Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°99. Décembre 2000.

 

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Carte blanche

L’espace, une construction sociale

*Le métier d’anthropologue consiste à rendre familier un sujet exotique, ainsi que le contraire. Dans cette perspective, les chercheurs du Laboratoire d’anthropologie de la communication (LAC) sont actifs sur des terrains aussi divers que les campus universitaires, l’espace urbain, les lieux touristiques, les musées, etc.

L’intérêt commun de l’équipe du LAC est la perception de l’espace, abordée par l’analyse de la construction sociale des frontières et la création des identités liée à ce processus, mais aussi par la relation de l’homme avec l’espace public et privé, ainsi qu’avec les animaux de compagnie.

Dans cette optique, le LAC a reçu, les 18 et 19 novembre, des scientifiques venus des quatre coins de la planète pour discuter du thème de la construction sociale de l’espace. Rod Watson, professeur à l’université de Manchester et titulaire de la Chaire Francqui à l’ULg pour l’année 1996-1997, était l’invité spécial de ces deux journées d’études.

L’approche transdisciplinaire de la perception de l’espace s’est avérée extrêmement riche et variée. Dans les différentes sessions, le thème était aussi bien abordé par la théorie que par des études ethnographiques et ses déclinaisons furent hétéroclites. La question “quand un espace devient-il un lieu ?” fut très débattue, mais d’autres sujets comme le refuge dans l’espace virtuel tel que les web sites personnels, l’espace public qui recrée une ambiance faussement intime comme dans les cinémas, l’utilisation des GSM dans les trains ou encore la correspondance amoureuse par un système de cartes postales publiées dans les journaux, illustraient la théorie. Une conclusion récurrente s’imposa : manifestement, le comportement social moderne a une tendance paradoxale à vouloir vivre la proximité à distance.

Laboratoire d’anthropologie de la communication

Laboratoire d’anthropologie de la communication

Les discussions autour des attentes des “consommateurs” de l’espace public ont été prises au sérieux aussi bien par les géographes et les anthropologues que par les urbanistes, intervenants ou participants. La diversité des points de vue s’est révélée particulièrement fructueuse sur le plan des échanges scientifiques et a souligné l’importance d’intégrer pour le politique les différentes logiques environnementale. : l’une, basée sur la relation d’ordre économique (avec une perception à court terme des conséquences pour l’environnement) et l’autre, axée sur une écologie politique qui pense l’espace à moyen voire à long terme. L’anthropologie - de par sa capacité de “traducteur culturel” entre le savoir formel et le sens commun, entre le scientifique et “l’expert du quotidien” qu’est l’homme de la rue - trouve ici un rôle important pour l’intégration sociale.

Si ce séminaire a permis de réaffirmer des contacts scientifiques existants et d’en nouer de nouveaux, il a aussi mis en évidence l’efficacité de la mise en commun des efforts de chaque discipline au profit de l’action concertée. Et, last but not least, l’expérience d’un séminaire bilingue (sans traduction simultanée !) sert à ouvrir les yeux de beaucoup d’étudiants sur l’utilité d’une bonne maîtrise de l’anglais pour se situer dans le champ scientifique international.

Tomke Lask


Tomke Laske est anthropologue et directrice ff du LAC.
Voir également le site http://www.ulg.ac.be/lac

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La citoyenneté passe aussi par le folklore

*Pas de vie universitaire sans folklore. C’était déjà vrai au Moyen Age ; ça le reste plus que jamais aujourd’hui. Les étudiants liégeois en soulignent les vertus intégratrices, même si des incompréhensions ou des impatiences ont pu surgir ici et là ces derniers temps. Que la fête continue... !

« Demain, veille de la Saint-Nicolas, il pourrait bien s’organiser, comme les années précédentes, des réunions de jeunes gens qui, dans l’intention de se livrer à des amusements de mauvais goût et nuisibles au commerce, parcourent les rues en faisant du tapage nocturne punissable par la loi. Désireux de leur épargner des désagréments, je prends la liberté de vous priez [sic], Monsieur l’administrateur, de faire prévenir les élèves de l’Université, par l’organe de Messieurs les Professeurs, que la police a reçu des ordres sévères pour réprimer le renouvellement de pareils actes, et de les engager à s’abstenir d’y prendre aucune part dans la soirée de demain. »

Cette lettre du 4 décembre 1843, émanant du commissaire en chef de la police liégeoise, montre à suffisance que les mises en garde des autorités à l’égard des débordements engendrés par la Saint-Nicolas et autres festivités estudiantines ne datent pas d’hier. Traditionnelles en cette fin d’année, les réjouissances dédiées au patron des étudiants viennent d’égayer le centre-ville. Une certaine fatigue semble néanmoins poindre du côté des choeurs dont la vaillance tend à faiblir d’année en année. Le folklore étudiant serait-il à bout de souffle ?

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(Photo : F. DENOËL)

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(Photo : F. DENOËL)

Les baptêmes en question

Côté baptêmes, c’est loin d’être le cas. Certains y voient un rite de passage salutaire : lorsqu’on a vocation d’être médecin ou vétérinaire, par exemple, rien de tel pour surmonter ses peurs que de se laisser asperger d’hémoglobine ou d’explorer allègrement les tripes de nos frères inférieurs. D’autres, tout en étant conscients de la dimension ludique du cérémonial, sont nettement plus réservés quant à sa fonction sociale. « Avilir pour avilir, affirmer le pouvoir des anciens sur les plus jeunes, estime Pol-Pierre Gossiaux, professeur d’anthropologie des systèmes symboliques, ça n’a rien d’un véritable rite de passage, lequel a pour mission de transformer la psychè de l’individu et de l’intégrer ainsi dans le groupe. Dans les baptêmes d’étudiants actuels, le caractère rituel est resté certes, mais son contenu en est absent : c’est une enveloppe sans lettre. »

Et pourtant, face au rouleau compresseur de l’uniformisation sociale et du stress croissant lié au mode de vie actuel, les rencontres festives ont un rôle éminemment positif. C’est là qu’on décompresse et qu’on relativise les problèmes. C’est là aussi que, la convivialité aidant, se transmettent d’année en année les “trucs et ficelles” susceptibles d’apaiser des angoisses intempestives, voire d’assurer une bonne réussite. C’est là enfin que, loin des services officiels d’aide que l’Université propose et qui ont évidemment leur utilité, s’exerce plus souvent qu’on ne le croit une tutelle de la part d’étudiants à peine plus âgés, parrainage qui pour être informel n’en est pas moins extrêmement précieux. Sait-on, par exemple, que des visites de Liège et de ses monuments les plus représentatifs sont organisées en début d’année académique par les “anciens” - de licence principalement - à l’intention des “bleus” ?

« En Philo et Lettres, entre autres, ils doivent apprendre les chants facultaires et le répertoire paillard. On les invite aussi à pratiquer une forme de “common sense” indispensable à la fête, se réjouit Quentin le Bussy, étudiant en première licence histoire. Il est interdit, par ailleurs, d’en venir aux mains. Ces pratiques contribuent donc à la création d’un lien social et à l’intégration au sein de l’Université et de la ville. Pourtant, à la différence des cercles et de la Fédé reconnus par les autorités, les comités de baptême occupent une place marginale. »

Saint Nicolas est liégeois

Les opinions sont moins tranchées dès qu’on évoque la Saint-Nicolas, fleuron de la tradition liégeoise. Simple guindaille à l’origine, avant tout au sein des cercles d’étudiants catholiques, elle ne tarde pas à prendre de l’importance dès le début du siècle pour finalement devenir aujourd’hui la fête que l’on sait. Qui ne se souvient en effet de la légendaire générosité de l’évêque de Myre ? Des collectes de la soif dans les rues de Liège ? Et du cortège, bruyant et haut en couleurs, caracolant en ville au nez et à la barbe du bourgeois qu’il s’agissait d’épater et qui avait le don d’enluminer la trop longue grisaille hivernale ? On aurait mauvaise grâce de reprocher aux jeunes générations leur volonté de perpétuer ces chaleureuses coutumes. Et le héraut de la spontanéité festive, délégué au folklore en Philo et Lettres, de poursuivre sur un ton convaincant : « La Ville et l’Université veulent bien de nous quand nous faisons vivre le secteur horeca, occupons les kots et payons nos droits d’inscription, mais elles préfèrent que nous restions sages... »

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(Photo : F. DENOËL)

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(Photo : F. DENOËL)

« Cachez cette penne que je ne saurais voir... » ?

Quant aux débordements imputables aux dernières éditions de la Saint-Nicolas et de la Saint-Torè, il convient là aussi de relativiser le diagnostic. « Pas question de faire une tempête dans un verre de bière, fût-il en plastique, nuancent de concert Yvette et Jean Mooten, patrons du “Bouquin”, café bien connu du centre-ville. Certes, pas mal d’étudiants se sont rendus impopulaires à force d’enfariner les passants, de casser des bouteilles sur les trottoirs, d’uriner contre les façades et de parsemer de vomis leurs déambulations de plus en plus hésitantes au fil de la nuit. Mais cela s’est surtout produit dans le Carré. Ailleurs, on ne peut pas parler de grande nuisance. D’autant que “l’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre” : les étudiants, on y tient ! » Sait-on, par exemple, que le 4 décembre dernier le comité de baptêmes de Philo et Lettres a pris l’initiative de faire chanter sa chorale, place Delcour, à l’intention de l’Association des écoles de devoir de la province de Liège ? Voilà des sous récoltés qui ne sont pas perdus en libations...

Le renouveau de Liège, épaulé par les retombées économiques induites par la présence de l’ULg et malgré l’éloignement du domaine du Sart-Tilman, ne pourra faire fi des étudiants et de leurs légitimes préoccupations. « Osons donc ruer dans les brancards, conclut en souriant Quentin le Bussy, et que notre Université dont on vante si souvent l’humanisme et la vigilance citoyenne soit aussi un merveilleux vivier de rébellion ! » Sans elle, en effet, la vie n’a-t-elle pas tendance à s’étioler ? Et le folklore à perdre ses droits ?

Henri Deleersnijder

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Dans la ligne de... Myre

*Avant de devenir le patron des écoliers - et des étudiants liégeois en goguette le 6 décembre -, saint Nicolas avait déjà maints exploits à son palmarès. Jugez plutôt : à peine né, il se tenait déjà debout dans son bain; jeune garçon, il donna trois bourses d’or à trois pauvres filles obligées de se prostituer pour cause de misère; l’âge adulte atteint, il reçut directement de Dieu l’honneur insigne de devenir évêque de Myre; malgré le poids des ans, il se lança à la barre d’un navire en détresse, sauvant ainsi les marins d’une noyade certaine. Et chacun sait qu’il ressuscita trois petits enfants qu’un boucher avait tués et mis dans son saloir.

Voilà pour la légende. Tenter de démêler l’écheveau hagiographique pour saisir un fil historique quelque peu solide n’est pas aisé. Des choses sont néanmoins acquises. Primo, saint Nicolas a bel et bien été évêque de Myre, en Lycie (Turquie actuelle), au début du IVe siècle; il a d’ailleurs participé, en 325, au concile de Nicée où fut établi le dogme de la Trinité. Secundo, dans le dernier quart du XIe siècle, ses reliques furent transférées à Bari, dans le sud de l’Italie, alors aux mains des Normands. Tertio, à partir du siècle suivant, ce sont ces hommes du Nord qui vont diffuser le culte du protecteur des navigateurs dans les régions septentrionales d’Europe, soit de la Manche à la mer Baltique.

Utilisé par l’Église comme figure moralisatrice, le saint à la barbe blanche et à la hotte généreuse, patron des écoliers, des mariniers, des prostituées et des avocats, a cependant vu surgir d’outre-Atlantique un redoutable concurrent : le Père Noël. Mais, n’en déplaise à feu Tino Rossi qui a beaucoup contribué à sa promotion, il n’est pas sûr que ce Santa Klaus américain arrivera un jour à supplanter l’Hagios Nikolaos que nous a légué la Grèce d’Asie. À l’université de Liège, en tout cas, ça risque d’être dur...

Jacques de Voragine, Légende dorée, xIVe siècle

Jacques de Voragine, Légende dorée, xIVe siècle (Bibliothèque municipale de Rennes)

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Le bébé, une personne qui se construit

*Un documentaire fait (re)découvrir la vie à l’institut Pikler-Lóczy de Budapest, une pouponnière hongroise. L’occasion pour l’ULg d’ancrer à nouveau l’expérience de Lóczy au centre de la recherche pour l’éducation.

Le 21 octobre à Liège et le 10 novembre à Bruxelles, l’université de Liège présentait, avec différents partenaires*, Lóczy, une maison pour grandir, le dernier film de Bernard Martino. Réalisateur en 1984 des émissions “Le bébé est une personne”, il rend cette fois hommage à cet institut Emmi Pikler, mieux connu sous le nom de Lóczy. Créé en 1947 pour les orphelins de guerre, l’institut propose une approche médico-psycho-pédagogique qui, 50 ans après, jouit d’un intérêt toujours grandissant auprès de professionnels de tous horizons.

Liberté pour les enfants

L’université de Liège n’est pas en reste. La collaboration entre l’institut Pikler et les membres de la faculté de Psychologie et des Sciences de l’éducation (Fapse) fêtera bientôt son vingtième anniversaire. « Dans les années 70, expliquent Marie-Louise Carels et Gentile Manni, chercheuses en pédagogie à l’ULg, les lieux d’accueil étaient à la recherche de leur spécificité éducative. Mai 68 et les mouvements féministes avaient suscité l’idée d’une plus grande liberté pour les enfants. Ces réflexions nous ont conduites à Budapest en 1981, où nous étions accompagnées d’un conseiller pédiatre de l’ONE, d’un professeur de psycho-pédagogie et de trois puéricultrices des crèches de Herstal et de l’université de Liège. »

Ils furent les premiers Belges à se rendre à Lóczy. Là, de tout jeunes enfants séparés de leur mère semblent reconstruits, capables en tout cas de renouer des relations, et cela grâce à la confiance qu’on leur accorde. Persuadée que le bébé possède des compétences incroyables, Emmi Pikler avait posé comme “loi” la libre activité de l’enfant, son bien-être corporel, la qualité du soin et surtout une relation de partenariat avec l’adulte qui s’en occupe. Car Lóczy est une véritable école du respect, le respect comme règle de vie, comme condition de développement de l’individu et de la société.

« Nous sommes tous revenus totalement enthousiastes, se souvient Gentile Manni. Dès notre retour, chacun a travaillé sur son terrain mais notre but n’était pas de transposer le modèle piklérien : nous avons simplement essayé d’en adapter les principes dans notre contexte. » La crèche universitaire continue sur son élan. À la crèche communale de Herstal, Marie-Louise Carels et Gentile Manni soutiennent la mise en oeuvre d’un projet pédagogique qui allie respect, dialogue et liberté pour l’enfant de se mouvoir tout en posant comme principe novateur que les bébés sont accompagnés par les mêmes puéricultrices dès leur entrée à la crèche et ce, jusqu’à leur départ pour l’école.

L’enjeu principal d’un lieu d’accueil de qualité : participer à la construction d’un être humain

L’enjeu principal d’un lieu d’accueil de qualité : participer à la construction d’un être humain (Tirée du film Loczy, une maison pour grandir)

Réflexion et action

Dans la recherche-action, travaux de terrain et journées d’études s’enrichissent mutuellement. Des colloques internationaux autour de Lóczy ont été organisés à l’ULg. En 1997, Gentile Manni s’attelle à la coordination d’un référentiel psychopédagogique communautaire, véritable cadre de réflexion et d’action pour les milieux d’accueil des 0 à 3 ans.

Aujourd’hui, l’expérience de Lóczy reste au coeur des recherches de la Fapse et du programme “Petite enfance” des étudiants en sciences de l’éducation. Cette formation passe sans nul doute par le documentaire de Bernard Martino, témoignage lumineux et authentique de la stratégie enseignée et réalisée à Lóczy. « A l’issue d’un siècle qui nous aura tout appris de la manière “scientifique” de détruire l’individu, déclare-t-il, extrêmement rares sont les lieux où l’on sache “scientifiquement” l’aider à se construire. »

Élodie de Sélys

* Cemea, Crèche communale de Herstal, Ecole de parents de Liège, File, FPS Liège et nationale, avec le soutien de l’ONE. La vidéo Lóczy, une maison pour grandir est disponible à la vente. Contacts : service de pédagogie générale de l’université de Liège, tél. 04.366.46.63

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Agence tous risques

*Secteur longtemps négligé par les experts et rudoyé par les décideurs, la communication du risque s’avère aujourd’hui capitale. Au sein de l’ULg, un groupe de travail pluridisciplinaire en a fait sa spécialité : le Netram.

Crise de la dioxine, affaire Coca-Cola, scandale de la vache folle. Ces remous dans le domaine alimentaire l’ont prouvé : l’activité humaine, toujours plus complexe, engendre des risques nouveaux, de toute nature, que nos sociétés modernes ne peuvent plus contrôler au moyen des schémas traditionnels. À l’ULg, pour prévenir et mieux assumer les difficultés, pas de remède miracle mais un outil pédagogique et fonctionnel, collectivement mis au point : le réseau Netram, (Network for Education and Training in Risk Analysis and Management).

Communication superflue ?

Né en 1998 à l’initiative, notamment, du Pr Catherine Zwetkoff, spécialiste en gestion internationale des risques, et du Dr Christian Laurent (Laboratoire Orme), Netram réunit des chercheurs actifs dans le secteur du risque en général, de la communication du risque, en particulier. Car si l’identification d’un péril, son évaluation et sa gestion font l’objet depuis longtemps déjà d’une réflexion systématique, on a trop souvent considéré sa communication comme superflue.

Un événement, avec éclat, a bousculé la donne : le séisme de la dioxine en mai 1999. Pour Pierre Hupet, coordinateur de Netram, ce drame résulte avant tout d’un manque de communication : « La crise, d’une part, a démontré l’impréparation de nos autorités en matière de communication externe du risque alimentaire. D’autre part, sur le plan interne, l’analyse révèle que, si les unités de contrôle qui composent un système à risque présentent un degré de fiabilité généralement satisfaisant, la juxtaposition desdites unités - sans le support d’une méthodologie active de communication - nuit à la fluidité du système et compromet son aptitude à réagir. Ce constat n’a rien d’un privilège belgo-belge. La crise de la vache folle en France et l’empoignade européenne qui a suivi démontrent à suffisance que la mémoire politique dans le domaine du risque souffre de lacunes largement partagées. »

Les objectifs de Netram se résument donc ainsi : identifier les rôles et fonctions des acteurs (décideurs, producteurs, distributeurs, consommateurs et médias) et placer chacun d’eux face à une réalité collectivement définie. La communication devient alors le moteur d’une stratégie opérationnelle qui donne au système les moyens d’assurer sa cohésion et l’efficience de son action.

Concrètement, Netram multiplie les collaborations avec, entre autres, l’Organisme national chargé de la gestion des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf), le ministère de la Santé publique ou encore les protagonistes du domaine alimentaire dont l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Côté pratique, Netram propose son expertise, des formations globales ou à la carte. Côté théorie, il organise des colloques à caractère interdisciplinaire et international.

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(P. G.)

Faire valoir l’expérience belge

« On ne peut plus, dit Pierre Hupet, concevoir la gestion du risque comme une popote interne. Dans une perspective d’internationalisation du risque alimentaire, la Belgique a tout intérêt à mettre au point, rapidement, son propre instrument de gestion en partenariat avec d’autres outils nationaux. Notre pays dispose en effet d’une solide expérience du risque alimentaire, expérience bâtie au gré de crises douloureuses, qu’il faut faire valoir sur la scène européenne d’abord, internationale ensuite. » Dans ce cadre, Netram jouerait un rôle essentiel : en mettant les personnes et les institutions en rapport les unes avec les autres, il peut contribuer à « développer une communication de fond qui ne ferait l’économie ni de la peur ni du doute, mais qui rendrait à chacun des acteurs la part de pouvoir décisionnel qui lui revient ».

Véronique Stortoni


Contacts : Pierre Hupet, tél. 04.366.46.47, e-mail pierre.hupet@ulg.ac.be, site http://www.ulg.ac.be/spiral/netram5.htm

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Un Euro 2000 mi-foot mi-fête

*Les feux de l’Euro 2000 à peine éteints, un économiste et un docteur en éducation physique de l’ULg viennent d’établir le premier rapport sur les retombées économiques de l’événement en province de Liège. L’occasion de dresser un portrait des supporters ayant participé à la manifestation. Fragments d’analyse.

Cinq mois après le championnat d’Europe des Nations de football, Bernard Jurion, doyen de la faculté d’Economie, Gestion et Sciences sociales et Marc Cloes, chef de travaux au service Pédagogie des activités physiques et sportives, livrent le premier bilan relatif à l’événement et ses conséquences dans notre région. Riche d’abondantes observations statistiques, cette étude va bien plus loin que les simples considérations économiques qui emplissent d’ordinaire ce genre de rapport. « Notre objectif était de mettre en perspective un panel de comportements dégagés à mesure de nos interviews », précise le doyen. Car c’est sur base d’un bon millier d’entrevues récoltées avant et après les matches à Sclessin par 44 enquêteurs que les auteurs, ont établi leurs conclusions. Le principal constat ? Si l’Euro 2000 à Liège ne fut certainement pas le fiasco annoncé par les mauvaises langues, il n’a cependant pas drainé l’afflux de touristes escompté par les commerçants.

Mise en bouche

Le rapport n’aurait peut-être jamais vu le jour sans le précieux concours de deux mémoires d’étudiants rédigés en 1996 et 1997. L’un envisageait les motivations des spectateurs lors d’événements sportifs de masse, l’autre la portée économique de l’Eurofoot au Pays de Liège trois ans avant les faits. Mais encore fallait-il les moyens financiers pour mettre en oeuvre ce projet. On sollicita dans cette optique, en 1999, les fonds spéciaux de recherche de l’ULg. Selon Marc Cloes, l’étude d’une dizaine de grands événements sportifs organisés dans la province de fin 1999 à mars 2000 constitua « une indispensable mise en bouche, une soupape de sécurité mais aussi une nécessaire rampe de lancement ».

Les questions visaient cinq grands types d’informations : les caractéristiques des spectateurs, leurs “parcours Euro 2000”, leur budget et sa répartition, leur séjour dans notre région et enfin leurs opinions concernant notre province. S’agissant des caractéristiques des interviewés, « on constate qu’outre des supporters des pays en compétition, nombre de spectateurs “neutres” ont également fait le déplacement pour assister aux rencontres », précise Bernard Jurion. À titre d’exemple, le match Norvège-Yougoslavie du 18 juin dernier n’a pas rassemblé que des supporters des pays concernés. Outre un nombre non négligeable de supporters belges, ce match a également été suivi par 15,4 % de spectateurs dont la nationalité n’était pas représentée sur la pelouse.

En ce qui concerne le budget des supporters, on évalue à 4000 francs en moyenne la somme dépensée par les 1066 interviewés lors des manifestations Euro. Cette somme comprend évidemment le ticket d’entrée. À ces frais doivent encore être ajoutées les dépenses relatives à l’hébergement. Des coûts qu’il est par contre quasi impossible d’estimer, sauf à se risquer, d’après Marc Cloes, « à des évaluations hasardeuses ». On constate simplement que souvent les supporters ne sont restés que quelques heures dans notre province.

Fiers d’être Liégeois...

Si 96,4% des Liégeois interrogés sont fiers de leur ville, plus de 90% des interviewés ont une bonne opinionde notre région. Les raisons d’un tel succès ? L’accueil convivial, l’excellente ambiance et le cadre tranquille de la ville... Un résultat qui tempéra quelque peu la dernière analyse baignée d’amertume des conseillers communaux liégeois sur la facture de l’Euro. « C’est vrai que dans l’état actuel des choses, avec un déficit de 18 millions sur l’ardoise Euro 2000, la situation de la Ville n’est pas au beau fixe, explique Marc Cloes. Mais je ne m’inquiète pas : Liège devrait rapidement trouver un accord avec le fédéral... L’important, finalement ,c’est que l’Euro ait catalysé des forces et ouvert des perspectives d’avenir à Liège. » De quoi peut-être donner des idées à certains...

Anthony Rizzi


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En route vers un e-droit ?

*La faculté de Droit se lance dans la recherche sur les Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Entrevue avec Laurent Guinotte, avocat et assistant en droit judiciaire chez le Pr Georges de Leval.

Le Quinzième jour : Le droit fait ses premiers pas dans le domaine très vaste des NTIC. Dans quelles perspectives travaillez-vous à l’ULg ?

Laurent Guinotte : Depuis cette année, les étudiants de deuxième candidature en droit à l’ULg peuvent suivre un cours d’Introduction au droit de la société de l’information, dispensé par le Pr Franklin Dehousse. De plus, des assistants sont chargés, dans les différents services, d’approfondir les recherches dans le domaine. Pour ma part, je m’occupe du droit judiciaire.

Le Q. J. : Le développement des nouvelles technologies n’a pas vraiment de cadre juridique. Qu’en est-il du commerce électronique par exemple ?

L. G. : On se retrouve parfois face à des cas difficiles à résoudre lorsque l’on a affaire à un contrat qui se conclut sur internet. Les juridictions du pays du consommateur peuvent être compétentes, pour autant que le vendeur ait eu entre autres un comportement actif de vente dans le pays du consommateur. Mais que signifie “comportement actif” dans ce cas d’espèce ? Cette question suscite d’âpres débats au niveau européen.

Le Q. J. : Pourquoi cet engouement de l’Europe pour le commerce électronique ?

L. G. : Les enjeux économiques sont évidemment énormes. L’e-business peut générer des profits : c’est la nouvelle économie. Encouragés par l’Union européenne, la plupart des Etats-membres commencent à légiférer, principalement dans le domaine de la signature électronique*. Pour le moment, la majorité des contrats du type “vente d’un cd” ne sont soumis à aucune formalité. La signature électronique devrait permettre de garder une trace dont on pourrait se servir comme preuve en justice.

Le Q. J. : Et en ce qui concerne les droits d’auteur ?

L. G. : Les règles existantes sont évidemment applicables et les textes sont clairs : pour reproduire une oeuvre, il faut avoir l’accord de son auteur. Quel que soit le moyen utilisé, une reproduction est une reproduction. Mais, à nouveau, ces principes sont-ils adaptés à la réalité d’internet ? Peut-on vraiment poursuivre quelqu’un qui diffuse, pendant trois semaines, un morceau de musique sur un site, et qui ensuite disparaît dans la nature ? Cela démontre bien que ce ne sont pas les fondements du droit qui sont remis en cause, mais plutôt la manière de les faire appliquer et respecter.

Le Q. J. : Les lois ne sont pas les mêmes dans tous les pays...

L. G. : Effectivement, le caractère “sans frontières” d’internet pose d’énormes problèmes. Le simple fait de créer son propre site en Belgique, tout en respectant la législation belge, n’empêchera pas que ce site pourra être visité par un ressortissant d’un autre pays où il sera considéré comme illégal. Cela a été le cas avec Yahoo, qui proposait, à partir de son site américain des ventes aux enchères comportant notamment des produits nazis. Cela vient d’être considéré comme une infraction à la loi française. Yahoo a été contraint de prendre des mesures pour empêcher la vente de tels produits aux citoyens français, mais ils sont toujours accessibles aux Etats-Unis. On voit donc ici les limites de l’efficacité judiciaire. Internet ne peut pas se contenter de réglementations purement nationales : il faut qu’il y ait concertation au niveau européen et si possible au niveau international.

Propos recueillis pas Nathalie Scoriels


* Directive européenne “signature électronique” du 13 décembre 1999. Pour plus d’infos , vous pouvez consulter les sites suivants :
http://www.theinternetinstitute.net/fr/programme.htm#2,
http://www.theinternetinstitute.net/fr/conferenciers.htm

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Liège à l’avant-garde

*Jusqu’au 23 décembre 2000 et dans le cadre de son XXe anniversaire, le Centre wallon d’art contemporain “La Châtaigneraie” propose une exposition intitulée “Libres échanges. Une histoire des avant-gardes au pays de Liège de 1939 à 1980”. L’occasion de redécouvrir les singularités artistiques du XXe siècle dans la Cité ardente.

Encourager les artistes d’aujourd’hui, leur faire comprendre que leurs travaux sont des oeuvres qui leur survivront et non des objets de consommation immédiate, les rassurer, leur prêter une oreille attentive : telle est la volonté “paternaliste” de Marc Renwart, historien de l’art et commissaire de l’exposition. Organisé chronologiquement et jalonné de bornes audio, le parcours donne un aperçu de différents mouvements d’avant-garde de la région liégeoise. Dix salles regroupent une collection de pièces d’une extrême variété (tableaux, poèmes, vidéo, etc.), réalisées entre 1939 et 1980. De Fernand Imhauser au Cirque Divers, de Léopold Plomteux au Groupe µ, de José Picon à Fluxus, une palette d’artistes de tous les horizons s’offre au visiteur.

Une exposition vivante

Le point de départ se situe vers 1940, au sein de mouvements de jeunes artistes. Leur enthousiasme brisé, la guerre les oblige à organiser des réunions clandestines, ce qui éveille des affinités entre plusieurs personnalités. De là naissent le Club des génies et l’Association pour les progrès intellectuel et artistique en Wallonie (Apiaw).

La visite se poursuit avec des espaces consacrés respectivement à François Jacqmin, poète liégeois et auteur d’un manifeste d’Art plastique, à André Blavier, bibliothécaire verviétois à la base de la revue Temps mêlés (1952), membre avec son ami Raymond Queneau du collège de Pataphysique - au sein duquel ils créeront ensemble l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle) -, à Richard Tialans, homme de spectacle et fondateur de l’Aa Revue, spécialisée dans le domaine théâtral avant de s’intéresser à la création en général.

Enfin, on termine avec la nouvelle génération qui apparaît vers la fin des années 60. Les jeunes contestataires de la rue Roture, en Outremeuse, fascinés et inspirés par Mai 68, seront accueillis par la Galerie Yellow (1969) qui collaborera d’ailleurs avec l’artiste niçois Ben, dont la célèbre toile J’expose pour la gloire est ici présentée au public. Toujours en Roture, la scène du Cirque Divers (1977) se voudra une tentative de représentation du quotidien, suscitant une prise de conscience, une réflexion critique. Plus tard, la galerie de l’A (1979) va recentrer ses activités sur une méditation plus plastique. C’est une refocalisation plus pure, plus nette face à la joyeuse agitation en Roture.

Selon Marc Renwart, concepteur de cette exposition, « elle est destinée à la réflexion et au débat; c’est une recherche des chaînons manquants, une compilation parmi d’autres, une mise en chantier, une remise en mémoire. Loin d’être nécrophile, elle se veut bien vivante. Sa finalité serait d’être un terreau pour une relation commune et une prise en charge de nous-mêmes, car il est frappant de constater avec quelle rapidité les gens et les choses disparaissent. »

Ben, J’expose pour la gloire, ca 1969

Ben, J’expose pour la gloire, ca 1969 (Photo Anne Karthaus)

Une volonté d’ouverture

Dans cette optique, Marie-Hélène Joiret, directrice de “La Châtaigneraie”, a imaginé une série de manifestations, de rencontres avec le public, parallèlement à l’exposition. Par exemple, une soirée cinéma autour du film de Jean-Jacques Rousseau, Le Gloupier - l’Entarteur, a été présentée par Noël Godin, Liégeois d’origine qui participa activement à l’effervescence des années 60 en Roture. À l’affiche aussi, une soirée-conférence animée par Arrabal, le célèbre écrivain et auteur de théâtre espagnol, qui eut des relations privilégiées avec André Blavier et le Cirque Divers. Enfin, une soirée-poésie animée par Marcelle Imhauser (la veuve du poète Fernand Imhauser) et Philippe Anciaux. Nous signalons également aux amateurs que l’ULg organisera, le 20 décembre à l’auditoire Grand physique, place du 20-Août, une conférence-débat sur le thème “Libres Echanges”. Ce rendez-vous a pour objectif de « faire dialoguer des spécialistes et des acteurs vivants avec le public sur les mouvements plastiques et littéraires liégeois », explique Jean-Marie Klinkenberg, un des animateurs de cette soirée avec Jean-Patrick Duchesne.

L’occasion est offerte ici de découvrir ou de redécouvrir les moments forts de la vie artistique et culturelle liégeoise du siècle qui s’achève. Une manière de montrer le chemin pour celui qui s’ouvre...

Benjamin Gruslin et Julien Vandevenne

Jusqu’au 23 décembre 2000, à “La Châtaigneraie”, chaussée de Ramioul 189, 4400 Flémalle (Ivoz-Ramet), tél. 04.275.33.30. Ouvert tous les jours, sauf les lundis et jours fériés, de 15 à 18h, ou sur rendez-vous.

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Picasso à l'ULg

Picasso et l’art nègre : Une découverte restée obscure...

*Toujours autour de l’expo Picasso, l’anthropologue Pol-Pierre Gossiaux s’intéresse aux rapports du peintre à l’art nègre, et son exposé devrait remettre quelques idées en place. On sait que lorsque Picasso, guidé par son ami Apollinaire, découvre vers 1905 ce qu’il appelle alors “l’art nègre”, c’est pour constater que l’essentiel de sa recherche sur l’art, et notamment sur la relation visible/invisible, s’y trouve déjà réalisé. Plus généralement d’ailleurs, c’est tout l’art moderne, de l’expressionnisme à l’art abstrait en passant par le cubisme, qui se trouve entretenir avec l’art africain d’étroites relations. Mais cette rencontre féconde cache pourtant un profond malentendu, car les artistes conçoivent alors ces oeuvres dans le cadre de l’art occidental, c’est-à-dire comme des réponses à des questions esthétiques et philosophiques, alors qu’il s’agit avant tout d’objets pris dans des fonctions religieuses et rituelles, des procédures thérapeutiques, magiques, etc. Il faudra attendre que les ethnologues s’y intéressent pour que le malentendu se dissipe. Et lorsque Picasso déclare « l’art nègre, connais pas », c’est bien au sens littéral qu’il faut l’entendre.

Aujourd’hui, l’art nègre continue d’inspirer des artistes qui, mieux informés, voient dans ses fonctions magiques l’une des fonctions possibles de l’art. Après tout, ne s’agit-il pas, pour l’un comme pour l’autre, de créer un nouveau monde ?

Ch. S.

“Picasso : de l’invisible à l’art nègre”, par le Pr Pol-Pierre Gossiaux, le mercredi 20 décembre, auditoire Gothot, place du 20-Août, à 20h. Entrée libre.
Site : http://www.ulg.ac.be/picasso/conferences/

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Solidarité de coeur

*“De la réflexion à l’action”, le nouveau programme de l’Agence de coopération au développement par les sciences et les techniques (ACDST), permet aux étudiants, chercheurs et professeurs de se pencher sur la problématique Nord-Sud. Son but : aboutir à une réalisation concrète. À l’honneur cette année : le Pérou et le Maroc.

Le programme 2000-2001 de l’Agence de coopération au développement par les sciences et les techniques a pour objectif de comprendre les cultures étrangères. Loin de se limiter à une approche abstraite des relations Nord-Sud, elle propose d’approfondir l’information, la réflexion et l’analyse critique des sociétés péruvienne et marocaine en se basant sur la réalité quotidienne.

Du sens à la coopération

Coordonnée par Jean Frenay, chargé de cours en métallurgie des métaux non ferreux et président de l’ACDST, Grégor Stangherlin, assistant en sociologie du développement, et Stéphane Grétry, membre de la Fédé, elle veut rendre les cultures étrangères plus accessibles pour que la coopération prenne tout son sens.

Pour mener ce travail à bien, deux groupes se sont formés, chacun s’intéressant à l’un des pays. « Ces groupes ne sont pas cloisonnés. Des échanges et des rencontres peuvent avoir lieu quand les mêmes interrogations se posent de chaque côté », explique Jean Frenay, animateur du groupe Pérou. « Ouverts à tout un chacun, ils tirent profit du regard critique du personnel universitaire et de l’interdisciplinarité. De leur réflexion émanera un projet. »

À la rencontre de l’autre

Six ou sept réunions seront organisées pour réfléchir ensemble aux différentes formes de solidarité internationale. « Par solidarité, j’entends une solidarité de coeur et de respect. Où chacun part à la rencontre de l’autre et apprend à le connaître. Un véritable échange doit se créer entre le Pérou, le Maroc et la Belgique », poursuit Jean Frenay. Il ne s’agit donc pas d’apporter une aide unilatérale à ces deux pays mais d’instaurer une relation basée sur la réciprocité. Par l’intermédiaire d’un forum de discussion, conçu pour l’occasion, les contacts se nouent et chacun réagit aux questions soulevées.

Johanne Mobe

Si cette démarche et l’envie de devenir “citoyen du monde” vous intéressent, contactez l’ACDST par téléphone, 04.366.55.25 ou par e-mail, Cecodel@ulg.ac.be.

À voir également : le site http://www.ulg.ac.be/cecodel/progns.htm

Pour information

Le Centre de coopération au développement de l’ULg (Cecodel) est chargé de coordonner et de gérer les activités de coopération au développement dans les secteurs de l’enseignement et de la recherche. Il participe aussi à des actions de service aux communautés du tiers-monde.

L’ULg, qui depuis les années 50 soutient les pays en voie de développement, est actuellement en relation avec une soixantaine de pays

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Le goût de la cerise

*Telle une cohorte de poilus résolus à en découdre, plus de 350 étudiants en droit s’étaient donné rendez-vous à “L’Imprévu” pour s’arsouiller au jus de treille. Entendez par là que par pur esprit de rigueur, les locataires du de Méan s’étaient réunis afin de traquer par eux-mêmes ce petit goût de cerise... annoncé en dominante dans le Beaujolais nouveau. Une participation forfaitaire offrait, en effet, tout loisir aux indécis d’opérer leurs savantes enquêtes gustatives avant les douze coups de minuit.

Mais en regard des 350 bouteilles (une par personne !) “débouchonnées” à grand renfort d’huile de coude, bon nombre de cendrillons en tailleur avaient déjà opéré leur mutation avant l’heure fatidique, offrant à Bacchus leurs décolletés couperosés sous l’effet... de la chaleur générée par la promiscuité du lieu et d’une musique entraînante. Quant à leurs compagnons, leur verve ascendante était appuyée par un regard un peu moins vif. Certains ténors ayant carrément du mal à se tenir à leur barreau.

« C’est toujours assez amusant d’observer des étudiants d’un tempérament habituellement peu exubérant se dérider un peu », s’amuse Vivian Franck, président de l’AED organisatrice de l’événement. Et de poursuivre confiant : « La nouvelle cuvée de Beaujolais primeur est assez fraîche et fruitée, comparée aux autres années. On devrait pouvoir éviter pas mal de maux de tête en fin de soirée. » Erreur...

S’il convient de préciser que l’incontestable succès rencontré par cette soirée aussi originale qu’endiablée mérite d’être étendu, bon nombre d’étudiants ne purent assurer leur présence au cours du lendemain que grâce au secours de l’aspirine. Quant au fameux goût de cerise, aucune position claire ne semble avoir été arrêtée. Rendez-vous l’an prochain et vive la vigne !

F. T.


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Plus on est de fous...

*De plus en plus d’étudiants à l’ULg ! Les inscriptions qui viennent d’être clôturées révèlent une augmentation sensible des “primants”, c’est-à-dire des étudiants qui s’inscrivent pour la première fois en première candidature. Par rapport à la rentrée académique dernière, 100 étudiants de plus ont franchi les portes de notre Alma mater. Soit une hausse de 4,5 %.

« On assiste aussi à une réorientation, se réjouit le Recteur. La faculté des Sciences, par exemple, enregistre une augmentation de 40 % de ses primants. » Les sections de biologie, de chimie ont été plébiscitées et celle de mathématique a doublé ses effectifs. Dans le peloton des Facultés chéries cette année, on trouve encore la faculté d’Economie, Gestion et Sciences sociales qui compte 100 étudiants supplémentaires en première candidature, celle de Médecine vétérinaire qui connaît une hausse de 15 % des primants ou celle de Psychologie et Sciences de l’éducation dont le nombre augmente de 12 % en première année.

Des étudiants belges et européens de plus en plus nombreux à l’ULg

Des étudiants belges et européens de plus en plus nombreux à l’ULg (Photo F. Denoël)

La faculté de Philosophie et Lettres connaît aussi une légère hausse par rapport aux inscriptions de l’an dernier, notamment en archéologie et histoire de l’art, germanique et classique. Quant à la faculté de Médecine, elle observe un statu quo pour les médecins, un léger tassement pour les kinésithérapeutes. Même statu quo, voire légère diminution cependant en facultés des Sciences appliquées et de Droit (- 6 %).

Autre sujet de satisfaction pour les autorités : toutes les Facultés enregistrent un nombre accru de ressortissants des pays européens : 25 % en moyenne. Ceux-ci proviennent principalement des contrées voisines : France, Allemagne, Pays-Bas ou Grande-Bretagne. Une fierté tempérée cependant par la réduction du nombre d’étudiants en provenance des pays en voie de développement. « Je le regrette, poursuit Willy Legros. C’est la conséquence de la politique fédérale qui accorde moins de bourses aux étudiants non européens. La coopération est pourtant très formative pour les universitaires et très favorable pour l’image de la Belgique et de la Wallonie à l’extérieur de nos frontières. »

Pa. J.


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Ciné-club Nickelodéon

L’Impossible monsieur bébé

*Howard Hawks aura décidément abordé tous les genres hollywoodiens au cours de sa carrière de cinéaste iconoclaste.

Avec L’Impossible monsieur bébé, le réalisateur approche ici la comédie sophistiquée américaine avec un couple détonnant, Cary Grant et Katharine Hepburn. Cary Grant incarne un professeur timide et maladroit qui va épouser une scientifique toute dévouée à la paléontologie. Le musée où il travaille doit bientôt recevoir une donation d’un million de dollars. Mais l’irruption soudaine d’une milliardaire excentrique, Susan alias Katharine Hepburn va faire basculer sa vie.

L’Impossible monsieur bébé (Bringing Up Baby).
Réalisation de Howard Hawks, USA, 1938, 102 minutes, NB.
Interprètes : Cary Grant (David Huxley), Katharine Hepburn (Susan), Charles Ruggles, etc.
Séance : 14 décembre. Les projections du ciné-club Nickelodéon ont lieu tous les jeudis à 19 h30 à la salle Gothot, place du 20-Août.
Contacts : tél. 04.366.56.04


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Faire face, mais pas tout seul...

*Vous êtes étudiant et vous voulez travailler. Mais pouvez-vous signer le contrat que l’employeur vous propose ? Et quid des allocations familiales et de la bourse d’études que vous avez obtenue cette année ? Si vous vous posez ce type de questions, le Service social étudiants de l’ULg vous renseigne.

Beaucoup de questions alimentent le quotidien des cinq personnes du Service social. « Parmi les interrogations récurrentes, souligne Jacques Géron, responsable du service, on retrouve les matières relatives à l’attribution des bourses d’études. » On estime en effet à 20 % le nombre d’étudiants qui, à l’université de Liège, bénéficient d’une allocation d’études. Dans la plupart des cas, la décision d’octroi d’une subvention est simple et se base à la fois sur le revenu imposable des parents et sur le nombre de personnes à charge. Cependant, la réalité peut être plus complexe. Pour y répondre, le Service social de l’ULg a réalisé un vade-mecum explicatif. Ce manuel intitulé Allocations et Prêts d’Etudes de la Communauté française, régulièrement réactualisé, est devenu la référence pour les informateurs des services d’aide aux étudiants de l’enseignement supérieur en Communauté française.

Aide financière

Dans certains cas, l’information ne suffit plus. Près de 5 % des étudiants sollicitent une aide financière. En principe, « la priorité est donnée à la prise en charge des dépenses directement liées à la situation de l’étudiant dans notre Université : frais de livres, participation aux frais de restauration et de logement, etc. ». Après examen de la demande, le Service social peut intervenir en accordant une aide à l’universitaire en difficulté. Dans la majorité des cas, cette aide est non remboursable; elle peut également prendre la forme d’un prêt social, d’une avance sur bourse.

D’autres difficultés majeures peuvent survenir : décès, perte d’emploi de l’un des parents ou problèmes familiaux. C’est ici, et surtout dans des situations où la réglementation est complexe, que le Service social assume pleinement son rôle. « Nous sommes compétents pour informer l’étudiant à partir des situations concrètes de sa vie sociale, observe Jacques Géron. Notre force est d’être capables, quand un pion est déplacé, d’évaluer les répercussions de cette modification sur l’ensemble de l’échiquier. »

Face à l’extrême diversité des requêtes, le service développe des collaborations avec des cellules de l’ULg comme Orientation universitaire ou Guidance-Etude, mais aussi des services extérieurs tels que Droits des jeunes ou le Service d’information psycho-sexuelles (Sips). Ces échanges permettent de fournir des réponses mieux ciblées aux demandes et besoins des étudiants.

C’est dans le prolongement de ces coopérations que, sous l’impulsion de la commission de politique sociale du CIUF dont Jacques Géron assume la présidence, une enquête portant sur la situation sociale des étudiants des universités et des hautes écoles en Communauté Française a été réalisée. « Dans le prolongement de cette enquête, il s’agit, à terme, de mettre en place un observatoire de la vie étudiante pour en faire un outil d’aide aux décisions dans le domaine de la politique sociale. » Différents acteurs du milieu éducatif y ont participé et les résultats de leurs recherches ont été publiés dans le fascicule Conditions de vie des étudiants de l’enseignement supérieur en Communauté Wallonie-Bruxelles (à consulter aussi sur le site http://www.ciuf.be).

Cinq personnes pour répondre aux diverses requêtes

Cinq personnes pour répondre aux diverses requêtes (Photo F. Denoël)

Cohérence européenne

Toujours en matière de politique sociale, des rapprochements européens s’amorcent. Jacques Géron est le représentant belge au Conseil européen de la vie étudiante (Cevé). « Ce Conseil est important parce que, dans le domaine de la politique de l’éducation, de plus en plus de directives générales ont une dimension européenne. Le Cevé, lieu d’information et de concertation pour les acteurs de la politique sociale étudiante, travaille entre autres à un meilleur accompagnement social de la mobilité étudiante en Europe. Il permet également de comparer l’efficacité des politiques sociales des différents pays. »

Si de nombreux aléas peuvent perturber les études universitaires, il est bon de connaître l’adresse de la main tendue.

Nicolas Caeymaex

Contacts : Jacques Géron, tél. 04.366.44.21,
e-mail service.social@ulg.ac.be,
site http://www.ulg.ac.be/ae/service-social.html

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Banque d’images

*Donner un “visage” concret à la science, attester de la variété exceptionnelle des sujets de recherche, telle est l’idée de la Cellule presse-communication qui lance une campagne “Banque d’images”.

Vos photographies, reproductions, dessins, vues microscopiques, cartes, etc., qui témoignent d’une activité scientifique ou évoquent une discipline l’intéressent. Cette documentation est destinée à être utilisée pour présenter l’université de Liège et ses activités (brochures, stands, expositions, “Le Quinzième jour du mois”, site internet, etc.). Bien sûr les documents fournis ne seraient exploités qu’avec le consentement de leurs concepteurs ou propriétaires et, donc, après information préalable sur le cadre dans lequel ils seraient utilisés.

Accepteriez-vous de vous associer à ce projet, en sélectionnant un ou plusieurs documents qui vous paraissent intéressants pour mettre en valeur les activités de recherche de l’ULg auprès du public ?

Les documents peuvent être adressés à <PRESS@ULG.AC.BE>, sous la forme de fichiers tiff (résolution : minimum 300 dpi), assortis d’une brève légende explicative, des coordonnées exactes du service (y compris son site web) et, éventuellement, du nom de l’auteur. Renseignements complémentaires au secrétariat de la cellule, tél. 04.366.52.18.


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