Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°98. Novembre 2000.

 

Également dans ce numéro





Trois questions à Guy Quaden

L’euro dans la tourmente

*Professeur extraordinaire en politique économique à l’université de Liège et gouverneur de la Banque nationale de Belgique, Guy Quaden est à la fois un homme de réflexion et d’action. De prestige et de simplicité. Il nous livre ses impressions sur l’euro, l’Europe et l’heureuse croissance en Belgique.

Le Quinzième jour : La monnaie unique européenne fait beaucoup parler d’elle depuis quelques semaines. Sa faiblesse est pointée du doigt. Les discours d’un côté rassurants, de l’autre alarmants s’enchaînent et s’annulent. Quel regard portez-vous sur cette situation et sur l’euro tout particulièrement ?

Guy Quaden : Ce n’est pas l’euro qui est faible, mais son cours de change, sa valeur externe. La valeur interne de l’euro est stable car l’inflation est faible. C’est une distinction importante. L’économie européenne se porte bien, la croissance est soutenue et le chômage diminue globalement. Cet environnement favorable a, notamment, été apporté par la monnaie unique. Mais dans ce tableau positif, il y a effectivement cette “déception” : la valeur de change de l’euro, donc sa valeur externe, est faible. Cette faiblesse a l’“avantage” de soutenir les exportations de la zone, mais a comme inconvénients d’être facteur d’inflation et de risquer d’ébranler la confiance des épargnants et investisseurs. Se pose alors la question du “pourquoi ?”. Tout d’abord, on constate des mouvements de capitaux qui vont de l’Europe vers les Etats-Unis, où les taux d’intérêt sont plus élevés et la croissance, pour l’heure, plus attrayante pour les investisseurs. Ensuite, l’euro est encore une monnaie virtuelle, qui manque de visibilité.

Le Q. J. : Concrètement, que faut-il donc faire pour “changer” les choses ?

G. Q : Rendre la zone euro plus attractive en sensibilisant les investisseurs à la valeur intra-européenne de l’euro et aux perspectives de croissance de la zone. Plus largement, je suis de ceux qui pensent qu’en Europe, il faut des réformes économiques, mais aussi politiques. Car l’Europe n’a pas encore de visage. Dans l’histoire, on constate que la plupart des unions monétaires sont allées de pair avec des unions politiques. En Europe, cela n’a pas été de soi. L’Europe politique est en effet encore loin. Le récent refus d’adhésion du Danemark l’a encore démontré. A ce sujet, et contrairement à ce que j’ai parfois pu lire, le “non” danois n’a pas eu d’énormes répercussions sur l’euro. Quand l’union politique sera plus profonde, la monnaie européenne s’en portera mieux.

Guy Quaden

Guy Quaden (Photo F. Denoël)

Le Q. J. : Et la Belgique, comment se porte-t-elle ? Et le baromètre des “fameux” critères de Maastricht, dont on ne parle plus beaucoup, est-il au beau fixe ?

G. Q. : La Belgique est aujourd’hui dans une situation d’équilibre budgétaire. C’est déjà très bien car cela veut dire que la dette publique n’augmente plus. Dans ce contexte de croissance, des excédents budgétaires pointent leur nez. Ils doivent d’une part servir à réduire la dette publique, d’autre part à réduire la pression fiscale et/ou à accroître les dépenses. Concrètement, trois choses importantes. Premièrement, réduire la dette publique est la meilleure façon de payer les autres dettes, comme les pensions. Deuxièmement, la diminution de la pression fiscale et para-fiscale ne peut se faire et se poursuivre que dans le cadre d’un budget équilibré. Troisièmement, il est devenu nécessaire de procéder à des investissements publics, qui ont été quelque peu délaissés ces dernières années de vache maigre. Pour terminer avec les critères de Maastricht, il convient de rappelera que ces critères étaient établis pour rentrer dans l’union monétaire. Ils ont été nécessaires à notre pays dans la mesure où ils nous ont obligé à remettre de l’ordre dans nos finances publiques. Ce n’est pas pour cela qu’une fois entrés, les pays “peuvent faire ce qu’ils veulent” à nouveau. Il y a aujourd’hui le pacte européen de stabilité et de croissance. En gros, tous les pays membres doivent, dans un contexte conjoncturel normal, présenter chaque année un budget à l’équilibre.

Propos recueillis par Alain Vaessen


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Vendée Globe

*L’ULg participe au Vendée Globe. Ce tour du monde à la voile en solitaire conduira 24 vieux loups de mer dans le grand Sud pour saluer les trois caps avant de revenir, si tout se passe bien, au point de départ : les Sables-d’Olonne. Parmi eux, Patrick de Radiguès, à bord d’un bateau dont l’hydrodynamique à géométrie variable a été testée dans le bassin de carènes de l’ULg, un des plus performants d’Europe, dirigé par le Pr Jean Marchal. La pire ennemie du skipper est la solitude : chaque concurrent devra y faire face durant au moins 110 jours. Nous pourrons encourager Patrick -- qui a promis de donner régulièrement de ses nouvelles -- via le web sur le site http://www.spiritofbelgium.be

Patrick de Radiguès, à bord d’un bateau dont l’hydrodynamique à géométrie variable a été testée dans le bassin de carènes de l’ULg

Patrick de Radiguès, à bord d’un bateau dont l’hydrodynamique à géométrie variable a été testée dans le bassin de carènes de l’ULg

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La science perce les secrets de l'art

*Le Groupe interdisciplinaire d’archéométrie de l’université de Liège applique les techniques les plus pointues des sciences exactes pour l’étude des oeuvres d’art et des monuments. Une collaboration plutôt inattendue.

Créé en 1998, le Groupe interdisciplinaire d’archéométrie a pour objectif d’étudier les monuments et oeuvres d’art à l’aide de techniques telles que la radiographie, la dendrochronologie, la spectrométrie Raman, le Pixe, etc., lesquelles permettent d’en reconstituer la genèse pas à pas.

Radiographie réalisée par Frédéric Snaps. Détail : visage de B. Soler

Radiographie réalisée par Frédéric Snaps. Détail : visage de B. Soler (P. G.)

Triple mission pour l’archéométrie

Ce groupe se compose d’historiens de l’art, d’historiens et d’archéologues, mais aussi de physiciens et de chimistes qui conjuguent leurs talents au service de l’art. Premier objectif : diagnostiquer l’état de conservation d’une oeuvre. Cet examen permettra de détecter les effets parfois dévastateurs du temps et de guider d’éventuels projets de restauration. Deuxième objectif : l’expertise scientifique. Celle-ci précisera notamment l’authenticité de l’oeuvre, l’époque à laquelle elle a été réalisée, son attribution à un artiste, son identification comme un original ou une copie. La dernière mission pour l’archéométrie consiste, selon Dominique Allart, porte-parole du groupe et chargée de cours en histoire de l’Art et Archéologie, « à inviter au renouvellement de la réflexion dans le domaine des sciences historiques ». En d’autres termes, découvrir la manière dont une oeuvre ou un monument a été conçu et réalisé permet de rendre compte des moyens et des connaissances auxquels les artisans et bâtisseurs avaient accès à l’époque. Ces renseignements viennent alors compléter les connaissances des historiens.

Montage des radiographies réalisées par Frédéric Snaps sur la Famille Soler de Picasso

Montage des radiographies réalisées par Frédéric Snaps sur la Famille Soler de Picasso (1903, Musée d’art moderne et d’art contemporain de la ville de Liège). (P. G.)

Applications et techniques

Les techniques sont nombreuses et diverses. Citons entre autres la radiographie qui offre la possibilité d’étudier la structure interne d’une oeuvre et d’y repérer des restaurations, l’imagerie numérique qui permet de visionner un objet dans ses trois dimensions, la dendrochronologie qui permet de dater une oeuvre en bois, etc. L’archéométrie s’applique à toutes les productions artistiques : monuments, tableaux, manuscrits enluminés, pièces de verre, vitraux, statues, etc. Ainsi, les recherches du laboratoire liégeois se sont aussi bien portées sur le vitrail de Léon d’Oultres à la cathédrale Saint-Paul que sur le mur d’enceinte du temple de Karnak en Egypte... Et le groupe n’hésite pas à travailler sur des oeuvres plus récentes selon les demandes.

Grâce à cette étroite collaboration entre art et science et au constant progrès technologique, l’archéométrie ne cessera de nous plonger au coeur même des oeuvres d’art afin de nous y faire découvrir les mystères de leur création.

L'Equipe aux côtés de Dominique Allart

(Photo F. Denöel)

Stéphanie Noël

Premier colloque interdisciplinaire d’archéométrie de l’université de Liège sur “L’étude des peintures anciennes par les méthodes de laboratoire”, du 16 au 18 novembre 2000, au Vertbois à Liège.
Dans le cadre de ce colloque et du cycle de conférences “Sciences et culture”, une conférence intitulée “Examens et analyses non destructives des oeuvres du patrimoine. Exemples récents du Centre de recherche et de restauration des musées de France au Louvre” sera animée par Jean-Pierre Mohen, directeur de ce centre. Cette conférence, ouverte à tous, aura lieu ce jeudi 16 novembre 2000 à 20 heures, à la Maison de la Science, 22, quai Van Beneden.
Site du colloque http://www.ulg.ac.be/ipne/archeo/colloque.html
La Famille Soler radiographiée

Révélation : la radiographie du tableau effectuée à Liège (service de Fr. Snaps) a montré comment la toile avait été modifiée une première fois par un certain Sebastia Junyer Vidal et une seconde fois par Picasso lui-même. Soler, tailleur et ami de Picasso, avait passé commande au peintre. Cependant, le résultat ne plaît pas au tailleur qui décide, contre l’avis de Picasso, de remplacer le fond neutre de la toile par un décor forestier... Plus tard, l’oeuvre fut récupérée par le marchand attitré de Picasso et celui-ci décida de redonner à cette toile son aspect originel...

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Formation décalée mais pragmatique

*Au premier abord, ce qui distingue les futurs étudiants de la nouvelle licence en sciences de gestion de l’entreprise à horaire décalé, c’est une tenue vestimentaire s’inspirant du cliché du jeune cadre d’entreprise. On est ici plus proche du costume deux pièces que du tee-shirt au col fatigué. Et seules quelques rares barbes poivre et sel viennent égayer les rangs de mentons glabres, libérés de leur cravate.

Mais outre ces spécificités d’allure, nos économistes pragmatiques laissent transparaître des préoccupations plus directement liées à la perspective d’un avancement professionnel. Comme ce cadre inférieur d’un complexe cinématographique liégeois conscient de la nécessité d’étoffer son bagage académique pour accéder plus sûrement à de plus hautes fonctions. L’objectif de cette nouveauté de l’année académique en cours est clairement avéré : offrir une formation mieux adaptée aux besoins d’un public majoritairement engagé dans la vie professionnelle.

Cette licence, en relation directe avec le nouveau décret de la Communauté française, s’adressera plus particulièrement aux étudiants désireux d’exploiter la filière dite des passerelles. « Dans la majorité des cas, les candidats issus de l’enseignement de type court gagneront une année et bénéficieront d’un programme modulaire et fractionnable », explicite Bernard Jurion, doyen de la faculté d’Économie, de Gestion et de Sciences sociales (FEGSS). Entre autres moyens adaptés, les futurs licenciés auront en effet la possibilité de réaliser chaque année en deux, en ne payant globalement (à 2 ou 3000 francs près) qu’un seul droit d’inscription. Une volonté de flexibilité que l’on retrouve dans les horaires panachés offrant le loisir de choisir entre les modules de jour et les modules du soir.

Formation décalée 
mais pragmatique

Forte de 20 années d’expérience en la matière, la faculté d’économie, de Gestion et de Sciences sociales continue également à organiser les formations complémentaires, continues et de troisième cycle. Un panel d’études à horaire décalé qui semble trouver un écho favorable du côté des directeurs des ressources humaines d’entreprises interrogés qui relèvent, chez les diplômés concernés, « une perception plus large et plus complète sous l’angle de la gestion, une meilleure implication dans le métier avec une évolution positive dans la carrière ou une vision plus générale de la fonction ». Des résultats qui ne manqueront pas de motiver les futurs candidats.

F. T.

Contacts : faculté d’économie, de Gestion et de Sciences sociales, tél. 04.366.31.71, e-mail egss.fchd@ulg.ac.be, site http://www.sig.egss.ulg.ac.be.fchd/ ou http://www.eaa.egss.ulg.ac.be

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Pour une université “ouverte”

*Il existe à l’ULg un service qui accompagne les étudiants en situation de handicap. L’objectif est de leur permettre de suivre un cursus dans les meilleures conditions possibles. Catherine Daise, coordinatrice du service, fait le point.

Se rendre aux cours, prendre des notes, passer des examens, travailler en bibliothèque sont des tâches anodines pour certains, mais très complexes pour d’autres qui, à cause d’un handicap, doivent dépenser plus d’énergie, de temps et d’argent. L’an dernier, huit étudiants ont été suivis par le Service d’accompagnement de la personne en situation de handicap (SAESH). Il s’agissait, pour la plupart, de personnes handicapées moteurs ou sensoriels.

Pour une université “ouverte”

Accessibilité, oui mais encore...

Les membres de la communauté universitaire entretiennent souvent des représentations très réductrices du handicap. Ils pensent, par exemple, que le handicap moteur ne cause que des problèmes d’accessibilité. Or, un rythme plus lent, des problèmes d’expression orale ou écrite apparaissent parfois. Ils oublient aussi que pour les étudiants malentendants, le français est souvent une seconde langue après le langage des signes. « Les étudiants en situation de handicap visuel, outre leurs difficultés à prendre des notes, sont également confrontés aux problèmes d’accessibilité. » Catherine Daise insiste sur le caractère ouvert de son service : « L’appellation du service mentionne la “situation de handicap” plutôt que l’“être handicapé” car nous voudrions que tout étudiant en situation particulière de difficulté puisse se sentir concerné et prendre, s’il le souhaite, contact avec nous. » Un accompagnement ponctuel (comme lors d’une hospitalisation) est notamment possible.

Des adaptations matérielles (ordinateur, écran-loupe, rampe d’accès, etc.), didactiques (interprète, enregistrement, syllabus) et temporelles (délai supplémentaire pour les travaux, fractionnement du cursus...), ajustées aux besoins spécifiques de chaque personne, sont nécessaires. Cependant, faciliter l’accès de l’Université d’une façon générale apparaît aussi important. Noms des salles en braille, boutons-poussoirs placés plus bas, logements étudiants adaptés : « Ces mesures affirmeraient une position concrète d’ouverture par rapport aux diverses situations de handicap. »

Comme un “relais”

Le service d’accompagnement agit comme un relais. Il accompagne mais ne prend pas en charge au sens propre l’étudiant : celui-ci reste le principal acteur d’intervention. Trop souvent, les adaptations sont perçues comme une faveur. Or, constate Catherine Daise, « on demande aux professeurs de maintenir leur niveau d’exigence. On ne leur demande pas de privilégier l’étudiant, mais d’admettre certains adaptations ». Il s’agit de supprimer un désavantage social. C’est ainsi que l’on a privilégié un travail en réseau « pour que l’intégration fasse partie du projet institutionnel » : contacts interpersonnels entre étudiants, professeurs et assistants mais aussi collaborations entre les différents services universitaires (service social étudiant, service orientation, Cellule Emploi, service logement, service guidance, Royal cercle athlétique étudiant, etc.). Le service de Catherine Daise entretient également des relations avec des organismes spécialisés extérieurs à l’Université, notamment pour les adaptations techniques, le soutien psychologique et les thérapies diverses.

Issu du service de psychologie et pédagogie de la personne handicapée de Jean-Jacques Detraux, le service d’accompagnement est né en 1996 sous l’impulsion d’étudiants en situation de handicap inscrits à l’ULg. C’est un service jeune et qui manifeste toujours son envie d’apprendre. « Au niveau de l’accueil et de l’accompagnement, conclut la responsable, nous avons beaucoup à apprendre des universités flamandes et françaises, qui ont une expérience d’une vingtaine d’années. Non pas pour recopier leur système à l’ULg mais pour remettre en question notre manière de voir les choses... »

Julie Mensier


Contacts : Catherine Daise, Service d’accompagnement des étudiants en situation de handicap, attaché au service de psychologie et de pédagogie de la personne handicapée, FAPSE, tél. 04.366.22.26, e-mail C.Daise@ulg.ac.be

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Pleins feux sur la langue de Molière

*Wallon, picard ou normand. Argot, rap ou verlan. Durant six mois, le français s’accommode à toutes les sauces en direct de Bruxelles, Lyon, Québec et Dakar. Demandez le programme !

Depuis le 27 septembre et jusqu’au 14 janvier prochain, en simultané avec les villes de Lyon, Québec et Dakar, Bruxelles accueille une grande exposition sur la richesse et la diversité de la langue française. “Tu parles ! ? Le français dans tous ses états” - c’est son nom -, audacieusement orchestrée par l’écrivain et scénariste belge Bruno Peters (commissaire de l’exposition), s’est implantée à l’Espace Méridien, juste en face de la gare centrale. Sur un parcours de 2000 m2 jalonné d’enregistrements sonores, de montages audiovisuels et d’outils multimédias et interactifs, l’exposition dévoile toute la vitalité du français à travers ses accents, ses particularismes et sa musicalité.

Ludique, elle veut montrer que la langue de Molière ne se définit pas seulement par sa grammaire ou sa conjugaison. « Il s’agit de rassurer le francophone de Belgique sur sa propre langue, fait remarquer Jean-Marie Klinkenberg, professeur à l’ULg et membre du comité scientifique de l’exposition, car quand on parle de langue française, tout de suite on pense à une matière scolaire, alors que la langue est notre principal moyen de promotion personnelle. »

Une exposition conçue comme un cheminement qui serait une sorte de traversée de la langue

Une exposition conçue comme un cheminement qui serait une sorte de traversée de la langue. (Photo Intégral Concept)

Voyage au bout de la langue

Pour Joël Benzakin, membre de l’asbl “Encore... Bruxelles”, co-organisatrice de l’événement, « l’exposition a été conçue comme un parcours en quatre grands mouvements qui serait une sorte de traversée de la langue ». Tout commence par “Le couloir de Babel” qui introduit le visiteur dans l’univers organique du foetus, passant progressivement d’une atmosphère sonore cacophonique à l’univers des langues et enfin au grand continent du français, que le nouveau-né peut distinguer d’une autre langue dès son quatrième jour. Arrive ensuite l’école, les premiers contacts avec l’écriture. C’est l’apprentissage de l’alphabet, de l’orthographe et de la narration qui, par contes et histoires, façonne rapidement l’imaginaire de l’enfant.

La deuxième étape fait arrêt sur l’histoire du français. Ici, on entre dans le domaine de l’écriture pour y faire, d’écrit en écrit, le cheminement de la langue depuis ses balbutiements originels jusqu’à son établissement définitif en lieu et place du latin pluriséculaire. Occasion de montrer la sacralisation opérée par le dictionnaire dans l’usage de la langue. Clin d’oeil aux formalistes et autres puristes.

A mi-chemin, le visiteur circule en tous sens dans l’espace de la francophonie. Sur un mur, la phrase de Cioran admoneste : « On n’habite pas un pays, on habite une langue. » L’explorateur du langage se fond alors dans le royaume de la voix et de ses infinies variations. Sur des télévisions suspendues, des timbres d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Europe font résonner toute leur sensibilité à travers leurs inflexions particulières. Bruits de conversations de bistrots ou de dialogues de salons de coiffure.

C’est quand qu’on va où ?

La dernière étape fait escale sous le signe de la création. Petite pièce où le visiteur est placé face à un écran à partir duquel il peut voir et communiquer avec les personnes présentes dans les trois autres villes d’exposition, “Le Labylogue” émerveille tous les esprits. Enfin, l’acheminement vers la sortie est l’occasion d’une promenade en compagnie des “créateurs dans la langue”. Hommage à Hugo, Yourcenar, Gainsbourg et Devos, sans oublier le langage de la rue ...

« T’as entendu schtroumpfer d’cette expo toi ? Ouais, ’paraît kss’est hyper nialgé ! ! Il faut que nous y allâmes... euh... que nous y allions... non!... euh... Caisse qui dit ? ? ? Il dit kss’est 250 francs pour les adultes et seulement 150 balles pour les étudiants. Wouaaaw ! C’est donné... ? »

Jérémie Detober


“Tu parles ! ? Le français dans tous ses états”, à l’Espace Méridien, rue du Marché aux Herbes 116, 1000 Bruxelles, tél. 02.513.02.77, e-mail infos@encorebruxelles.org, site http://www.encorebruxelles.org. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 à 18h.

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Ciné-club Nickelodéon

Le Héros sacrilège

*En opposant l’individu particulier à sa destinée de classe, Kenji Mizoguchi, le maître du septième art japonais, décrit d’un oeil scrutateur et impitoyable une société fermée et hiérarchisée qui sacrifie l’épanouissement personnel sur l’autel des faux semblants. On est pourtant loin d’un pessimisme fataliste. Il s’agit au contraire de mettre en avant un personnage révolté qui entre en conflit avec l’absurdité des contraintes sociales. Comme dans L’Intendant Sansho et Les Amants crucifiés, la révolte est d’autant plus belle qu’elle est inutile.

Le Héros sacrilège

Le Héros sacrilège. Shin Heike monogatari, Japon, 1955, couleur, 93 min. Réal. : Kenji Mizoguchi. Scén. : Yoshikata Yoda et Masashige Naruzawa. Int. : Raizo Ichikawa (Kiyomori), Michiyo Kogure (la mère), Yoshiko kuga (la fiancée), Naritoshi Hayashi etc.
Séance : 23 novembre 2000.
Les projections ont lieu tous les jeudis à 19h30, à la salle Gothot, place du 20-Août.
Contacts : tél. 04.366.56.04


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Ces plantes qui nous font du bien

*Jusqu’au 30 juin 2001, l’Observatoire du monde des plantes ajoute à la variété de sa flore une exposition sur les plantes médicinales. Beaucoup d’entre elles sont connues et utilisées depuis l’Antiquité. Mais on ignore souvent qu’aujourd’hui encore elles restent le premier réservoir de nouveaux remèdes.

Un voyage en Amazonie, un périple dans la garrigue, une escale en plein désert et autres escapades originales, voilà ce qu’offre, depuis quatre ans déjà, l’Observatoire du monde des plantes. La nature y a fait son nid. Elle profite du moindre espace, s’accroche à l’architecture du lieu pour finalement révéler au visiteur une profusion de quelque 2500 variétés de plantes, arbres et arbustes répartis dans quatre serres qui sont autant de microclimats. S’y sont glissées, depuis peu et jusqu’en juin prochain, 60 plantes thérapeutiques aux vertus le plus souvent ignorées. L’exposition, surprenante et captivante, veut insister sur le caractère vital que cette flore représente pour nous dans la mise au point de médicaments.

Ces plantes qui nous font du bien

Elles se défendent bien, et nous en profitons

Bien sûr, la tradition orale a assuré la transmission d’un savoir, parfois très précis et très élaboré, sur les bienfaits de la flore. Cette relation homme-plante, quasi originelle, s’est étoffée au fil des générations. Peu à peu, et même si relativement peu de plantes nouvelles ont été exploitées, les connaissances ont évolué et l’on a commencé à synthétiser leurs substances actives. La pharmacopée humaine continue d’utiliser directement 20 000 des 400 000 espèces répertoriées.

La plupart du temps, la substance active est issue du “métabolisme secondaire”, qui permet aux plantes de développer des stratégies de défense contre les prédateurs et compétiteurs (poisons, odeurs désagréables, substances irritantes, etc.), ainsi que des processus d’attraction des pollinisateurs (phéromones, parfums, nectars, etc.). Parmi les milliers de molécules produites par ce métabolisme, l’homme sélectionne celles qui lui permettent de se défendre contre les agressions des autres organismes vivants pathogènes (champignons, bactéries, virus etc.) ou de corriger ses propres troubles métaboliques.

À titre d’exemple, la pervenche de Madagascar est précieuse contre la maladie d’Hodgkin (cancer des ganglions) ainsi que dans le traitement des leucémies aiguës. Sa synthèse chimique a modifié la perspective de survie de 5 % avant 1970 à 60 % aujourd’hui. Celle-ci côtoie dans la serre tropicale l’ananas et le cocotier utilisés dans le cas de problèmes musculaires ou cutanés.

Le savoir des saveurs

Mais cette balade au coeur de la nature n’est pas enrichissante seulement sur le plan du savoir; murmure de l’eau et diffuseurs d’huiles essentielles de thym, ylang-ylang, camphre, etc., ont aussi des vertus apaisantes. Tout invite le visiteur à laisser s’émoustiller ses sens. Nous sommes loin ici de l’exposition traditionnelle rébarbative, mais bien dans un véritable microcosme vivant où chacun, dépassant ses a priori, est à même de mieux appréhender ce lien si étroit entre plantes et médication.

Nous invitant aussi à réfléchir sur les destructions sauvages des forêts équatoriales qui nous privent d’une source de matière première essentielle dans la mise au point de futurs médicaments, l’OMP nous encourage également à la prudence face aux dangers que représentent de mauvaises utilisations de la flore (risque de toxicité ou de contamination) car si la médecine par les plantes est efficace, elle n’est pas uniquement une thérapie “douce”.

Si vous désirez vous échapper quelques heures du stress quotidien, laissez-vous surprendre par les superbes serres de l’Observatoire du monde des plantes.

Vinciane Pinte et Pablo Bogaty

Exposition du 20 septembre 2000 au 30 juin 20001, à l’Observatoire du monde des plantes, bât. B77, Sart-Tilman. L’Observatoire est ouvert toute l’année de 9h30 à 17h, les WE et jours fériés de 13 à 18h. Accès gratuit pour les étudiants de l’ULg. Tél. : 04.366.42.72. Site : http://www.ulg.ac.be/omp/

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Picasso à l'ULg

Pas beau Picasso ?

*Concluant un cycle intégré dans la dynamique de l’exposition Picasso à l’îlot Saint-Georges, François Mühlberger, jeune licencié en histoire de l’art et archéologie, spécialiste en iconographie, a choisi d’axer l’une de ses conférences sur la Famille Soler, tableau appartenant à la ville de Liège. “Le Picasso de Liège, entre tradition et modernité”, voilà un titre qui, sous un aspect purement formel, pourrait bien remettre en question certains a priori globalisants à l’égard des toiles de Pablo Picasso, résolument définies comme avant-gardistes et anticonformistes.

Se plaçant sous un angle purement iconographique, il apparaît que cette oeuvre de la période bleue fait preuve, en réalité, d’un classicisme flagrant. L’on peut en effet établir, quant aux thèmes ou sujets choisis, un parallélisme évident entre la Famille Soler et les tableaux de certains maîtres anciens admirés par Picasso. « Ce qu’on peut démontrer grâce à l’iconographie, c’est que des éléments classiques se retrouvent de siècle en siècle. En dépit de la volonté de rupture de certains peintres avec le style de leurs prédécesseurs, ils les respectent néanmoins dans la composition des sujets », relève François Mühlberger.

Dans cette optique, le tableau détenu par la ville de Liège ressemble de manière assez évidente au Déjeuner sur l’herbe de Manet, voire plus encore au Portrait de famille de Cornélis De Vos, trois siècles auparavant. Or le tableau, réalisé en pleine période bleue, préfigure la période cubiste, finalement plus révolutionnaire que le surréalisme.

Loin de vouloir semer le trouble, l’analyse de François Mühlberger trouve sa justification dans l’histoire de l’oeuvre, réalisée en 1903. Il s’agit d’une commande de Benet Soler, tailleur de son état, en contrepartie de services vestimentaires rendus. En cette circonstance, il eût été malvenu de déformer les visages d’une famille fort peu ouverte aux excentricités de la peinture.

F.T.

Conférence le mercredi 22 novembre, à 20h, auditoire Gothot, place du 20-Août, 4000 Liège.
Site : http://www.ulg.ac.be/picasso/conferences/

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From University to a biotech start-up

*Comment stimuler la création d’entreprises de biotechnologies à partir des universités ? Deux manifestations d’envergure étaient consacrées à ce thème, preuve de sa vitalité.

Pendant des milliers d’années, les humains ont profité des capacités des organismes vivants de manière empirique : yogourt, bière ou fromage sont le résultat de biotechnologies. Mais, depuis 1953 (découverte de l’ADN, structure générale qui compose les gènes), les scientifiques n’ont cessé de décoder tout le processus complexe du vivant afin de trouver de nouvelles substances capables notamment de diagnostiquer rapidement de nombreuses maladies à partir d’une simple prise de sang, de repérer ou de détruire des agents infectieux, de dégrader certains agents polluants.

Le mot “biotechnologies” désigne en fait l’utilisation des cellules vivantes - qu’elles soient animales, végétales, même à l’état de micro-organismes - dans des processus industriels, y compris les fractions subcellulaires qui en dérivent. C’est une suite de techniques qui utilisent la biologie à un stade ou un autre. Des progrès notables furent ainsi réalisés en médecine, pharmacologie, agriculture ou encore au niveau des contrôles de qualité de l’alimentation et de la préservation de l’environnement.

Du chercheur au producteur

Dès 1980, l’université de Liège a joué un rôle de pionnier dans le développement des biotechnologies en Europe. Elle compte maintenant près de 500 chercheurs qui investissent des domaines aussi variés que la génomique animale et végétale, l’ingénierie des protéines, l’enzymologie, la toxicologie, la médecine vétérinaire, la biologie végétale, le traitement des eaux et des déchets, etc. Ce secteur connaît aujourd’hui une forte croissance (proche de 25% en Belgique en 1998-1999) dont l’évolution montre qu’il sera une importante source de création d’emplois et de richesses au XXIe siècle. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de constater que parmi les 24 spin-offs de l’ULg en activité, 13 le sont dans le domaine des biotechnologies. Deux spécialistes du domaine renforcent aussi l’Interface Entreprises-Université qui, en collaboration avec Gesval s.a. et Spinventure s.a., contribue efficacement à cet essor.

Aux Etats-Unis et en Europe, le développement du secteur se manifeste par la création de nombreuses PME innovantes. Certaines d’entre elles se sont lancées dans l’exploitation de ces nouvelles connaissances sous forme de procédés industriels.

Entrepreunariat

L’enjeu crucial de notre proche avenir repose donc sur la capacité des entrepreneurs à transformer leurs innovations biotechnologiques en produits commerciaux. Le deuxième séminaire de bio-entrepreneurship, intitulé “From University to a biotech start-up”, leur était consacré le 24 octobre à l’ULg; il était organisé par la BBA (Belgian Bioindustries Association), l’Interface Entreprises-Université de l’ULg et BioLiège, le pôle biotechnologique de notre Institution.

Des spécialistes des biotechnologies et de la création d’entreprises, mais également des entrepreneurs ont eu l’occasion de débattre de ce sujet devant un grand nombre de participants. Quant au Pr Michel Delorme (associé au Pr Paul Beaulieu) de l’université de Québec, il a fait part de son désir de collaborer avec l’ULg, notamment au sein du centre de recherche créé par Pierre-Armand Michel et Georges Hübner, professeurs à l’Ecole d’administration des affaires. Ce centre à dimension internationale, focalisé sur les aspects managériaux de l’industrie des biotechnologies, aura pour mission de développer les connaissances scientifiques et stratégiques sur la gestion des entreprises, sur la gestion des transferts de technologies et sur la dynamique des grappes d’activités industrielles des bio-industries.

Dans le même sens, le potentiel scientifique et économique des zones de l’Euregio Meuse-Rhin a fait l’objet d’une conférence (“LifeSciences in the Euregio Meuse-Rhine”) le 9 novembre à Jülich (Allemagne), à l’initiative de l’Euregional Working Group Technology Transfer, dont l’Interface Entreprises-Université est un membre actif.

Le succès de ces deux événements majeurs a démontré, si besoin en était, la dynamique actuelle des biotechnologies.

Patricia Janssens


Site : http://www.interface-ulg.com/BioLiege/

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Peter Praet à l’ULg

*Le 23 novembre prochain, Peter Praet, ex-chef de cabinet du ministre fédéral des Finances et depuis peu directeur de la Banque nationale de Belgique (BNB), donnera une conférence à l’université de Liège, sur le thème “Culture européenne, Economie mondiale : un défi pour les wallons ?”

Peter Praet s’exprimera ainsi devant des étudiants et représentants des entreprises sur notre façon de réagir face à l’innovation technologique et aux nouvelles tendances des affaires, en s’attardant sur les données macro-économiques de nos régions. Il y expliquera également pour quelle(s) raison(s) l’Europe suit les Etats-Unis et de quelle(s) façon(s) on peut innover davantage. Il conclura en positionnant l’entreprise européenne dans l’actuel contexte de globalisation.

Peter Praet aura la privilège de présenter une vue qui est à la fois celle de l’entrepreneur, de l’entreprise et de l’économie. Considéré comme un des plus brillants économistes belges, il a en effet été amené à assumer successivement le poste de Chief Economist au sein de la Fortis Banque, puis celui de chef de cabinet au ministère des Finances. Cette fonction lui a permis de contribuer activement au projet de réforme fiscale et à la préparation des réunions de l’Euro-groupe. Habitué des cénacles internationaux, de la Commission européenne et du Fonds monétaire international, enseignant à l’ULB, il vient d’être nommé directeur de la Banque nationale de Belgique.

Cette conférence, organisée conjointement par la faculté d’Economie, de Gestion et de Sciences sociales de l’ULg et l’Union wallonne des entreprises liégeoises (UWEL) est gratuite et ouverte à tous. Elle se déroulera le 23 novembre prochain à 18h30 au Sart-Tilman, dans l’auditoire de Méan (parkings 15 et 16).

A.V.

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Les absents ont toujours tort

*L’université de Liège se trouve au coeur de l’Aipu, une association internationale qui entend promouvoir la réflexion sur la pédagogie dans l’enseignement supérieur. Rencontre avec Michel Delhaxhe, son secrétaire général.

À l’issue de la troisième édition du bal de l’ULg, les contempteurs de l’an passé n’avaient pas manqué de se métamorphoser en thuriféraires. Et pour cause... Autant l’avouer d’emblée, l’événement fut une incontestable réussite aux dires des 4500 rescapés qui bravèrent efficacement la grève des bus, les affres des 24h de Louvain-la-Neuve et la perspective d’un lendemain de cours un peu nébuleux .

Nous eûmes droit à une folle sarabande, cornaquée par le Recteur himself, qui eut vite fit d’adopter les allures d’une colonie de pingouins dopée à l’EPO. Willy Legros, par ailleurs danseur virtuose aux dires de la co-présidente du Bal (Marie-Noëlle Charlier, pas flagorneuse pour un sou, était sa cavalière pour l’ouverture), ne cachait pas sa satisfaction : « La gestion de l’événement par nos étudiants ne cesse de s’améliorer. L’on voit qu’on a affaire à de vrais universitaires soucieux de faire toujours mieux sans hésiter à se remettre en question. D’ailleurs, les personnalités présentes pour nous soutenir prouvent l’intérêt d’une telle manifestation qui pourrait bien devenir LE bal de la ville de Liège. »

La troisième édition du bal de l’ULg

(Photo Ch. Gauder)

Une réaction prise sur le vif qui nous démontra avec force arguments que sa légendaire sympathie pouvait se muer en une franche... bonne humeur que d’aucuns esprits espiègles attribueront, à tort (il va sans dire), à une consommation plus qu’honnête... de jus d’orange. Devant les excellentes prestations du DJ et du groupe “Wall Street”, la convivialité était donc à la hausse.

Et lorsque la catalepsie se substitua insidieusement à l’esprit festif, l’heure vint de regagner cahin-caha le moelleux réconfortant de sa couette en pensant, selon sa paire chromosomique, aux bâillements coquins des décolletés affriolants ou à ces torses masculins dénudés un peu gauchement sous les feux de la rampe. Bref, à l’ineffable poésie de l’an prochain.

F. T.


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Valérie et David tiennent les rênes de la Fédé

*La Fédération des étudiants a de nouveau une direction bicéphale. Valérie Kupper et David Straet, deux étudiants en droit de 22 ans, prennent en effet les commandes pour l’année académique nouvelle. Deux personnalités enthousiastes qui se complètent bien.

« C’est l’aspect associatif de la Fédé et les projets intéressants que proposent les différents cercles qui la composent qui nous ont attirés », explique David. Brun aux yeux vifs, il déambule entre les locaux du rez-de-chaussée... pour se replonger dans ses dossiers. Pour lui, le domaine de l’enseignement prime. Structuré, prolixe, plutôt nerveux, il s’exprime : « Je veux créer une commission pour relancer la réflexion sur les problèmes rencontrés par les étudiants tant au sein de l’Université - engagements pédagogiques, évaluation des enseignements - qu’au niveau communautaire - vers une politique générale pour un enseignement de qualité et une plus grande liberté d’accès (bourses, numerus clausus). La Fédé est ouverte à toute problématique universitaire; elle est à l’écoute de tous les étudiants. Je crois que les étudiants n’y pensent pas assez. »

Deux sourires à la tête de la Fédé

Deux sourires à la tête de la Fédé (Photo F. Denoël)

Blonde, la silhouette fine, Valérie est absorbée par plusieurs documents. Posée, souriante et compréhensive, elle répond efficacement à toutes les sollicitations. « L’avantage de la co-présidence, c’est non seulement une certaine répartition des tâches mais entre nous, il y a une réelle complémentarité d’intérêts. La présidence est aussi un moyen de faire entendre notre voix dans les hautes sphères de l’Université. » Elle voit plutôt le versant culturel de notre vie estudiantine via les projets comme le passeport Opthémus ou le Bal de l’Université. « Il faudrait réduire le fossé qui existe entre les étudiants d’une part, et de l’autre, les autorités académiques. La Fédé donne la possibilité de créer des liens, de rapprocher tout le monde, même si, malheureusement, nous ressentons une certaine étanchéité entre la Fédé et les étudiants. Pourtant, il faut le savoir, la Fédé permet aux étudiants d’être écoutés grâce à ses nombreux représentants qui siègent dans les différentes organisations de gestion de l’Université. »

Alors, si vous avez des projets à réaliser, des problèmes au sein de l’Institution ou simplement des questions qui vous brûlent les lèvres, n’hésitez plus : des oreilles sont là pour vous écouter !

Marilyn Mahy

Contacts : Fédé, tél. 04.366.31.99 site http://www.student.ulg.ac.be/fede/

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Livres à coeur ouvert, les yeux fermés

*« Pardon. Désolée, je dois encore passer. » Pas évident de se frayer un chemin dans les allées étroites de la bouquinerie de la Croix-Rouge, surtout avec une pile d’un demi-mètre de livres et revues sur les bras. Imperturbable, le monsieur se colle contre le rayon “Histoire”, me laisse passer, les yeux toujours rivés sur son livre. La concentration est de mise dans les petites pièces de la bouquinerie. Certains scrutent lentement les rayonnages à la recherche de la perle rare. D’autres tournent et retournent les pages d’un ouvrage, le posent, le reprennent, relisent quelques pages, puis se décident. D’autres encore savent très bien ce qu’ils cherchent, comme cette jeune fille qui, pour un travail scolaire, a besoin d’un livre qui n’est plus édité. Les derniers emportent frénétiquement tout ce qu’ils trouvent; ils découvriront leurs achats plus tard. « De toute façon, à ce prix-là, pourquoi se priver ! »

Apparemment, ils furent nombreux à trouver leur bonheur lors de la grande bouquinerie de la Croix-Rouge des 20, 21 et 22 octobre derniers, puisque plusieurs milliers de livres, du polar de poche au livre d’art, ont trouvé acquéreurs. Une aubaine pour ces acheteurs, bouquinistes, amateurs, étudiants ou simples curieux, qui trouvent quantité d’ouvrages variés à partir de 20 francs. Une opération réussie pour le service des bibliothèques de la Croix-Rouge de la province de Liège, qui gère une centaine de bibliothèques en hôpital, en maison de retraite, en prison ou à domicile : grâce aux fonds récoltés lors cette vente, elles améliorent leur infrastructure et peuvent acquérir des livres neufs, des livres à grands caractères plus adaptés pour les personnes dont la vue est déficiente, des cassettes audio, mais aussi des livres pour enfants. Raison de plus pour ne pas se priver d’aller jeter un coup d’oeil à la bouquinerie, ouverte toute l’année. C’est aussi un bon plan pour les étudiants qui veulent se constituer à coût mini une maxi bibliothèque de référence de livres très classiques, qu’ils soient en français ou dans une autre langue.

C.E.


La bouquinerie est ouverte toute l’année, les mercredis et vendredis, de 13 à 17h, et le premier samedi du mois, de 9 à 12h, à l’Institut de chimie-métallurgie du Val-Benoît. Si vous désirez donner un coup de main bénévole pour la distribution des livres dans les hôpitaux et maisons de repos, contactez Valérie Bellot au 04.366.90.05 ou 06.

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