoyen, etc. Il me semble que l’on devrait entendre plus souvent la voix des professeurs en interne comme en externe, à travers le Conseil académique en particulier mais aussi de façon plus informelle par l’intermédiaire de l’Association des professeurs.

Le 15e jour : Faire entendre sa voix ? A quels propos ?

Ch.H. : Les sujets ne manquent pas. Ne devrions-nous pas, collectivement, prendre position sur la question du numerus clausus en faculté de Médecine ? Ou sur le “tirage au sort” infligé aux étudiants français qui veulent poursuivre des études chez nous ? La charte qui fonde notre association considère en effet qu’un enseignant universitaire doit susciter et prendre part aux débats démocratiques dans son Institution et à l’extérieur. L’APr-ULg défend la liberté académique et l’exercice de l’esprit critique qui lui est attaché. En outre, le corps enseignant a la responsabilité collective de développer un esprit critique et argumenté auprès des étudiants de l’université.

Le 15e jour : Combien de membres compte l’Association ?

Ch.H. : 208 à l’heure actuelle. C’est trop peu, d’autant que pour beaucoup l’adhésion à l’association se réduit à payer son obole ! C’est évidemment insuffisant, ce qui oblige les membres du bureau à se pencher sur nos forces et nos faiblesses. J’ai contacté les associations de professeurs des autres universités afin de voir comment ceux-ci s’organisent. Je crois notamment que notre rôle est aussi de veiller au climat de convivialité et de solidarité entre tous les membres de l’ULg et à l’ouverture de l’Institution par les échanges d’étudiants et d’encadrants avec d’autres universités. A l’image de certains de mes prédécesseurs, je plaide aussi pour davantage de “méritocratie”. C’est pourquoi je souhaiterais la création d’un prix de l’innovation pédagogique dont les modalités seront collégialement définies. Par ailleurs, il ne peut y avoir d’enseignement de qualité sans évaluation de qualité. Il me semble intéressant dans un premier temps d’investiguer les méthodes d’évaluation des savoirs, savoir-faire et savoir-être au sein de notre Alma mater.

Le 15e jour : Question d’image ?

Ch.H. : Notamment. A l’heure actuelle, il me semble qu’il y a encore un trop grand écart entre ce que nous sommes et l’image que nous avons dans la société. C’est d’ailleurs une question que je souhaite soulever lors de l’accueil des nouveaux membres du corps académique le 14 décembre prochain.

 

Propos recueillis par Patricia Janssens