Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°99. Décembre 2000.
Carte blancheLespace, une construction sociale Le métier danthropologue consiste à rendre familier un sujet exotique, ainsi que le contraire. Dans cette perspective, les chercheurs du Laboratoire danthropologie de la communication (LAC) sont actifs sur des terrains aussi divers que les campus universitaires, lespace urbain, les lieux touristiques, les musées, etc.Lintérêt commun de léquipe du LAC est la perception de lespace, abordée par lanalyse de la construction sociale des frontières et la création des identités liée à ce processus, mais aussi par la relation de lhomme avec lespace public et privé, ainsi quavec les animaux de compagnie. Dans cette optique, le LAC a reçu, les 18 et 19 novembre, des scientifiques venus des quatre coins de la planète pour discuter du thème de la construction sociale de lespace. Rod Watson, professeur à luniversité de Manchester et titulaire de la Chaire Francqui à lULg pour lannée 1996-1997, était linvité spécial de ces deux journées détudes. Lapproche transdisciplinaire de la perception de lespace sest avérée extrêmement riche et variée. Dans les différentes sessions, le thème était aussi bien abordé par la théorie que par des études ethnographiques et ses déclinaisons furent hétéroclites. La question quand un espace devient-il un lieu ? fut très débattue, mais dautres sujets comme le refuge dans lespace virtuel tel que les web sites personnels, lespace public qui recrée une ambiance faussement intime comme dans les cinémas, lutilisation des GSM dans les trains ou encore la correspondance amoureuse par un système de cartes postales publiées dans les journaux, illustraient la théorie. Une conclusion récurrente simposa : manifestement, le comportement social moderne a une tendance paradoxale à vouloir vivre la proximité à distance.
![]() Laboratoire danthropologie de la communication Les discussions autour des attentes des consommateurs de lespace public ont été prises au sérieux aussi bien par les géographes et les anthropologues que par les urbanistes, intervenants ou participants. La diversité des points de vue sest révélée particulièrement fructueuse sur le plan des échanges scientifiques et a souligné limportance dintégrer pour le politique les différentes logiques environnementale. : lune, basée sur la relation dordre économique (avec une perception à court terme des conséquences pour lenvironnement) et lautre, axée sur une écologie politique qui pense lespace à moyen voire à long terme. Lanthropologie - de par sa capacité de traducteur culturel entre le savoir formel et le sens commun, entre le scientifique et lexpert du quotidien quest lhomme de la rue - trouve ici un rôle important pour lintégration sociale. Si ce séminaire a permis de réaffirmer des contacts scientifiques existants et den nouer de nouveaux, il a aussi mis en évidence lefficacité de la mise en commun des efforts de chaque discipline au profit de laction concertée. Et, last but not least, lexpérience dun séminaire bilingue (sans traduction simultanée !) sert à ouvrir les yeux de beaucoup détudiants sur lutilité dune bonne maîtrise de langlais pour se situer dans le champ scientifique international.
Tomke Lask
|
La citoyenneté passe aussi par le folklore Pas de vie universitaire sans folklore. Cétait déjà vrai au Moyen Age ; ça le reste plus que jamais aujourdhui. Les étudiants liégeois en soulignent les vertus intégratrices, même si des incompréhensions ou des impatiences ont pu surgir ici et là ces derniers temps. Que la fête continue... !« Demain, veille de la Saint-Nicolas, il pourrait bien sorganiser, comme les années précédentes, des réunions de jeunes gens qui, dans lintention de se livrer à des amusements de mauvais goût et nuisibles au commerce, parcourent les rues en faisant du tapage nocturne punissable par la loi. Désireux de leur épargner des désagréments, je prends la liberté de vous priez [sic], Monsieur ladministrateur, de faire prévenir les élèves de lUniversité, par lorgane de Messieurs les Professeurs, que la police a reçu des ordres sévères pour réprimer le renouvellement de pareils actes, et de les engager à sabstenir dy prendre aucune part dans la soirée de demain. » Cette lettre du 4 décembre 1843, émanant du commissaire en chef de la police liégeoise, montre à suffisance que les mises en garde des autorités à légard des débordements engendrés par la Saint-Nicolas et autres festivités estudiantines ne datent pas dhier. Traditionnelles en cette fin dannée, les réjouissances dédiées au patron des étudiants viennent dégayer le centre-ville. Une certaine fatigue semble néanmoins poindre du côté des choeurs dont la vaillance tend à faiblir dannée en année. Le folklore étudiant serait-il à bout de souffle ?
![]() (Photo : F. DENOËL)
![]() (Photo : F. DENOËL) Les baptêmes en question Côté baptêmes, cest loin dêtre le cas. Certains y voient un rite de passage salutaire : lorsquon a vocation dêtre médecin ou vétérinaire, par exemple, rien de tel pour surmonter ses peurs que de se laisser asperger dhémoglobine ou dexplorer allègrement les tripes de nos frères inférieurs. Dautres, tout en étant conscients de la dimension ludique du cérémonial, sont nettement plus réservés quant à sa fonction sociale. « Avilir pour avilir, affirmer le pouvoir des anciens sur les plus jeunes, estime Pol-Pierre Gossiaux, professeur danthropologie des systèmes symboliques, ça na rien dun véritable rite de passage, lequel a pour mission de transformer la psychè de lindividu et de lintégrer ainsi dans le groupe. Dans les baptêmes détudiants actuels, le caractère rituel est resté certes, mais son contenu en est absent : cest une enveloppe sans lettre. » Et pourtant, face au rouleau compresseur de luniformisation sociale et du stress croissant lié au mode de vie actuel, les rencontres festives ont un rôle éminemment positif. Cest là quon décompresse et quon relativise les problèmes. Cest là aussi que, la convivialité aidant, se transmettent dannée en année les trucs et ficelles susceptibles dapaiser des angoisses intempestives, voire dassurer une bonne réussite. Cest là enfin que, loin des services officiels daide que lUniversité propose et qui ont évidemment leur utilité, sexerce plus souvent quon ne le croit une tutelle de la part détudiants à peine plus âgés, parrainage qui pour être informel nen est pas moins extrêmement précieux. Sait-on, par exemple, que des visites de Liège et de ses monuments les plus représentatifs sont organisées en début dannée académique par les anciens - de licence principalement - à lintention des bleus ? « En Philo et Lettres, entre autres, ils doivent apprendre les chants facultaires et le répertoire paillard. On les invite aussi à pratiquer une forme de common sense indispensable à la fête, se réjouit Quentin le Bussy, étudiant en première licence histoire. Il est interdit, par ailleurs, den venir aux mains. Ces pratiques contribuent donc à la création dun lien social et à lintégration au sein de lUniversité et de la ville. Pourtant, à la différence des cercles et de la Fédé reconnus par les autorités, les comités de baptême occupent une place marginale. » Saint Nicolas est liégeois Les opinions sont moins tranchées dès quon évoque la Saint-Nicolas, fleuron de la tradition liégeoise. Simple guindaille à lorigine, avant tout au sein des cercles détudiants catholiques, elle ne tarde pas à prendre de limportance dès le début du siècle pour finalement devenir aujourdhui la fête que lon sait. Qui ne se souvient en effet de la légendaire générosité de lévêque de Myre ? Des collectes de la soif dans les rues de Liège ? Et du cortège, bruyant et haut en couleurs, caracolant en ville au nez et à la barbe du bourgeois quil sagissait dépater et qui avait le don denluminer la trop longue grisaille hivernale ? On aurait mauvaise grâce de reprocher aux jeunes générations leur volonté de perpétuer ces chaleureuses coutumes. Et le héraut de la spontanéité festive, délégué au folklore en Philo et Lettres, de poursuivre sur un ton convaincant : « La Ville et lUniversité veulent bien de nous quand nous faisons vivre le secteur horeca, occupons les kots et payons nos droits dinscription, mais elles préfèrent que nous restions sages... »
![]() (Photo : F. DENOËL)
![]() (Photo : F. DENOËL) « Cachez cette penne que je ne saurais voir... » ? Quant aux débordements imputables aux dernières éditions de la Saint-Nicolas et de la Saint-Torè, il convient là aussi de relativiser le diagnostic. « Pas question de faire une tempête dans un verre de bière, fût-il en plastique, nuancent de concert Yvette et Jean Mooten, patrons du Bouquin, café bien connu du centre-ville. Certes, pas mal détudiants se sont rendus impopulaires à force denfariner les passants, de casser des bouteilles sur les trottoirs, duriner contre les façades et de parsemer de vomis leurs déambulations de plus en plus hésitantes au fil de la nuit. Mais cela sest surtout produit dans le Carré. Ailleurs, on ne peut pas parler de grande nuisance. Dautant que lon ne peut avoir le beurre et largent du beurre : les étudiants, on y tient ! » Sait-on, par exemple, que le 4 décembre dernier le comité de baptêmes de Philo et Lettres a pris linitiative de faire chanter sa chorale, place Delcour, à lintention de lAssociation des écoles de devoir de la province de Liège ? Voilà des sous récoltés qui ne sont pas perdus en libations... Le renouveau de Liège, épaulé par les retombées économiques induites par la présence de lULg et malgré léloignement du domaine du Sart-Tilman, ne pourra faire fi des étudiants et de leurs légitimes préoccupations. « Osons donc ruer dans les brancards, conclut en souriant Quentin le Bussy, et que notre Université dont on vante si souvent lhumanisme et la vigilance citoyenne soit aussi un merveilleux vivier de rébellion ! » Sans elle, en effet, la vie na-t-elle pas tendance à sétioler ? Et le folklore à perdre ses droits ?
Henri Deleersnijder
|
Dans la ligne de... Myre Avant de devenir le patron des écoliers - et des étudiants liégeois en goguette le 6 décembre -, saint Nicolas avait déjà maints exploits à son palmarès. Jugez plutôt : à peine né, il se tenait déjà debout dans son bain; jeune garçon, il donna trois bourses dor à trois pauvres filles obligées de se prostituer pour cause de misère; lâge adulte atteint, il reçut directement de Dieu lhonneur insigne de devenir évêque de Myre; malgré le poids des ans, il se lança à la barre dun navire en détresse, sauvant ainsi les marins dune noyade certaine. Et chacun sait quil ressuscita trois petits enfants quun boucher avait tués et mis dans son saloir.Voilà pour la légende. Tenter de démêler lécheveau hagiographique pour saisir un fil historique quelque peu solide nest pas aisé. Des choses sont néanmoins acquises. Primo, saint Nicolas a bel et bien été évêque de Myre, en Lycie (Turquie actuelle), au début du IVe siècle; il a dailleurs participé, en 325, au concile de Nicée où fut établi le dogme de la Trinité. Secundo, dans le dernier quart du XIe siècle, ses reliques furent transférées à Bari, dans le sud de lItalie, alors aux mains des Normands. Tertio, à partir du siècle suivant, ce sont ces hommes du Nord qui vont diffuser le culte du protecteur des navigateurs dans les régions septentrionales dEurope, soit de la Manche à la mer Baltique. Utilisé par lÉglise comme figure moralisatrice, le saint à la barbe blanche et à la hotte généreuse, patron des écoliers, des mariniers, des prostituées et des avocats, a cependant vu surgir doutre-Atlantique un redoutable concurrent : le Père Noël. Mais, nen déplaise à feu Tino Rossi qui a beaucoup contribué à sa promotion, il nest pas sûr que ce Santa Klaus américain arrivera un jour à supplanter lHagios Nikolaos que nous a légué la Grèce dAsie. À luniversité de Liège, en tout cas, ça risque dêtre dur...
![]() Jacques de Voragine, Légende dorée, xIVe siècle (Bibliothèque municipale de Rennes)
|
Le bébé, une personne qui se construit Un documentaire fait (re)découvrir la vie à linstitut Pikler-Lóczy de Budapest, une pouponnière hongroise. Loccasion pour lULg dancrer à nouveau lexpérience de Lóczy au centre de la recherche pour léducation.
Le 21 octobre à Liège et le 10 novembre à Bruxelles, luniversité de Liège présentait, avec différents partenaires*, Lóczy, une maison pour grandir, le dernier film de Bernard Martino. Réalisateur en 1984 des émissions Le bébé est une personne, il rend cette fois hommage à cet institut Emmi Pikler, mieux connu sous le nom de Lóczy. Créé en 1947 pour les orphelins de guerre, linstitut propose une approche médico-psycho-pédagogique qui, 50 ans après, jouit dun intérêt toujours grandissant auprès de professionnels de tous horizons. Liberté pour les enfants Luniversité de Liège nest pas en reste. La collaboration entre linstitut Pikler et les membres de la faculté de Psychologie et des Sciences de léducation (Fapse) fêtera bientôt son vingtième anniversaire. « Dans les années 70, expliquent Marie-Louise Carels et Gentile Manni, chercheuses en pédagogie à lULg, les lieux daccueil étaient à la recherche de leur spécificité éducative. Mai 68 et les mouvements féministes avaient suscité lidée dune plus grande liberté pour les enfants. Ces réflexions nous ont conduites à Budapest en 1981, où nous étions accompagnées dun conseiller pédiatre de lONE, dun professeur de psycho-pédagogie et de trois puéricultrices des crèches de Herstal et de luniversité de Liège. » Ils furent les premiers Belges à se rendre à Lóczy. Là, de tout jeunes enfants séparés de leur mère semblent reconstruits, capables en tout cas de renouer des relations, et cela grâce à la confiance quon leur accorde. Persuadée que le bébé possède des compétences incroyables, Emmi Pikler avait posé comme loi la libre activité de lenfant, son bien-être corporel, la qualité du soin et surtout une relation de partenariat avec ladulte qui sen occupe. Car Lóczy est une véritable école du respect, le respect comme règle de vie, comme condition de développement de lindividu et de la société. « Nous sommes tous revenus totalement enthousiastes, se souvient Gentile Manni. Dès notre retour, chacun a travaillé sur son terrain mais notre but nétait pas de transposer le modèle piklérien : nous avons simplement essayé den adapter les principes dans notre contexte. » La crèche universitaire continue sur son élan. À la crèche communale de Herstal, Marie-Louise Carels et Gentile Manni soutiennent la mise en oeuvre dun projet pédagogique qui allie respect, dialogue et liberté pour lenfant de se mouvoir tout en posant comme principe novateur que les bébés sont accompagnés par les mêmes puéricultrices dès leur entrée à la crèche et ce, jusquà leur départ pour lécole.
![]() Lenjeu principal dun lieu daccueil de qualité : participer à la construction dun être humain (Tirée du film Loczy, une maison pour grandir) Réflexion et action Dans la recherche-action, travaux de terrain et journées détudes senrichissent mutuellement. Des colloques internationaux autour de Lóczy ont été organisés à lULg. En 1997, Gentile Manni sattelle à la coordination dun référentiel psychopédagogique communautaire, véritable cadre de réflexion et daction pour les milieux daccueil des 0 à 3 ans. Aujourdhui, lexpérience de Lóczy reste au coeur des recherches de la Fapse et du programme Petite enfance des étudiants en sciences de léducation. Cette formation passe sans nul doute par le documentaire de Bernard Martino, témoignage lumineux et authentique de la stratégie enseignée et réalisée à Lóczy. « A lissue dun siècle qui nous aura tout appris de la manière scientifique de détruire lindividu, déclare-t-il, extrêmement rares sont les lieux où lon sache scientifiquement laider à se construire. »
Élodie de Sélys * Cemea, Crèche communale de Herstal, Ecole de parents de Liège, File, FPS Liège et nationale, avec le soutien de lONE. La vidéo Lóczy, une maison pour grandir est disponible à la vente. Contacts : service de pédagogie générale de luniversité de Liège, tél. 04.366.46.63 |
Agence tous risques Secteur longtemps négligé par les experts et rudoyé par les décideurs, la communication du risque savère aujourdhui capitale. Au sein de lULg, un groupe de travail pluridisciplinaire en a fait sa spécialité : le Netram.Crise de la dioxine, affaire Coca-Cola, scandale de la vache folle. Ces remous dans le domaine alimentaire lont prouvé : lactivité humaine, toujours plus complexe, engendre des risques nouveaux, de toute nature, que nos sociétés modernes ne peuvent plus contrôler au moyen des schémas traditionnels. À lULg, pour prévenir et mieux assumer les difficultés, pas de remède miracle mais un outil pédagogique et fonctionnel, collectivement mis au point : le réseau Netram, (Network for Education and Training in Risk Analysis and Management). Communication superflue ? Né en 1998 à linitiative, notamment, du Pr Catherine Zwetkoff, spécialiste en gestion internationale des risques, et du Dr Christian Laurent (Laboratoire Orme), Netram réunit des chercheurs actifs dans le secteur du risque en général, de la communication du risque, en particulier. Car si lidentification dun péril, son évaluation et sa gestion font lobjet depuis longtemps déjà dune réflexion systématique, on a trop souvent considéré sa communication comme superflue. Un événement, avec éclat, a bousculé la donne : le séisme de la dioxine en mai 1999. Pour Pierre Hupet, coordinateur de Netram, ce drame résulte avant tout dun manque de communication : « La crise, dune part, a démontré limpréparation de nos autorités en matière de communication externe du risque alimentaire. Dautre part, sur le plan interne, lanalyse révèle que, si les unités de contrôle qui composent un système à risque présentent un degré de fiabilité généralement satisfaisant, la juxtaposition desdites unités - sans le support dune méthodologie active de communication - nuit à la fluidité du système et compromet son aptitude à réagir. Ce constat na rien dun privilège belgo-belge. La crise de la vache folle en France et lempoignade européenne qui a suivi démontrent à suffisance que la mémoire politique dans le domaine du risque souffre de lacunes largement partagées. » Les objectifs de Netram se résument donc ainsi : identifier les rôles et fonctions des acteurs (décideurs, producteurs, distributeurs, consommateurs et médias) et placer chacun deux face à une réalité collectivement définie. La communication devient alors le moteur dune stratégie opérationnelle qui donne au système les moyens dassurer sa cohésion et lefficience de son action. Concrètement, Netram multiplie les collaborations avec, entre autres, lOrganisme national chargé de la gestion des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf), le ministère de la Santé publique ou encore les protagonistes du domaine alimentaire dont lAgence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Côté pratique, Netram propose son expertise, des formations globales ou à la carte. Côté théorie, il organise des colloques à caractère interdisciplinaire et international.
![]() (P. G.) Faire valoir lexpérience belge « On ne peut plus, dit Pierre Hupet, concevoir la gestion du risque comme une popote interne. Dans une perspective dinternationalisation du risque alimentaire, la Belgique a tout intérêt à mettre au point, rapidement, son propre instrument de gestion en partenariat avec dautres outils nationaux. Notre pays dispose en effet dune solide expérience du risque alimentaire, expérience bâtie au gré de crises douloureuses, quil faut faire valoir sur la scène européenne dabord, internationale ensuite. » Dans ce cadre, Netram jouerait un rôle essentiel : en mettant les personnes et les institutions en rapport les unes avec les autres, il peut contribuer à « développer une communication de fond qui ne ferait léconomie ni de la peur ni du doute, mais qui rendrait à chacun des acteurs la part de pouvoir décisionnel qui lui revient ».
Véronique Stortoni
|
Un Euro 2000 mi-foot mi-fête Les feux de lEuro 2000 à peine éteints, un économiste et un docteur en éducation physique de lULg viennent détablir le premier rapport sur les retombées économiques de lévénement en province de Liège. Loccasion de dresser un portrait des supporters ayant participé à la manifestation. Fragments danalyse.Cinq mois après le championnat dEurope des Nations de football, Bernard Jurion, doyen de la faculté dEconomie, Gestion et Sciences sociales et Marc Cloes, chef de travaux au service Pédagogie des activités physiques et sportives, livrent le premier bilan relatif à lévénement et ses conséquences dans notre région. Riche dabondantes observations statistiques, cette étude va bien plus loin que les simples considérations économiques qui emplissent dordinaire ce genre de rapport. « Notre objectif était de mettre en perspective un panel de comportements dégagés à mesure de nos interviews », précise le doyen. Car cest sur base dun bon millier dentrevues récoltées avant et après les matches à Sclessin par 44 enquêteurs que les auteurs, ont établi leurs conclusions. Le principal constat ? Si lEuro 2000 à Liège ne fut certainement pas le fiasco annoncé par les mauvaises langues, il na cependant pas drainé lafflux de touristes escompté par les commerçants. Mise en bouche Le rapport naurait peut-être jamais vu le jour sans le précieux concours de deux mémoires détudiants rédigés en 1996 et 1997. Lun envisageait les motivations des spectateurs lors dévénements sportifs de masse, lautre la portée économique de lEurofoot au Pays de Liège trois ans avant les faits. Mais encore fallait-il les moyens financiers pour mettre en oeuvre ce projet. On sollicita dans cette optique, en 1999, les fonds spéciaux de recherche de lULg. Selon Marc Cloes, létude dune dizaine de grands événements sportifs organisés dans la province de fin 1999 à mars 2000 constitua « une indispensable mise en bouche, une soupape de sécurité mais aussi une nécessaire rampe de lancement ». Les questions visaient cinq grands types dinformations : les caractéristiques des spectateurs, leurs parcours Euro 2000, leur budget et sa répartition, leur séjour dans notre région et enfin leurs opinions concernant notre province. Sagissant des caractéristiques des interviewés, « on constate quoutre des supporters des pays en compétition, nombre de spectateurs neutres ont également fait le déplacement pour assister aux rencontres », précise Bernard Jurion. À titre dexemple, le match Norvège-Yougoslavie du 18 juin dernier na pas rassemblé que des supporters des pays concernés. Outre un nombre non négligeable de supporters belges, ce match a également été suivi par 15,4 % de spectateurs dont la nationalité nétait pas représentée sur la pelouse. En ce qui concerne le budget des supporters, on évalue à 4000 francs en moyenne la somme dépensée par les 1066 interviewés lors des manifestations Euro. Cette somme comprend évidemment le ticket dentrée. À ces frais doivent encore être ajoutées les dépenses relatives à lhébergement. Des coûts quil est par contre quasi impossible destimer, sauf à se risquer, daprès Marc Cloes, « à des évaluations hasardeuses ». On constate simplement que souvent les supporters ne sont restés que quelques heures dans notre province. Fiers dêtre Liégeois... Si 96,4% des Liégeois interrogés sont fiers de leur ville, plus de 90% des interviewés ont une bonne opinionde notre région. Les raisons dun tel succès ? Laccueil convivial, lexcellente ambiance et le cadre tranquille de la ville... Un résultat qui tempéra quelque peu la dernière analyse baignée damertume des conseillers communaux liégeois sur la facture de lEuro. « Cest vrai que dans létat actuel des choses, avec un déficit de 18 millions sur lardoise Euro 2000, la situation de la Ville nest pas au beau fixe, explique Marc Cloes. Mais je ne minquiète pas : Liège devrait rapidement trouver un accord avec le fédéral... Limportant, finalement ,cest que lEuro ait catalysé des forces et ouvert des perspectives davenir à Liège. » De quoi peut-être donner des idées à certains...
Anthony Rizzi
|
En route vers un e-droit ? La faculté de Droit se lance dans la recherche sur les Nouvelles technologies de linformation et de la communication (NTIC). Entrevue avec Laurent Guinotte, avocat et assistant en droit judiciaire chez le Pr Georges de Leval.
Le Quinzième jour : Le droit fait ses premiers pas dans le domaine très vaste des NTIC. Dans quelles perspectives travaillez-vous à lULg ? Laurent Guinotte : Depuis cette année, les étudiants de deuxième candidature en droit à lULg peuvent suivre un cours dIntroduction au droit de la société de linformation, dispensé par le Pr Franklin Dehousse. De plus, des assistants sont chargés, dans les différents services, dapprofondir les recherches dans le domaine. Pour ma part, je moccupe du droit judiciaire. Le Q. J. : Le développement des nouvelles technologies na pas vraiment de cadre juridique. Quen est-il du commerce électronique par exemple ? L. G. : On se retrouve parfois face à des cas difficiles à résoudre lorsque lon a affaire à un contrat qui se conclut sur internet. Les juridictions du pays du consommateur peuvent être compétentes, pour autant que le vendeur ait eu entre autres un comportement actif de vente dans le pays du consommateur. Mais que signifie comportement actif dans ce cas despèce ? Cette question suscite dâpres débats au niveau européen. Le Q. J. : Pourquoi cet engouement de lEurope pour le commerce électronique ? L. G. : Les enjeux économiques sont évidemment énormes. Le-business peut générer des profits : cest la nouvelle économie. Encouragés par lUnion européenne, la plupart des Etats-membres commencent à légiférer, principalement dans le domaine de la signature électronique*. Pour le moment, la majorité des contrats du type vente dun cd ne sont soumis à aucune formalité. La signature électronique devrait permettre de garder une trace dont on pourrait se servir comme preuve en justice. Le Q. J. : Et en ce qui concerne les droits dauteur ? L. G. : Les règles existantes sont évidemment applicables et les textes sont clairs : pour reproduire une oeuvre, il faut avoir laccord de son auteur. Quel que soit le moyen utilisé, une reproduction est une reproduction. Mais, à nouveau, ces principes sont-ils adaptés à la réalité dinternet ? Peut-on vraiment poursuivre quelquun qui diffuse, pendant trois semaines, un morceau de musique sur un site, et qui ensuite disparaît dans la nature ? Cela démontre bien que ce ne sont pas les fondements du droit qui sont remis en cause, mais plutôt la manière de les faire appliquer et respecter. Le Q. J. : Les lois ne sont pas les mêmes dans tous les pays... L. G. : Effectivement, le caractère sans frontières dinternet pose dénormes problèmes. Le simple fait de créer son propre site en Belgique, tout en respectant la législation belge, nempêchera pas que ce site pourra être visité par un ressortissant dun autre pays où il sera considéré comme illégal. Cela a été le cas avec Yahoo, qui proposait, à partir de son site américain des ventes aux enchères comportant notamment des produits nazis. Cela vient dêtre considéré comme une infraction à la loi française. Yahoo a été contraint de prendre des mesures pour empêcher la vente de tels produits aux citoyens français, mais ils sont toujours accessibles aux Etats-Unis. On voit donc ici les limites de lefficacité judiciaire. Internet ne peut pas se contenter de réglementations purement nationales : il faut quil y ait concertation au niveau européen et si possible au niveau international.
Propos recueillis pas Nathalie Scoriels
|
Liège à lavant-garde Jusquau 23 décembre 2000 et dans le cadre de son XXe anniversaire, le Centre wallon dart contemporain La Châtaigneraie propose une exposition intitulée Libres échanges. Une histoire des avant-gardes au pays de Liège de 1939 à 1980. Loccasion de redécouvrir les singularités artistiques du XXe siècle dans la Cité ardente.Encourager les artistes daujourdhui, leur faire comprendre que leurs travaux sont des oeuvres qui leur survivront et non des objets de consommation immédiate, les rassurer, leur prêter une oreille attentive : telle est la volonté paternaliste de Marc Renwart, historien de lart et commissaire de lexposition. Organisé chronologiquement et jalonné de bornes audio, le parcours donne un aperçu de différents mouvements davant-garde de la région liégeoise. Dix salles regroupent une collection de pièces dune extrême variété (tableaux, poèmes, vidéo, etc.), réalisées entre 1939 et 1980. De Fernand Imhauser au Cirque Divers, de Léopold Plomteux au Groupe µ, de José Picon à Fluxus, une palette dartistes de tous les horizons soffre au visiteur. Une exposition vivante Le point de départ se situe vers 1940, au sein de mouvements de jeunes artistes. Leur enthousiasme brisé, la guerre les oblige à organiser des réunions clandestines, ce qui éveille des affinités entre plusieurs personnalités. De là naissent le Club des génies et lAssociation pour les progrès intellectuel et artistique en Wallonie (Apiaw). La visite se poursuit avec des espaces consacrés respectivement à François Jacqmin, poète liégeois et auteur dun manifeste dArt plastique, à André Blavier, bibliothécaire verviétois à la base de la revue Temps mêlés (1952), membre avec son ami Raymond Queneau du collège de Pataphysique - au sein duquel ils créeront ensemble lOulipo (Ouvroir de littérature potentielle) -, à Richard Tialans, homme de spectacle et fondateur de lAa Revue, spécialisée dans le domaine théâtral avant de sintéresser à la création en général. Enfin, on termine avec la nouvelle génération qui apparaît vers la fin des années 60. Les jeunes contestataires de la rue Roture, en Outremeuse, fascinés et inspirés par Mai 68, seront accueillis par la Galerie Yellow (1969) qui collaborera dailleurs avec lartiste niçois Ben, dont la célèbre toile Jexpose pour la gloire est ici présentée au public. Toujours en Roture, la scène du Cirque Divers (1977) se voudra une tentative de représentation du quotidien, suscitant une prise de conscience, une réflexion critique. Plus tard, la galerie de lA (1979) va recentrer ses activités sur une méditation plus plastique. Cest une refocalisation plus pure, plus nette face à la joyeuse agitation en Roture. Selon Marc Renwart, concepteur de cette exposition, « elle est destinée à la réflexion et au débat; cest une recherche des chaînons manquants, une compilation parmi dautres, une mise en chantier, une remise en mémoire. Loin dêtre nécrophile, elle se veut bien vivante. Sa finalité serait dêtre un terreau pour une relation commune et une prise en charge de nous-mêmes, car il est frappant de constater avec quelle rapidité les gens et les choses disparaissent. »
![]() Ben, Jexpose pour la gloire, ca 1969 (Photo Anne Karthaus) Une volonté douverture Dans cette optique, Marie-Hélène Joiret, directrice de La Châtaigneraie, a imaginé une série de manifestations, de rencontres avec le public, parallèlement à lexposition. Par exemple, une soirée cinéma autour du film de Jean-Jacques Rousseau, Le Gloupier - lEntarteur, a été présentée par Noël Godin, Liégeois dorigine qui participa activement à leffervescence des années 60 en Roture. À laffiche aussi, une soirée-conférence animée par Arrabal, le célèbre écrivain et auteur de théâtre espagnol, qui eut des relations privilégiées avec André Blavier et le Cirque Divers. Enfin, une soirée-poésie animée par Marcelle Imhauser (la veuve du poète Fernand Imhauser) et Philippe Anciaux. Nous signalons également aux amateurs que lULg organisera, le 20 décembre à lauditoire Grand physique, place du 20-Août, une conférence-débat sur le thème Libres Echanges. Ce rendez-vous a pour objectif de « faire dialoguer des spécialistes et des acteurs vivants avec le public sur les mouvements plastiques et littéraires liégeois », explique Jean-Marie Klinkenberg, un des animateurs de cette soirée avec Jean-Patrick Duchesne. Loccasion est offerte ici de découvrir ou de redécouvrir les moments forts de la vie artistique et culturelle liégeoise du siècle qui sachève. Une manière de montrer le chemin pour celui qui souvre...
Benjamin Gruslin et Julien Vandevenne Jusquau 23 décembre 2000, à La Châtaigneraie, chaussée de Ramioul 189, 4400 Flémalle (Ivoz-Ramet), tél. 04.275.33.30. Ouvert tous les jours, sauf les lundis et jours fériés, de 15 à 18h, ou sur rendez-vous. |
Picasso à l'ULgPicasso et lart nègre : Une découverte restée obscure... Toujours autour de lexpo Picasso, lanthropologue Pol-Pierre Gossiaux sintéresse aux rapports du peintre à lart nègre, et son exposé devrait remettre quelques idées en place. On sait que lorsque Picasso, guidé par son ami Apollinaire, découvre vers 1905 ce quil appelle alors lart nègre, cest pour constater que lessentiel de sa recherche sur lart, et notamment sur la relation visible/invisible, sy trouve déjà réalisé. Plus généralement dailleurs, cest tout lart moderne, de lexpressionnisme à lart abstrait en passant par le cubisme, qui se trouve entretenir avec lart africain détroites relations. Mais cette rencontre féconde cache pourtant un profond malentendu, car les artistes conçoivent alors ces oeuvres dans le cadre de lart occidental, cest-à-dire comme des réponses à des questions esthétiques et philosophiques, alors quil sagit avant tout dobjets pris dans des fonctions religieuses et rituelles, des procédures thérapeutiques, magiques, etc. Il faudra attendre que les ethnologues sy intéressent pour que le malentendu se dissipe. Et lorsque Picasso déclare « lart nègre, connais pas », cest bien au sens littéral quil faut lentendre.Aujourdhui, lart nègre continue dinspirer des artistes qui, mieux informés, voient dans ses fonctions magiques lune des fonctions possibles de lart. Après tout, ne sagit-il pas, pour lun comme pour lautre, de créer un nouveau monde ?
Ch. S.
Picasso : de linvisible à lart nègre, par le Pr Pol-Pierre Gossiaux, le mercredi 20 décembre, auditoire Gothot, place du 20-Août, à 20h. Entrée libre. |
Solidarité de coeur De la réflexion à laction, le nouveau programme de lAgence de coopération au développement par les sciences et les techniques (ACDST), permet aux étudiants, chercheurs et professeurs de se pencher sur la problématique Nord-Sud. Son but : aboutir à une réalisation concrète. À lhonneur cette année : le Pérou et le Maroc.Le programme 2000-2001 de lAgence de coopération au développement par les sciences et les techniques a pour objectif de comprendre les cultures étrangères. Loin de se limiter à une approche abstraite des relations Nord-Sud, elle propose dapprofondir linformation, la réflexion et lanalyse critique des sociétés péruvienne et marocaine en se basant sur la réalité quotidienne. Du sens à la coopération Coordonnée par Jean Frenay, chargé de cours en métallurgie des métaux non ferreux et président de lACDST, Grégor Stangherlin, assistant en sociologie du développement, et Stéphane Grétry, membre de la Fédé, elle veut rendre les cultures étrangères plus accessibles pour que la coopération prenne tout son sens. Pour mener ce travail à bien, deux groupes se sont formés, chacun sintéressant à lun des pays. « Ces groupes ne sont pas cloisonnés. Des échanges et des rencontres peuvent avoir lieu quand les mêmes interrogations se posent de chaque côté », explique Jean Frenay, animateur du groupe Pérou. « Ouverts à tout un chacun, ils tirent profit du regard critique du personnel universitaire et de linterdisciplinarité. De leur réflexion émanera un projet. » À la rencontre de lautre Six ou sept réunions seront organisées pour réfléchir ensemble aux différentes formes de solidarité internationale. « Par solidarité, jentends une solidarité de coeur et de respect. Où chacun part à la rencontre de lautre et apprend à le connaître. Un véritable échange doit se créer entre le Pérou, le Maroc et la Belgique », poursuit Jean Frenay. Il ne sagit donc pas dapporter une aide unilatérale à ces deux pays mais dinstaurer une relation basée sur la réciprocité. Par lintermédiaire dun forum de discussion, conçu pour loccasion, les contacts se nouent et chacun réagit aux questions soulevées.
Johanne Mobe Si cette démarche et lenvie de devenir citoyen du monde vous intéressent, contactez lACDST par téléphone, 04.366.55.25 ou par e-mail, Cecodel@ulg.ac.be. À voir également : le site http://www.ulg.ac.be/cecodel/progns.htm
|
Le goût de la cerise Telle une cohorte de poilus résolus à en découdre, plus de 350 étudiants en droit sétaient donné rendez-vous à LImprévu pour sarsouiller au jus de treille. Entendez par là que par pur esprit de rigueur, les locataires du de Méan sétaient réunis afin de traquer par eux-mêmes ce petit goût de cerise... annoncé en dominante dans le Beaujolais nouveau. Une participation forfaitaire offrait, en effet, tout loisir aux indécis dopérer leurs savantes enquêtes gustatives avant les douze coups de minuit.Mais en regard des 350 bouteilles (une par personne !) débouchonnées à grand renfort dhuile de coude, bon nombre de cendrillons en tailleur avaient déjà opéré leur mutation avant lheure fatidique, offrant à Bacchus leurs décolletés couperosés sous leffet... de la chaleur générée par la promiscuité du lieu et dune musique entraînante. Quant à leurs compagnons, leur verve ascendante était appuyée par un regard un peu moins vif. Certains ténors ayant carrément du mal à se tenir à leur barreau. « Cest toujours assez amusant dobserver des étudiants dun tempérament habituellement peu exubérant se dérider un peu », samuse Vivian Franck, président de lAED organisatrice de lévénement. Et de poursuivre confiant : « La nouvelle cuvée de Beaujolais primeur est assez fraîche et fruitée, comparée aux autres années. On devrait pouvoir éviter pas mal de maux de tête en fin de soirée. » Erreur... Sil convient de préciser que lincontestable succès rencontré par cette soirée aussi originale quendiablée mérite dêtre étendu, bon nombre détudiants ne purent assurer leur présence au cours du lendemain que grâce au secours de laspirine. Quant au fameux goût de cerise, aucune position claire ne semble avoir été arrêtée. Rendez-vous lan prochain et vive la vigne !
F. T.
|
Plus on est de fous... De plus en plus détudiants à lULg ! Les inscriptions qui viennent dêtre clôturées révèlent une augmentation sensible des primants, cest-à-dire des étudiants qui sinscrivent pour la première fois en première candidature. Par rapport à la rentrée académique dernière, 100 étudiants de plus ont franchi les portes de notre Alma mater. Soit une hausse de 4,5 %.« On assiste aussi à une réorientation, se réjouit le Recteur. La faculté des Sciences, par exemple, enregistre une augmentation de 40 % de ses primants. » Les sections de biologie, de chimie ont été plébiscitées et celle de mathématique a doublé ses effectifs. Dans le peloton des Facultés chéries cette année, on trouve encore la faculté dEconomie, Gestion et Sciences sociales qui compte 100 étudiants supplémentaires en première candidature, celle de Médecine vétérinaire qui connaît une hausse de 15 % des primants ou celle de Psychologie et Sciences de léducation dont le nombre augmente de 12 % en première année.
![]() Des étudiants belges et européens de plus en plus nombreux à lULg (Photo F. Denoël) La faculté de Philosophie et Lettres connaît aussi une légère hausse par rapport aux inscriptions de lan dernier, notamment en archéologie et histoire de lart, germanique et classique. Quant à la faculté de Médecine, elle observe un statu quo pour les médecins, un léger tassement pour les kinésithérapeutes. Même statu quo, voire légère diminution cependant en facultés des Sciences appliquées et de Droit (- 6 %). Autre sujet de satisfaction pour les autorités : toutes les Facultés enregistrent un nombre accru de ressortissants des pays européens : 25 % en moyenne. Ceux-ci proviennent principalement des contrées voisines : France, Allemagne, Pays-Bas ou Grande-Bretagne. Une fierté tempérée cependant par la réduction du nombre détudiants en provenance des pays en voie de développement. « Je le regrette, poursuit Willy Legros. Cest la conséquence de la politique fédérale qui accorde moins de bourses aux étudiants non européens. La coopération est pourtant très formative pour les universitaires et très favorable pour limage de la Belgique et de la Wallonie à lextérieur de nos frontières. »
Pa. J.
|
Ciné-club NickelodéonLImpossible monsieur bébé Howard Hawks aura décidément abordé tous les genres hollywoodiens au cours de sa carrière de cinéaste iconoclaste.Avec LImpossible monsieur bébé, le réalisateur approche ici la comédie sophistiquée américaine avec un couple détonnant, Cary Grant et Katharine Hepburn. Cary Grant incarne un professeur timide et maladroit qui va épouser une scientifique toute dévouée à la paléontologie. Le musée où il travaille doit bientôt recevoir une donation dun million de dollars. Mais lirruption soudaine dune milliardaire excentrique, Susan alias Katharine Hepburn va faire basculer sa vie.
LImpossible monsieur bébé (Bringing Up Baby).
|
Faire face, mais pas tout seul... Vous êtes étudiant et vous voulez travailler. Mais pouvez-vous signer le contrat que lemployeur vous propose ? Et quid des allocations familiales et de la bourse détudes que vous avez obtenue cette année ? Si vous vous posez ce type de questions, le Service social étudiants de lULg vous renseigne.Beaucoup de questions alimentent le quotidien des cinq personnes du Service social. « Parmi les interrogations récurrentes, souligne Jacques Géron, responsable du service, on retrouve les matières relatives à lattribution des bourses détudes. » On estime en effet à 20 % le nombre détudiants qui, à luniversité de Liège, bénéficient dune allocation détudes. Dans la plupart des cas, la décision doctroi dune subvention est simple et se base à la fois sur le revenu imposable des parents et sur le nombre de personnes à charge. Cependant, la réalité peut être plus complexe. Pour y répondre, le Service social de lULg a réalisé un vade-mecum explicatif. Ce manuel intitulé Allocations et Prêts dEtudes de la Communauté française, régulièrement réactualisé, est devenu la référence pour les informateurs des services daide aux étudiants de lenseignement supérieur en Communauté française. Aide financière Dans certains cas, linformation ne suffit plus. Près de 5 % des étudiants sollicitent une aide financière. En principe, « la priorité est donnée à la prise en charge des dépenses directement liées à la situation de létudiant dans notre Université : frais de livres, participation aux frais de restauration et de logement, etc. ». Après examen de la demande, le Service social peut intervenir en accordant une aide à luniversitaire en difficulté. Dans la majorité des cas, cette aide est non remboursable; elle peut également prendre la forme dun prêt social, dune avance sur bourse. Dautres difficultés majeures peuvent survenir : décès, perte demploi de lun des parents ou problèmes familiaux. Cest ici, et surtout dans des situations où la réglementation est complexe, que le Service social assume pleinement son rôle. « Nous sommes compétents pour informer létudiant à partir des situations concrètes de sa vie sociale, observe Jacques Géron. Notre force est dêtre capables, quand un pion est déplacé, dévaluer les répercussions de cette modification sur lensemble de léchiquier. » Face à lextrême diversité des requêtes, le service développe des collaborations avec des cellules de lULg comme Orientation universitaire ou Guidance-Etude, mais aussi des services extérieurs tels que Droits des jeunes ou le Service dinformation psycho-sexuelles (Sips). Ces échanges permettent de fournir des réponses mieux ciblées aux demandes et besoins des étudiants. Cest dans le prolongement de ces coopérations que, sous limpulsion de la commission de politique sociale du CIUF dont Jacques Géron assume la présidence, une enquête portant sur la situation sociale des étudiants des universités et des hautes écoles en Communauté Française a été réalisée. « Dans le prolongement de cette enquête, il sagit, à terme, de mettre en place un observatoire de la vie étudiante pour en faire un outil daide aux décisions dans le domaine de la politique sociale. » Différents acteurs du milieu éducatif y ont participé et les résultats de leurs recherches ont été publiés dans le fascicule Conditions de vie des étudiants de lenseignement supérieur en Communauté Wallonie-Bruxelles (à consulter aussi sur le site http://www.ciuf.be).
![]() Cinq personnes pour répondre aux diverses requêtes (Photo F. Denoël) Cohérence européenne Toujours en matière de politique sociale, des rapprochements européens samorcent. Jacques Géron est le représentant belge au Conseil européen de la vie étudiante (Cevé). « Ce Conseil est important parce que, dans le domaine de la politique de léducation, de plus en plus de directives générales ont une dimension européenne. Le Cevé, lieu dinformation et de concertation pour les acteurs de la politique sociale étudiante, travaille entre autres à un meilleur accompagnement social de la mobilité étudiante en Europe. Il permet également de comparer lefficacité des politiques sociales des différents pays. » Si de nombreux aléas peuvent perturber les études universitaires, il est bon de connaître ladresse de la main tendue.
Nicolas Caeymaex
Contacts : Jacques Géron, tél. 04.366.44.21, |
Banque dimages Donner un visage concret à la science, attester de la variété exceptionnelle des sujets de recherche, telle est lidée de la Cellule presse-communication qui lance une campagne Banque dimages.Vos photographies, reproductions, dessins, vues microscopiques, cartes, etc., qui témoignent dune activité scientifique ou évoquent une discipline lintéressent. Cette documentation est destinée à être utilisée pour présenter luniversité de Liège et ses activités (brochures, stands, expositions, Le Quinzième jour du mois, site internet, etc.). Bien sûr les documents fournis ne seraient exploités quavec le consentement de leurs concepteurs ou propriétaires et, donc, après information préalable sur le cadre dans lequel ils seraient utilisés. Accepteriez-vous de vous associer à ce projet, en sélectionnant un ou plusieurs documents qui vous paraissent intéressants pour mettre en valeur les activités de recherche de lULg auprès du public ? Les documents peuvent être adressés à <PRESS@ULG.AC.BE>, sous la forme de fichiers tiff (résolution : minimum 300 dpi), assortis dune brève légende explicative, des coordonnées exactes du service (y compris son site web) et, éventuellement, du nom de lauteur. Renseignements complémentaires au secrétariat de la cellule, tél. 04.366.52.18.
|