Archives du Quinzième jour du mois, mensuel de l'Université de Liège.
N°99. Décembre 2000.
Les investigations des scientifiques sorientent vers deux sites : celui de Tell Amarna, fouillé de 1991 à 1998, a notamment livré un nombre important de mosaïques datant du Ve siècle ap. J.-C., et celui de Chagar Bazar, étudié depuis 1999, dévoile peu à peu les traces des millénaires lointains. Linitiative de ces recherches remonte à 1989, quand Önhan Tunca, professeur à luniversité de Liège, prit la direction du service dassyriologie et darchéologie de lAsie antérieure. Baptisée Mission archéologique de luniversité de Liège en Syrie, lentreprise a pour objectif de dégager les vestiges des bâtiments, de dresser des plans, de récolter des objets pour les analyser et desquisser un portrait des civilisations disparues du Proche-Orient.
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![]() (P. G.) Sur les pas dAgatha Les premières fouilles effectuées à Tell Amarna, au sud de la frontière turque, entraient dans le cadre dune mission de sauvetage puisque la construction du barrage de Teshrine allait entraîner linondation du site. Sept années de recherches permirent de mettre au jour quelques vestiges remontant, pour les plus anciens, au Ve millénaire av. J.-C. Et, en 1998, Les Liègeois dégagèrent des mosaïques polychromes, restes dune église byzantine, datant du Ve siècle de notre ère. Les musées syriens autorisèrent les chercheurs à démonter les pavements afin de les restaurer et de les présenter en Europe dans une exposition itinérante, une fois réunis les fonds nécessaires à son organisation. Aujourdhui, léquipe est installée sur le site de Chagar Bazar dans lest de la Syrie, déjà exploré dans les années 30 par Sir Max Mallowan et son épouse, la romancière Agatha Christie. Depuis lors, la mission archéologique de Liège est la première à revisiter lendroit et lévolution des recherches se révèle encourageante. En collaboration avec les Anglais de la British School of Archaeology in Iraq, puis avec la Direction générale des antiquités de Syrie, les archéologues ont circonscrit un bâtiment gigantesque de la fin du IIIe millénaire et retrouvé un vase décoré, des figurines en terre cuite dont un lion et, dernièrement, deux tablettes cunéiformes qui datent de la première moitié du IIe millénaire. Pour cette nouvelle mission, et comme ce fut déjà le cas pour les dernières recherches de Tell Amarna, quelques étudiants ont eu la chance de participer aux fouilles. « Depuis 1996, explique Ö. Tunca, léquipe emmène avec elle des étudiants de Liège, Louvain et Bruxelles : lexpérience savère concluante pour nous et particulièrement utile à leur formation. »
![]() Chagar Bazar, un centre qui ne demande quà grandir (P.G.)
![]() Le nerf de la guerre Discipline scientifique passionnante pour les amoureux de lart et de lhistoire, larchéologie demeure toutefois soumise aux cordons de la bourse. Financée en majeure partie par le ministère de la Recherche scientifique de la Communauté française de Belgique, la mission ne dispose pas de fonds suffisants pour une poursuite optimale des investigations. Elle sest donc lancée dans une première opération de mécénat auprès des particuliers, afin de terminer la construction dun centre de travail à Chagar Bazar. Une seconde demande vient dêtre adressée à de grosses sociétés pour organiser lexposition des mosaïques byzantines de Tell Amarna. Des projets ambitieux qui méritent dêtre soutenus...
Emmanuelle Renard
Contacts : Pr Ö. Tunca, université de Liège, service dassyriologie
et darchéologie de lAsie antérieure, place du 20-Août 7,
4000 Liège, tél. 04.366.55.46, fax 04.366.56.55. |