1. ANTIGENE

 

 

Antigène

 

Une substance sera dite antigénique (et dès lors qualifiée d’antigène)

 

-si au moins dans certaines conditions (par exemple en présence d’adjuvant)

-et au moins chez certains sujets (en fonction de leur HLA),

 

elle est capable d’induire une réponse immunitaire ou au moins de se lier de façon spécifique aux produits d’une réponse immunitaire préalable (anticorps ou récepteurs des lymphocytes T).

 

Cette définition de l’antigène est donc générale et minimaliste. On dira qu’une protéine donnée est un antigène mais on ne peut présumer du type de réponse qu’elle induira chez un individu donné et selon un mode d’administration particulier.

 

Immunogène

 

Un immunogène est un antigène capable d’induire une réponse immunitaire. Tous les immunogènes sont donc des antigènes mais tous les antigènes ne sont pas nécessairement des immunogènes. L’adjectif immunogène prend aussi une connotation quantitative : plus la réponse sera forte et induite facilement, plus l’antigène sera dit immunogène. Evidemment, un antigène n’aura pas nécessairement la même immunogénicité chez tous les individus et pourra être très immunogène chez l’un et beaucoup moins chez l’autre.

 

Haptène

 

Un haptène peut se lier à des produits de la réponse immunitaire mais n’induit jamais, à lui seul, de réponse immunitaire. En paraphrasant, on pourrait dire que l’haptène peut être réactogène mais jamais immunogène. Peut-on dire que les haptènes sont des antigènes ? Au sens propre de la définition de l’antigène oui. Pourtant l’usage réserve le terme d’antigène à des substances qui au moins dans certaines conditions sont capables d’induire une certaine réponse immunitaire alors que le terme d’haptène est réservé à des substances qui quoi qu’on fasse ne seront jamais capables de le faire. Petite ambiguïté des termes donc…

 

 

1. Une substance différente des constituants de l’organisme mais de faible masse moléculaire n’est pas antigénique.

 

2. Un haptène est réactogène mais seul, n’est pas immunogène.

 

3. Un haptène peut devenir immunogène après fixation à un porteur qui est le plus souvent une protéine.

 

C’est ce qu’a montré Landsteiner en préparant des antigènes "artificiels" : il a appelé ces substances des haptènes (haptein = se saisir) car elles sont capables de se fixer aux anticorps obtenus par l’injection de l’antigène artificiel correspondant.

 

4. L’haptène est reconnu par le BCR d’un lymphocyte B qui endocyte le complexe [haptène + protéine] et présente un peptide de la protéine porteuse. Ce peptide active un lymphocyte Th2 qui, en retour, active le lymphocyte B.

 

 

Antigènes protéiques

 

Pour qu’une protéine soit immunogène, elle doit pouvoir induire une réponse des lymphocytes T

 

1. Elle doit donc être présentée par une molécule CMH I ou II :

 

Le comportement bon répondeur ou mauvais répondeur vis-à-vis d'un antigène peut varier selon les individus et dépend entre autre de la molécule CMH considérée.

Il peut arriver que certains allotypes d’une molécule CMH donnée soient incapables de fixer correctement certains peptides antigéniques, et l’individu est de ce fait non répondeur.

 

2. Les peptides issu de cette protéine et présentés par les molécules CMH de l’individu considéré doivent être reconnus par un récepteur T de cet individu

 

Si le répertoire de l’individu ne possède pas le récepteur approprié, la protéine n’est pas immunogène chez cet individu.

 

Antigène : épitopes séquentiels et conformationnels

 

1.Dans le cas d’une protéine, un épitope peut être :

 

-séquentiel : une séquence peptidique

-conformationnel : deux séquences peptidiques distinctes mais rapprochées dans l’espace

 

2. Un lymphocyte B peut reconnaître un épitope discontinu, mais si la protéine est dénaturée (par chauffage, par rupture des ponts disulfure), les anticorps ne pourront plus se lier à ces épitopes.

 

3. Un lymphocyte T (Th ou Tc) est incapable de reconnaître un épitope discontinu puisqu’il ne reconnaît que des séquences peptidiques obtenues par protéolyse d’un antigène protéique

 

 

Antigène : la reconnaissance

 

1. Le lymphocyte B reconnaît un antigène à l’état natif : des protéines solubles, des protéines fixées à des cellules ou à des virus et des polysaccharides.

 

2. Les lymphocytes T (Tc ou Th) sont incapables de reconnaître des antigènes sous leur forme native et sont incapables de reconnaître des antigènes polysaccharidiques.

 

 

 

 

Antigènes, déterminants antigéniques et épitopes

 

1. L'épitope est une région de l'antigène reconnue par des récepteurs membranaires des lymphocytes : le BCR des lymphocytes B ou le TCR des  lymphocytes T.

 

2. Le BCR, qui est une immunoglobuline de membrane (mIg), reconnaît l'antigène sous sa forme native BCR + Ag = complexe binaire.

L'antigène peut être une protéine, un polysaccharide, une glycoprotéine.

 

3. Le TCR ne reconnaît que des antigènes protéiques qui ont été découpés en polypeptides, associés à des molécules CMH de classe I ou II et présentés à la surface de cellules (TCR + Ag + CMH = complexe ternaire)

 

4. Les macromolécules (comme les protéines) et les micro-organismes, expriment donc de nombreux épitopes différents : un antigène est le plus souvent une mosaïque de déterminants antigéniques :

 

Donc retenez l'impossibilité du TCR à reconnaître l’antigène natif puisqu'une troisième molécule intervient : celle du CMH. Le TCR est un récepteur bien particulier qui doit à la fois reconnaître le peptide antigénique et la molécule CMH (de classe I ou II). C’est ce que l’on appelle parfois la restriction de la reconnaissance de l’antigène par le CMH (Zinkernagel – prix Nobel 1997).

 

 

Antigène protéique : l'activation du lymphocyte B

 

1. Pour être activé par un antigène protéique, un lymphocyte B naïf doit recevoir au moins deux signaux.

 

2. Le premier signal est délivré par la liaison de l'antigène au BCR.

 

3. Les autres signaux sont délivrés par le lymphocyte Th2 fixé au lymphocyte B qui lui présente un peptide associé à une molécule CMH de classe II.

 

4. Les signaux de costimulation délivrés par le lymphocyte Th2 sont délivrés par des molécules membranaires (dont CD40-L, le ligand de CD40, exprimé par le lymphocyte B) et des cytokines.

 

5. Les cytokines de prolifération déclenchent la multiplication du lymphocyte B et la commutation isotypique: IL-2, IL-4, IL-5, IL-6.

 

 

 

 

 

 

 

Antigène et lymphocyte B

 

1. Le lymphocyte B naïf endocyte l'antigène protéique fixé.

 

2. Celui-ci est découpé dans les endosomes en peptides (de 10 à 20 aa) qui sont fixés dans la niche des molécules CMH de classe II.

 

3. Un des complexes [peptide-CMH II] peut être reconnu par un lymphocyte Th2.

 

4. L'interaction des molécules B7 (aussi appelées CD80/CD86) du lymphocyte B à CD 28 (du lymphocyte Th) délivre un signal de costimulation pour le lymphocyte Th2.

 

 

Antigène et lymphocyte B (suite)

 

1. C'est par l'union d'au moins deux BCR que l'antigène délivre le premier signal au lymphocyte B naïf.

 

2. Ce premier signal augmente l'expression des molécules CMH de classe II, des molécules B7 et permet l’expression de récepteurs pour les cytokines qui vont être synthétisées par le lymphocyte Th2.

 

3. Par les molécules CMH de classe II, le lymphocyte B présente un peptide de l'antigène qui peut être reconnu par le TCR d'un lymphocyte Th2.

 

4. Les molécules B7 (aussi appelées CD80/CD86) sont des molécules de costimulation qui reconnaissent la molécule CD28 du lymphocyte Th2. La fixation est un signal de costimulation pour ces lymphocytes Th2.

 

 

Antigènes polysaccharidiques = Ag thymo-indépendants

 

1. Les antigènes polysaccharidiques sont des antigènes thymo-indépendants (TI) : ils peuvent dans certains cas activer directement les lymphocytes B.

 

2. Cette propriété dépend de la structure répétitive des épitopes qui assure l’agrégation des récepteurs BCR, suffisante à elle seule pour activer le lymphocyte B.

 

3. En général la réponse immunitaire est faible, sans production de cellules B mémoire (donc sans réponse secondaire).

 

4. Les anticorps produits sont exclusivement des IgM : on n’observe donc pas de commutation isotypique, bien que, dans certains cas, la participation de lymphocytes Th2 le permette.

C’est le cas quand on utilise un vaccin conjugué où un antigène protéique et un antigène polysaccharique sont étroitement associés : par exemple le nouveau vaccin contre la méningite à méningocoques de type C.

 

 

Antigènes polysaccharidiques et lymphocytes B

 

1. Les lymphocytes B immatures n’expriment que des IgM à leur surface.

 

2. Les lymphocytes B mûrs, quittant la moelle osseuse, expriment simultanément des IgM et des IgD.

 

3.Les antigène  thymo-indépendants (TI) ne peuvent activer que des lymphocytes B mûrs.

 

4. Les lymphocytes B du nourrisson étant des lymphocytes B immatures, les vaccins polysaccharidiques ne sont pas efficaces.

 

D’où l’intérêt particulier des vaccins conjugués pour vacciner les petits enfants contre les antigènes polysaccharidiques (hemophilus, pneumocoque, méningocoque,…)

 

 

Antigènes : les réactions croisées

 

Un même épitope " a " peut être présent sur deux antigènes A1 et A2 : les anticorps obtenus par immunisation avec l’antigène A1 réagiront aussi avec l’antigène A2. On dit que ces deux antigènes présentent une réaction croisée.

 

 

 

Antigènes : les superantigènes

 

1. Un superantigène est une molécule bivalente qui se fixe :

 

*d’une part à l’extérieur des molécules de classe II de la cellule présentatrice d'antigène.

*d’autre part à l’extérieur du TCR des lymphocytes Th2, en reconnaissant certaines chaînes Vb .

 

2. Un superantigène est un activateur polyclonal car tous les lymphocytes Th possédant une chaîne Vb reconnue par le superantigène sont activés.

 

3. L'activation entraîne une production et une libération massive de cytokines inflammatoires (IL-2, IFN g et TNF a ) tant par le lymphocyte Th que par la cellule présentatrice d'antigène.

 

4. Certaines toxines bactériennes sont des superantigènes.

 

 

 

 

 

 

2. LES MOLECULES DU CMH

 

 

Les gènes du complexe majeur d'histocompatibilité

 

1. Le complexe majeur d'histocompatibilité (CMH), encore appelé système HLA, est un ensemble de gènes multialléliques, d'expression codominante :

 

2. C'est un ensemble de gènes regroupés en deux classes principales :

 

- les gènes de classe I (gènes A, B et C),

- les gènes de classe II (gènes DP, DQ et DR).

 

3. Les gènes de classe III sont regroupés dans la région centrale du CMH et codent pour de multiples protéines impliquées dans la réponse immunitaire dont certaines protéines du complément (B, C4 et C2) et des cytokines de la famille du TNF.

 

4. Chaque gène est polymorphe (pour chaque gène on connaît de nombreux allèles).

 

5. Ces gènes sont codominants c'est à dire que chaque allèle des deux haplotypes s'exprime.

 

 

Les molécules CMH de classe I

 

1. A l'issue de leur synthèse, les molécules CMH de classe I sont associées aux polypeptides préparés par le protéasome à partir des protéines endogènes.

 

2. Une molécule CMH de classe I vide n'est pas stable.

 

3. En dehors d'une infection virale ou d'une transformation maligne, la cellule présente des molécules CMH de classe de classe I qui lui permettent d'échapper à l'action cytotoxique des cellules NK.

 

 

Les molécules CMH de classe II

 

1. Les molécules CMH de classe II ne s'expriment que sur certaines cellules de l'organisme spécialisées dans la présentation de l'antigène aux lymphocytes T CD4+ (lymphocytes Th1 et Th2).

 

2. Ces cellules sont les cellules dendritiques, les lymphocytes B, les macrophages.

 

3. Après activation, certaines cellules peuvent exprimer les molécules CMH de classe II : c’et notamment le cas des cellules de l'endothélium vasculaire. Certaines cytokines, en particulier l'IFN g , stimulent l'expression des molécules CMH de classe II par de nombreux types cellulaires.

 

 

Les molécules CMH de classe II : la fixation du peptide

 

1. A l'issue de leur synthèse, les molécules CMH de classe II sont associées à une chaîne invariante qui occupe la niche de fixation des peptides.

 

2. La chaîne invariante empêche la fixation d'un peptide endogène.

 

3. Parvenus dans les endosomes, l'acidité du milieu dissocie les complexes et permet la fixation des peptides originaires de l'antigène "exogène" qui a été endocyté par la cellule présentatrice d’antigènes.

 

 

Les molécules CMH sont reconnues par le TCR

 

1. Les molécules CMH de classe I ou II ne sont pas seulement des présentateurs de peptides : les bords de la niche de présentation doivent être reconnus par le TCR des lymphocytes T (CMH de classe I et Tc), (CMH de classe II et Th)

 

2. La reconnaissance de l'antigène est donc restreinte par les molécules CMH de l'organisme: les lymphocytes Tc et Th reconnaissent un antigène uniquement lorsque la cellule présentatrice d'antigène exprime des molécules CMH du soi.

 

 

 

3. ORGANES DU SYSTEME IMMUNITAIRE

 

 

La moelle osseuse

 

1. Chez l'homme, la moelle osseuse est à la fois un organe de production de tous les lymphocytes immatures et un organe lymphoïde primaire où se fait la maturation des lymphocytes B (ne pas confondre avec la maturation d’affinité qui se produit dans les organes lymphoïdes secondaires)

 

2. En tant qu'organe lymphoïde primaire, la moelle osseuse sélectionne les lymphocytes B capables de reconnaître les antigènes extérieurs à l'organisme et supprime les lymphocytes B capables de reconnaître les antigènes du soi (les lymphocytes auto-réactifs).

 

3. Les lymphocytes B mûrs quittant la moelle expriment un BCR d'isotype M et un BCR d'isotype D. N'ayant jamais rencontré l'antigène ils sont appelés des lymphocytes B vierges ou des lymphocytes naïfs.

 

Le thymus

 

1. Des cellules-souches T quittent la moelle osseuse et colonisent le thymus.

 

2.Ces cellules-souches se multiplient activement au contact des cellules épithéliales thymiques et deviennent des cellules T immatures ou thymocytes.

 

3. Les thymocytes poursuivent leur maturation sous l'influence d'hormones thymiques sécrétées par les cellules épithéliales : ils expriment progressivement des molécules de surface (CD3, TCR, CD8, CD4) qui seront le support de leur fonction : reconnaître l'antigène présenté par les molécules du CMH.

 

4. Le thymus sélectionne les thymocytes formés sur un seul critère : le TCR qu'ils expriment.

 

-d'abord une sélection positive :seuls les thymocytes qui sont capables de reconnaître avec une certaine affinité minimale les molécules CMH de l'organisme sont retenus.

Les cellules épithéliales thymiques sont les agents de la sélection positive.

 

-puis une sélection négative : quand une cellule T en développement dans le thymus rencontre l'antigène qu'elle reconnaît, elle meurt. Les thymocytes qui  reconnaissent les antigènes du soi associés aux molécules CMH de l'organisme sont détruits. De même, les thymocytes qui auraient une forte affinité pour une molécule CMH du soi indépendamment du peptide qu’elle porte (molécule CMH vide par exemple) est également détruit.

Les cellules dendritiques et les macrophages sont les agents de la sélection négative.

 

 98 % des thymocytes engendrés chaque jour dans le thymus meurent par apoptose et sont éliminés par les macrophages.

 

Les ganglions lymphatiques

 

1. Les ganglions lymphatiques sont des organes lymphoïdes secondaires dispersés le long des vaisseaux lymphatiques.

 

2. Ils ont une double fonction :

 

– l'élimination des micro-organismes pathogènes par la phagocytose des macrophages.

– le développement des réponses immunitaires spécifiques.

 

 

 

4. LES CELLULES DU SYSTEME IMMUNITAIRE

 

 

Les cellules NK

 

1. Les cellules NK (Natural Killer) sont des grands lymphocytes granuleux (ou LGL = large granular lymphocyte) représentant 5 à 10 % des lymphocytes circulants et capables de détruire des cellules infectées par des virus et certaines cellules tumorales en déchargeant le contenu de leurs granules.

 

2. Les cellules NK possèdent des récepteurs qui reconnaissent les molécules CMH de classe I: dans ce cas l’activité cytotoxique est inhibée. Ces récepteurs inhibiteurs sont appelés KIR (Killer inhibitory receptors). Il existe plusieurs types de récepteurs KIR dont chacun se fixe sur un jeu de molécules CMH I bien particulières. Dans certains cas d’allotransplantation, les molécules CMH I présentes chez le donneur n’ont pas de récepteur KIR adéquat chez le receveur, les cellules NK peuvent donc exercer une activité cytotoxique contre les cellules du donneur.

 

3. Les cellules NK possèdent également des Fcg R, ce qui leur permet aussi d'exercer une activité ADCC et donc de fonctionner comme des cellules K

 

4. Dans les deux cas, le mécanisme de la cytotoxicité est semblable à celui qu’utilisent les lymphocytes T cytotoxiques : décharge des granules contenant perforine et granzymes dans la membrane de la cellule-cible.

 

 

Les mastocytes

 

1. Les mastocytes sont présents dans la plupart des tissus bordant les vaisseaux sanguins.

 

2. Ils contiennent de nombreux granules riches en médiateurs de l'inflammation comme l'histamine et le PAF (platelet-activating factor).

 

3. L'activation des mastocytes entraîne la dégranulation et la synthèse de dérivés lipidiques : prostaglandines (PGE2 : vasodilatateur) et leucotriènes (leucotriène B4 : vasodilatateur et facteur chimiotactique pour les polynucléaires neutrophiles).

 

 

Les cellules présentatrices d'antigènes (CPA)

 

 

1. Toute cellule qui exprime des molécules du CMH est capable de présenter un peptide antigénique aux lymphocytes T et peut prétendre s'appeler une cellule présentatrice d'antigène ou CPA.

 

2. Cependant, par convention, les cellules qui présentent des peptides antigéniques associés aux molécules CMH de classe I sont appelées des cellules-cibles car elles sont reconnues par les lymphocytes T-cytotoxiques.

 

3. Par convention toujours, seules les cellules qui présentent des peptides antigéniques associés aux molécules CMH de classe II sont appelées des cellules présentatrices d'antigènes (les CPA). Elles sont reconnues par les lymphocytes T-auxiliaires Th1 et Th2.

 

4. Une cellule présentatrice d'antigène doit en outre être capable de délivrer des signaux de costimulation, soit sous la forme d'interactions cellulaires (entre la CPA et le Th), soit sous la forme de cytokines.

 

5. On distingue des cellules présentatrices d'antigènes professionnelles exprimant les molécules CMH de classe II et capables de délivrer les signaux de costimulation :

 

  – les cellules dendritiques,

  – les monocytes et les macrophages,

  – les lymphocytes B.

 

6. On parlera aussi de cellules présentatrices d'antigènes non professionnelles, c’est-à-dire des cellules exprimant les molécules CMH de classe II et capables de les utiliser pour présenter des peptides mais dont l’aptitude à délivrer des signaux de costimulation est généralement médiocre.

 

 

 
Les cellules dendritiques

 

1. Les cellules dendritiques sont caractérisées par de longs prolongements cytoplasmiques rappelant les dendrites des neurones. Elles appartiennent vraisemblablement à la lignée des monocytes/macrophages.

 

2. Elles n'ont aucune parenté avec les cellules dendritiques folliculaires.

 

Les cellules dendritiques lymphoïdes :

 

 *sont concentrées dans la zone T dépendante des ganglions (= le paracortex) et de la rate (= la zone périartériolaire)

 *non phagocytaires, elles expriment de façon constitutive les molécules CMH de classe II et des molécules de co-stimulation (les molécules CD80 et/ou CD86), ce qui les rend efficaces pour présenter l'antigène aux lymphocytes Th naïfs.

 

Les cellules dendritiques tissulaires (comme les cellules de Langerhans de la peau) :

 

 *n'expriment pas de façon constitutive les molécules CD80 et/ou CD86 mais sont capables de phagocyter l'antigène.

 *migrent ensuite vers les organes lymphoïdes via la lymphe (® les cellules "voilées"), se localisent dans les zones T-dépendantes des ganglions et de la rate où elles se différencient en cellules dendritiques lymphoïdes.

 

 

Les lymphocytes B

 

1. Les lymphocytes B expriment de façon constitutive les molécules CMH de classe II mais pas les molécules de costimulation B7 (aussi appelées CD80 et/ou CD86)

 

2. La fixation de l'antigène sert de signal pour la production des molécules de costimulation B7 (aussi appelées CD80 et/ou CD86)

 

Les macrophages

 

1. La phagocytose de l'antigène active l'expression des molécules CMH de classe II et des molécules CD80 et/ou CD86

 

2. Les macrophages recirculants sont surtout efficaces dans la présentation de l'antigène aux lymphocytes Th1 qui ont été préalablement sensibilisés.

 

Les cellules de l'endothélium vasculaire, les cellules épithéliales et autres…

 

1. Quand ces cellules sont stimulées par l’IFN-g , elles expriment les molécules CMH de classe II, ce qui leur permet de devenir occasionnellement des CPA.

 

2. Elles activent rarement la multiplication des lymphocytes Th, car elles ne sont pas toujours capables de leur délivrer un signal de costimulation. Elles peuvent dans certains cas provoquer une anergie des lymphocytes T avec lesquels elles ont interagi et promouvoir ainsi la tolérance immunitaire.

 

 

Les cellules qui présentent l'antigène aux lymphocytes B

 

Comme pour les lymphocytes Th2, l'activation initiale des lymphocyte B (les lymphocytes B naïfs) a lieu dans la zone T-dépendante,. Des foyers de lymphocytes B prolifèrent et quelques-uns se différencient en plasmocytes sécrétant des anticorps IgM et IgG.

 

Quittant la zone T-dépendante, les autres lymphocytes B et des lymphocytes Th migrent vers les follicules primaires des ganglions (dans le cortex) ou de la rate (dans la zone marginale). Dans les follicules, l'antigène est présenté par des cellules dendritiques particulières : les cellules dendritiques folliculaires et par des macrophages.

 

1° - les cellules dendritiques folliculaires des follicules des ganglions et de la rate :

 

1. On les trouve exclusivement dans les follicules lymphoïdes, d'où leur nom.

2. Leur origine est inconnue.

3. Elles n'ont aucune parenté avec les cellules dendritiques de la peau et du tissu conjonctif.

4. Ces cellules n'exprimant pas les molécules CMH de classe II, ne sont pas à proprement parler des CPA, bien qu'elles présentent les antigènes aux lymphocytes B.

5. Ces cellules expriment des récepteurs pour le fragment Fc des IgG (FcgR ) et pour le fragment C3b du complément (CR1 – pour complement receptor).

6. L'antigène n'est pas endocyté mais fixé aux récepteurs FcgR et CR1 de la cellule, par l'intermédiaire des anticorps fixés ou du C3b déposé à la surface de l'antigène.

7. L'antigène présenté est protéique ou polysaccharidique.

8. Cette présentation, de longue durée (plusieurs mois…), active les lymphocytes B qui se multiplient pour former le centre germinal d'un follicule secondaire.

9. Les lymphocytes B se différencient en plasmocytes et en cellules B mémoires.

 

2° - les macrophages des zones marginales des ganglions et de la rate fixent également les antigènes thymo-indépendants qu'ils présentent aux lymphocytes B.

 

Plasmocytes

 

1. Les plasmocytes sont des lymphocytes B parvenus au stade terminal de leur différenciation après leur activation par l’antigène.

 

2. Ils n’expriment plus d’immunoglobulines de membrane.

 

3. On les rencontre surtout dans les organes lymphoïdes secondaires mais ils émigrent également vers la moelle osseuse.

 

4. Leur durée de vie est courte mais leur production d’anticorps est intense : environ 2000 molécules par seconde.

 

 

Cellules phagocytaires et opsonines

 

1. La phagocytose est une activité propre à certaines cellules de l'organisme : les polynucléaires neutrophiles, les monocytes du sang et leurs équivalents tissulaires que sont les macrophages.

 

2. Des molécules capables de faciliter la phagocytose sont appelées des opsonines.

 

3. Sont des opsonines, les anticorps de classe IgG et le fragment C3b du complément

 

 

Les étapes de la phagocytose

 

1. Les cellules phagocytaires sont capables de mouvements amiboïdes (= à la manière d'une amibe qui se déplace en formant des pseudopodes).

 

2. Ce mouvement est orienté vers un site producteur de facteurs chimiotactiques : certains produits microbiens comme les endotoxines, des composants  tissulaires, le composant C5a du complément, le leucotriène B4.

 

3. La phagocytose comporte trois étapes : l'adhérence, l'absorption et la digestion.

 

  – la particule adhère à des récepteurs présents à la surface des phagocytes : directement à des récepteurs de type lectine (reconnaissant des sucres particuliers) ou, quand elle en est recouverte, à des récepteurs pour les opsonines que sont les IgG (FcgR ) ou le C3b du complément (CR).

 

  – la particule est internalisée dans une vésicule d'endocytose, le phagosome, qui fusionne avec des lysosomes formant un phagolysosome.

 

  – si la particule est une bactérie, elle est tuée par l'action de produits bactéricides tels que l'eau oxygénée et l'hypochlorite qui sont formés par la réduction de l'oxygène ou par l'oxyde nitrique (NO) qui provient de l'oxydation de l'arginine en citrulline.

 

4. L'activité bactéricide du macrophage est exaltée par certaines molécules comme le fragment C5a du complément ou des cytokines, en particulier l'IFN g .

 

 

5. LE COMPLEMENT

 

Le complément : voie classique et anticorps

 

1. La lyse bactérienne par fixation de complément implique la participation d'anticorps thermostables de classe IgM ou IgG (à l'exception des IgG4 qui ne fixent pas le complément).

2.La fixation des anticorps à l'antigène révèle un site de fixation pour C1q sur le fragment Fc de l'anticorps (le site se trouve sur le domaine CH2 pour les IgG et sur le domaine CH3 pour les IgM).

 

3.La multivalence des IgM leur permet de fixer le complément plus efficacement que les IgG. "Tout complexe [antigène + anticorps] fixe le complément" oui ! mais à condition que l'anticorps soit de classe IgM ou IgG (sauf IgG4).

 

4. L'agrégation spécifique des anticorps par l'antigène révèle les sites de fixation de C1q. Une agrégation non spécifique des immunoglobulines (par la chaleur, par des traitements chimiques) peut également révéler ces mêmes sites.

 

 
Le complément : activation de la voie classique

 

1. Le C1 natif qui circule dans le plasma est un complexe de trois protéines : C1q, C1r et C1s.

 

2. C1r et C1s forment, en présence d'ions calcium, un tétramètre [(C1r)2 – Ca++ – (C1s)2] qui se lie à une molécule de C1q.

 

3. C1q est une protéine formant un bouquet de six fleurs : les régions terminales, de structure globulaire, portent les sites de liaison au régions Fc des anticorps.

 

4.Au moins deux valences du C1q doivent être engagées dans la liaison au complexe Ag-Ac pour qu'il puisse activer les deux pro-enzymes C1r et C1s.

 

5.L'activation de la voie classique fait apparaître successivement trois enzymes :

 

 C1r dont le substrat est : C1s

 C1s dont les substrats sont : C4 et C2

 C2a dont les substrats sont : C3 et C5

 

6. C1 INH est un substrat pour les enzymes C1r et C1r : le produit de l'hydrolyse reste irréversiblement fixé aux enzymes, ce qui les inactive et limite la production de la C3-convertase classique.

 

7. C4 et C2 sont les deux protéines spécifiques de la voie classique : une concentration sérique diminuée témoigne d'une activation pathologique de cette voie.

 

 

Le complément - une protéine majeure : C3b

 

1.C3b est une opsonine, reconnue par le récepteur du complément des phagocytes (® CR1).

 

2.C3b transporte les complexes immuns qu'il accroche aux hématies (® CR1).

 

3.C3b peut servir de signal de co-stimulation pour les lymphocytes B (® CR2).

 

4.C3b peut fixer les complexes immuns sur la cellule dendritique folliculaire (® CR1) qui présente ainsi l'antigène aux lymphocytes B au cours d'une réponse secondaire.

5.C3b présente C5 à la C3-convertase.

 

6.C3b peut fixer B, et le complexe [C3b- B] est le point de départ d'une C3-convertase alterne.

 

 

Le complément et la réaction inflammatoire

 

1. Quelques peptides qui apparaissent au cours de l'activation du système du complément entretiennent la réaction inflammatoire, C3a et C5a :

 

2. C3a et C5a, en activant la dégranulation des mastocytes qui libèrent des substances vasoactives : C3a et C5a sont des anaphylatoxines.

 

3. C5a, en attirant les phagocytes : C5a est un facteur chimiotactique.

 

4. C5a, en activant les phagocytes, augmente leur pouvoir bactéricide.

 

 

Le complément : la voie de la lectine

 

1.La voie de la lectine est l'ancêtre de la voir classique : l'unité de reconnaissance, la MBL (mannose binding lectin) ressemble à C1q.

 

2.La protéase associée à la lectine MBL ressemble à C1s puisqu'elle a pour substrats C4 et C2.

 

Le complément : la voie alterne

 

1. B, D et P (la properdine) sont les protéines spécifiques de la voie alterne.

 

2. La C3 convertase alterne initiale produit en permanence des traces de C3b dont le comportement est shakespearien : " to B or not to B "

 

3. To B : si le C3b se dépose sur une surface étrangère, il fixe B pour former un complexe [C3b-B]. L’action du facteur D sur B fait apparaître une C3-convertase amplificatrice, stabilisée par la properdine.

 

4. Or not to B : si le C3b se fixe sur une surface de l’hôte, il fixe B qui subit l’action des protéines de régulation membranaires.

 

5.Le facteur néphritique (NeF) est un auto anticorps anti-C3b dont la fixation empêche l’activité des protéines de régulation : B et P sont "consommés".

 

 

 

 

 

6. LES IMMUNOGLOBULINES

 

 

Structure générale des Ig

 

1.La structure de base d'une immunoglobuline est identique, quelle que soit la classe à laquelle elle appartient : 4 chaînes polypeptidiques dont 2 chaînes légères identiques  (de type k ou l ) et 2 chaînes lourdes identiques (de type g1, g 2, g 3, g 4, a1, a2, m , d et e ) réunies entre elles par un nombre variable de ponts disulfures.

 

2.C'est le type de la chaîne lourde qui définit la classe et la sous-classe de l'anticorps.

 

3. Certaines classes d'immunoglobulines polymérisent la structure de base : les IgM sont des pentamères, les IgA sont le plus souvent des dimères (mais il existe des trimères et des tétramères).

 

4. Dans les Ig polymériques, les unités sont réunies par des ponts disulfures et par une chaîne J.

 

Structure générale des Ig

 

1. Un anticorps est formé par l'assemblage de deux types de chaînes : une chaîne légère et une chaîne lourde.

 

2. La chaîne légère d'un anticorps est constituée de deux polypeptides d'environ 110 aa : un polypeptide variable (VL) et un polypeptide constant (CL).

 

3. Comme la structure globale de ces deux polypeptides est identique on définit une chaîne légère comme la soudure d'un domaine variable (VL) à un domaine constant (CL).

 

4. Chez l'homme, on distingue, d'après la structure du domaine constant, deux types de chaînes légères : les chaînes légères kappa (k ) et les chaînes légères lambda (l ).

 

5. Présentes chez tous les individus appartenant à l'espèce humaine, les chaînes k et l sont des isotypes.

 

Immunoglobulines : le fragment Fc

 

1. La région Fc d'une immunoglobuline est exclusivement formée par une partie de la région constante des chaînes lourdes.

 

2. Différents sites de cette région sont plus ou moins glycosylés (les Ig sont des glycoprotéines).

 

3. La structure de la région Fc détermine les propriétés de l'anticorps : demi-vie, stabilité.

 

4. D'autres propriétés dépendent de la reconnaissance de Fc par des molécules (C1q) ou par des récepteurs (FcgR) : fixation du complément, passage transplacentaire, fixation à diverses cellules.

 

Immunoglobulines : classes et sous classes sont des isotypes

 

1. Un anticorps est formé par l'assemblage de deux types de chaînes : une chaîne légère et une chaîne lourde.

 

2. La chaîne lourde d'un anticorps est constituée de deux polypeptides : un polypeptide variable (VH) d'environ 110 aa et un polypeptide constant (CH) de longueur variable.

 

3. D'après la structure du polypeptide constant CH on distingue plusieurs types de chaînes lourdes : les chaînes gamma (g1, g2, g3, g4), les chaînes alpha (a1, a2), la chaîne (m), la chaîne (d ) et la chaîne epsilon (e ).

 

4. Le type de la chaîne lourde définit la classe (et la sous-classe) d'immunoglobuline à laquelle appartient un anticorps : un anticorps de classe IgE, un anticorps de classe IgG, un anticorps de sous-classe IgG1

 

5. Le polypeptide constant CH est composé de 3 ou 4 séquences d'environ 110 aa, globalement identiques et définissant 3 domaines CH1, CH2, CH3 (pour g, a, d) ou 4 domaines CH1, CH2, CH3, CH4 (pour m , e ).

 

6. Pour les chaînes lourdes à 3 domaines, une région charnière s'intercale entre CH1 et CH2.

 

7. Chez l'homme, les anticorps sont donc répartis en 9 classes et sous-classes d'après la structure de leurs chaînes lourdes.

 

8. Présentes chez tous les individus appartenant à l'espèce humaine, les chaînes g1, g2, g3, g4, a1, a2, m, d et e sont des isotypes.

 

 

Immunoglobulines : domaines et superfamille des Ig

 

1. Les chaînes légères et les chaînes lourdes sont divisées en sous-unités globulaires compactes d'environ 110 aa stabilisées par un pont disulfure intra chaîne globalement identiques : les domaines.

 

2. Cette structure caractérise toutes les protéines appartenant à la superfamille des Ig et qui sont le plus souvent des protéines de membrane participant aux interactions cellulaires comme les molécules du CMH, les récepteurs pour le fragment Fc des Ig (FcgR) et de nombreuses molécules d'adhésion intercellulaires.

 

Immunoglobulines : les régions C et les allotypes

 

1. Les allotypes sont des spécificités antigéniques qui sont propres à certains individus d'une même espèce.

 

2. Un individu dont la partie constante des anticorps ne possèdent pas une séquence donnée, peut considérer cette séquence comme un antigène.

3. Ces séquences sont des marqueurs génétiques, comme les groupes sanguins ou les molécules du CMH : ce sont des allotypes.

 

4. En ce qui concerne la partie constante des chaînes légères k et des chaînes lourdes g et a , des séquences particulières sont partagées par des individus qui constituent des groupes au sein de l'espèce humaine (les groupes sériques).

 

5.On les désigne respectivement par Km, Gm et Am ("m" pour marqueur).

 

6.L’analyse de la séquence des allotypes des Ig humaines (Am, Gm, Km) a montré qu’un seul acide aminé différent suffit pour établir une spécificité antigénique nouvelle.

 

 

Immunoglobulines : régions V et idiotopes

 

NB : Tout ce qui va être dit pour les parties variables du BCR s'applique intégralement à celles du TCR.

 

1. L'épitope est un déterminant antigénique reconnu par le paratope du BCR ou d'un anticorps.

 

2.Le paratope est constitué par l'ensemble des trois régions hypervariables de la chaîne légère et des trois régions hypervariables de la chaîne lourde.

 

3.Les régions hypervariables responsables de la spécificité d'une immunoglobuline sont, pour l'individu lui-même, des antigènes.

 

4.Les anticorps dirigés contre ces régions peuvent reconnaître différents épitopes qu'on appelle des idiotopes.

 

5.Un ensemble d'idiotopes définit un idiotype.

 

6.Certains anticorps anti-idiotypiques sont l'image interne de l'antigène :

 

 

L'antigénicité des immunoglobulines

 

 Les spécificités antigéniques des immunoglobulines :

 

*isotype, allotype, idiotype

 

*xénoantigène, alloantigène, auto antigène

 

 

Immunoglobulines : les IgG

 

1. Les anticorps de classe IgG sont les plus abondants dans le sérum (80 % des Ig sériques) et sont surtout synthétisés au cours d'une réponse secondaire.

 

2. D'après la structure de la chaîne lourde, on peut distinguer 4 sous classes : g1 : 70 %, g 2 : 20 %, g 3 : 7 %, et g 4 : 3 %.

3.Une fois fixés à l'antigène, les anticorps de classe IgG fixent C1q (sauf IgG4).

 

4.Les anticorps de classe IgG sont seuls capables de traverser la barrière placentaire.

 

 

Immunoglobulines : les IgA

 

1. Les IgA sécrétoires possèdent une chaîne J qui permet :

 

  – d'une part, la polymérisation des unités de base,

  – d'autre part, la fixation aux récepteurs des cellules épithéliales des muqueuses.

 

2. Les IgA sécrétoires possèdent une pièce sécrétoire qui est une protéine de la famille des Ig cédée par le récepteur des Ig polymériques des cellules épithéliales des muqueuses.

 

3.La pièce sécrétoire protège les régions charnières qui sont sensibles à l'action des protéases.

 

4.Les IgA sécrétoires du colostrum (sécrétion de la glande mammaire dans les jours qui suivent l'accouchement et précède la sécrétion lactée) et du lait maternel protègent l'intestin du nourrisson.

 

5.Le lait maternel apporte des IgA qui protègent le nourrisson au cours des premiers mois de la vie où le système immunitaire n'est pas encore pleinement fonctionnel.

 

 

Immunoglobulines : les IgM de surface

 

1. Sous sa forme monomérique, l'IgM seule est exprimée à la surface du lymphocyte B immature.

 

2. Le lymphocyte B mûr exprime en surface IgM et IgD.

 

3. Ces Ig membranaires sont les récepteurs pour l'antigène du lymphocyte B (le BCR pour B cell receptor).

 

4. Un lymphocyte B mûr qui n'a pas encore rencontré l'antigène est un lymphocyte "naïf".

 

5.A l'issue de la réponse primaire, des cellules B mémoire exprimeront l'un ou l'autre des isotypes des autres classes et sous-classes d'Ig.

 

 

Immunoglobulines : propriétés des IgM

 

1 .Les IgM sont les premiers anticorps synthétisés au début de la réponse immunitaire.

 

2. Les IgM sont les premiers anticorps synthétisés par le fœtus.

 

3. Les IgM ne traversant pas le placenta, les IgM présentes dans le sang du cordon sont d'origine fœtale.

4. La présence d'anticorps IgM spécifiques d'un agent pathogène dans le sang du cordon témoigne d'une infection fœtale.

 

5. La multivalence des anticorps IgM est responsable de leur pouvoir agglutinant élevé.

 

6. Les anticorps IgM sont plus efficaces que les anticorps IgG pour fixer le complément.

 

7. Il n'existe pas de récepteurs cellulaires pour le fragment Fc des IgM.

 

8. La chaîne J permet aux IgM de se fixer aux récepteurs des cellules épithéliales des muqueuses et d'être présentes dans les sécrétions.

 

 
Immunoglobulines : les IgE

 

1.Les IgE sont les seules immunoglobulines thermolabiles.

 

2.Les IgE se fixent aux mastocytes et à leurs équivalents sanguins, les basophiles, qui possèdent des récepteurs FceR de forte affinité.

 

3.C'est le pontage des IgE par l'antigène qui induit le signal de dégranulation des mastocytes.

 

4.Les IgE se fixent également aux éosinophiles leur permettant d'exercer une activité cytotoxique de type ADCC vis-à-vis des parasites.

 

5.La cytotoxicité est médiée par la dégranulation de l'éosinophile qui délivre deux protéines basiques : MBP (major basic protein) et ECP (eosinophil cationic protein).

 

 

Immunoglobulines : séroprévention et sérothérapie

 

1.L'injection d'immunoglobulines spécifiques confère au receveur une immunité passive de courte durée. La durée est encore plus courte si les immunoglobulines spécifiques sont d'origine animale.

 

2.Quand le tétanos est diagnostiqué, l'injection d'immunoglobulines spécifiques est inutile : il est trop tard.

 

3.La séroprévention du tétanos apporte des anticorps qui neutraliseront la toxine au cas où la blessure a introduit des spores du bacille tétanique, avant qu'elle ne puisse se fixer.

 

4.La diphtérie peut être soignée par l'injection d'immunoglobulines spécifiques : des signes cliniques précèdent la production de la toxine. On pratique donc une sérothérapie.

 

 

 

 

 

 

Les anticorps

 

 

1. La spécificité d’un anticorps dépend de son affinité plus ou moins grande pour l'antigène.

 

2. L’affinité correspond à la somme des forces d’attraction et de répulsion qui s’établissent entre le paratope (® Ac) et l’épitope (® Ag) : on peut donc distinguer des  anticorps de faible affinité et des anticorps de forte affinité.

 

3. Les anticorps de classe IgM ont une affinité faible qui est compensée par une avidité pour l’antigène supérieure aux anticorps de classe IgG.

 

4.L’avidité dépend de la valence de l'Ig : les IgM ont 10 valences contre 2 pour les IgG.

 

 

La réponse secondaire

 

1. La réponse secondaire ou réponse anamnestique est la réponse immunitaire observée après l’injection d’un antigène vis-à-vis duquel l’organisme est déjà sensibilisé.

 

2. Habituellement, les antigènes thymo-indépendants ne suscitent pas de réponse secondaire. Cependant, quelques-uns en sont capables.

 

3.La réponse secondaire est caractérisée par une production d’anticorps plus rapide et plus intense.

 

4. D'autre part, les anticorps produits au cours d'une réponse secondaire ont une affinité plus grande pour l’antigène. Ces anticorps ont donc un paratope mieux adapté à l'épitope que les anticorps de la réponse primaire.

 

5. Ces anticorps sont l’expression de mutations qui ont affecté les séquences d'ADN codant les régions hypervariables des domaines VL et VH.

 

6. Le changement d’un seul acide aminé modifie le paratope et peut augmenter ou diminuer l’affinité de l’anticorps produit pour l’antigène.

 

7. C’est dans les follicules secondaires qu’ont lieu ces mutations : l’antigène, présenté par les cellules dendritiques folliculaires, sélectionne les lymphocytes B dont le paratope lui est mieux adapté, en leur délivrant un signal qui les protège de l'apoptose.